Un camp de réfugiés bombardé à Gaza, Israël dit avoir visé un chef du Hamas

Un Palestinien pleure en tenant un enfant mort retrouvé sous les décombres d'un bâtiment détruit suite aux frappes aériennes israéliennes dans le camp de réfugiés de Nusseirat, au centre de la bande de Gaza, le mardi 31 octobre 2023 (Photo, AP).
Un Palestinien pleure en tenant un enfant mort retrouvé sous les décombres d'un bâtiment détruit suite aux frappes aériennes israéliennes dans le camp de réfugiés de Nusseirat, au centre de la bande de Gaza, le mardi 31 octobre 2023 (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 01 novembre 2023

Un camp de réfugiés bombardé à Gaza, Israël dit avoir visé un chef du Hamas

  • Depuis ce week-end, l'armée israélienne a progressivement déployé des troupes au sol et intensifié ses frappes aériennes
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu lundi tout cessez-le-feu

JÉRUSALEM: Des dizaines de Palestiniens ont été tués dans le bombardement du plus grand camp de réfugiés de la bande de Gaza, une frappe que l'armée israélienne a confirmée, indiquant qu'elle ciblait un des responsables de l'attaque du 7 octobre.

Dans une vidéo de l'AFPTV, il est possible de compter au moins 47 corps drapés de linceuls allongés au sol dans la cour d'un hôpital après avoir été extraits des décombres. Les images montrent aussi un énorme cratère et des destructions causées par le bombardement.

La guerre, déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre, inédite par sa violence et son ampleur, a déjà fait des milliers de morts et menace d'embraser toute la région.

Depuis ce week-end, l'armée israélienne déploie progressivement des troupes au sol et intensifie ses frappes aériennes. Elle a déploré mardi la mort de deux soldats.

Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas qui contrôle Gaza depuis 2007, un bombardement a touché dans la journée le camp de réfugiés de Jabaliya (116.000 réfugiés), tuant "plus de 50" personnes.

L'armée israélienne a confirmé ce bombardement qui visait selon elle un commandant du Hamas, Ibrahim Biari, présenté comme un des responsables de l'attaque du 7 octobre.

Cette "élimination" a eu lieu "dans le cadre d'une vaste opération de lutte contre les terroristes et les infrastructures terroristes appartenant au bataillon central de Jabaliya, qui avait pris le contrôle de bâtiments civils dans la bande de Gaza", d'après l'armée.

"C'était une scène de tremblement de terre", a affirmé à l'AFP un habitant du camp, Ragheb Aqel, âgé de 41 ans.

Le Qatar, impliqué dans les tentatives de résolution de la crise des otages aux mains du Hamas, a condamné "un nouveau massacre", mettant en garde contre l'extension des opérations israéliennes, susceptible selon lui de "saper les efforts de médiation".

Près d'un mois après le début de la guerre, les appels à une "trêve humanitaire" pour soulager les souffrances des 2,4 millions d'habitants de Gaza, restent sans suite, malgré les cris d'alarme quotidiens de l'ONU.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu lundi tout cessez-le-feu.

«300 cibles»

Des "combats féroces" dans la bande de Gaza opposent les soldats israéliens au Hamas, a affirmé mardi l'armée israélienne, ajoutant que des dizaines de combattants palestiniens avaient été tués au cours des dernières heures.

"Nous avons fait entrer des véhicules lourdement blindés, des chars, des véhicules blindés de combat, des bulldozers", a dit le porte-parole de l'armée, Jonathan Conricus, faisant état de quelque "300 cibles" frappées en 24 heures.

De son côté, la branche militaire du Hamas a affirmé avoir ciblé "deux blindés" avec des obus antichars, menaçant de faire de la bande de Gaza "un cimetière et un bourbier" pour les soldats israéliens.

Elle a promis par ailleurs d'infliger à Benjamin Netanyahu une défaite "qui sonnera la fin de sa carrière politique".

Si les combats sont intenses, il est impossible de fournir de bilans humains de source indépendante.

 

Borrell condamne «fermement» les attaques de colons israéliens contre des Palestiniens

Le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell a "fermement" condamné mardi les attaques commises "par des colons israéliens contre des Palestiniens" en Cisjordanie occupée, faisant part de sa "vive inquiétude" à ce sujet.

Lors d'échanges avec les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte et de Jordanie, ainsi qu'avec le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), M. Borrell a également abordé "la nécessité urgente de restaurer l'horizon politique et de relancer le processus de paix, ainsi que de parvenir à un règlement permanent et durable de ce conflit, fondé sur la solution à deux États", selon un communiqué.

Le porte-parole de l'UE pour les Affaires étrangères, Peter Stano, a pour sa part déclaré que la situation en Cisjordanie "pourrait échapper à tout contrôle" et a mis en garde contre "le risque d'une escalade dangereuse du conflit".

"Israël a le devoir de protéger les civils de Cisjordanie contre la violence des colons extrémistes, de demander des comptes aux auteurs de ces actes et de veiller à ce que les forces de défense israéliennes interviennent. Il s'agit d'une obligation légale qui doit être remplie", a-t-il ajouté.

«Ne serait-ce que trois heures»

En Israël, d'après les autorités, plus de 1.400 personnes sont mortes depuis le 7 octobre, essentiellement des civils tués le jour de l'attaque du Hamas. Au moins 240 otages sont encore aux mains du mouvement islamiste palestinien qu'Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne considèrent comme une organisation "terroriste", selon la même source.

La branche militaire du Hamas a assuré mardi qu'elle se tenait prête à libérer "un certain nombre d'étrangers dans les prochains jours".

Le Hamas affirme que plus de 8.500 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans les bombardements israéliens dans la bande de Gaza.

La situation humanitaire dans le petit territoire, soumis depuis le 9 octobre à un "siège complet" par Israël, est alarmante, privant les habitants de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité.

Mardi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a estimé à "plus de 485.000" le nombre de Gazaouis souffrant "de troubles psychiques sévères ou modérés".

A Rafah (sud), des tonnes d'aide continuent de s'entasser du côté égyptien du poste-frontière, en attendant d'être inspectées par Israël, selon un responsable américain ayant requis l'anonymat.

Au total, 117 camions ont pu entrer à ce jour, quand il en faudrait 100 par jour.

Le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a quant à lui imploré mardi le Conseil de sécurité de "surmonter" ses fractures afin d'"exiger" un cessez-le-feu".

A Gaza-ville, près d'un centre culturel grec-orthodoxe touché dans la nuit, Ahmed al-Kahlout, 50 ans, implore. "Le minimum qu'ils pourraient nous accorder, c'est une trêve, donnez-nous ne serait-ce que trois heures", a-t-il dit à l'AFP.

A Jérusalem, le Patriarcat orthodoxe a dénoncé le bombardement de son centre culturel de Gaza, en déplorant la "détermination injustifiée d'Israël à détruire les infrastructures civiles".

Enfants en danger

La bande de Gaza, où selon le Hamas 3.450 enfants sont décédés, est devenue "un cimetière pour des milliers d'enfants", selon les Nations unies.

"Nos craintes les plus vives de voir le nombre d'enfants tués se transformer en dizaines, puis en centaines, et enfin en milliers, se sont réalisées en l'espace de quinze jours", a déclaré James Elder, porte-parole de l'Unicef, dans un communiqué.

Paris a annoncé mardi la mort de deux enfants français dans la bande de Gaza.

Plus d'un million de mineurs, sur 2,4 millions d'habitants vivant dans ce territoire palestinien de 362 km2, souffrent en outre d'un manque d'eau potable, a précisé M. Elder.

La situation des hôpitaux inquiète également les ONG, alors que les patients manquent de médicament

Les autorités égyptiennes ont annoncé qu'elles étaient prêtes à accueillir mercredi 81 blessés palestiniens via le point de passage de Rafah, selon des sources médicales et des services de sécurité.

Cisjordanie: Deux Palestiniens, dont un septuagénaire, tués par des tirs israéliens

Rawhi Rachid Sawafta, 70 ans, est mort "après avoir été touché par balle au visage" lors d'une incursion de l'armée israélienne dans la ville de Toubas dans le nord de la Cisjordanie, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne.

En début de soirée, un deuxième palestinien âgé de 16 ans, Abdallah Moqbel, a été tué par des tirs de soldats israéliens à Beit Ummar, dans le sud de la Cisjordanie, selon le ministère palestinien.

Par ailleurs, un Palestinien de 14 ans blessé lundi par des tirs de l'armée israélienne à Zawata, au sud-ouest de Toubas, est décédé mardi, selon la même source. Cinq autres Palestiniens ont été tués lundi lors de différents raids de l'armée en Cisjordanie.

Tensions régionales

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "profondément inquiet" mardi, mettant en garde contre le risque d'une "dangereuse escalade au-delà de Gaza".

Au moins 122 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des tirs de soldats et de colons israéliens en Cisjordanie.

Et les menaces d'embrasement régional demeurent. Mardi, Israël a annoncé avoir intercepté un missile tiré depuis la région de la mer Rouge après que les rebelles Houthis au Yémen, un pays riverain, eurent affirmé avoir lancé des drones en direction de l'Etat hébreu.

A la frontière israélo-libanaise, où les accrochages sont quotidiens, l'armée israélienne a affirmé avoir effectué de nouvelles frappes aériennes visant le Hezbollah, allié du Hamas.


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com