Yémen: Les Houthis promettent de poursuivre leurs attaques contre Israël

Un véhicule blindé de transport de troupes israélien se déplace près de la frontière avec la bande de Gaza, le mardi 31 octobre 2023 (Photo, AP).
Un véhicule blindé de transport de troupes israélien se déplace près de la frontière avec la bande de Gaza, le mardi 31 octobre 2023 (Photo, AP).
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Publié le Mercredi 01 novembre 2023

Yémen: Les Houthis promettent de poursuivre leurs attaques contre Israël

  • Les Houthis au Yémen ont promis mardi de poursuivre leurs attaques contre Israël jusqu'à la fin de sa guerre contre le Hamas
  • L'armée israélienne avait affirmé plus tôt avoir détecté un engin volant «hostile» au large de la ville d'Eilat, une station balnéaire sur la mer Rouge

SANAA: Les Houthis au Yémen, proches de l'Iran, ont promis mardi de poursuivre leurs attaques contre Israël jusqu'à la fin de sa guerre contre le Hamas palestinien, en affirmant avoir déjà lancé plusieurs missiles et drones vers le territoire israélien.

"Les forces armées yéménites (...) continueront à mener des attaques de missiles et de drones jusqu'à ce que l'agression israélienne s'arrête", selon un communiqué diffusé par la télévision des rebelles, Al-Masirah TV.

Le communiqué affirme qu'une "salve de missiles balistiques et plusieurs drones" ont été tirés mardi, la troisième attaque du genre depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza.

L'armée israélienne avait affirmé plus tôt avoir détecté un engin volant "hostile" au large de la ville d'Eilat, une station balnéaire sur la mer Rouge, où ont retenti les sirènes d'alerte.

L''incident n'a représenté "aucune menace ou risque aux civils", a-t-elle précisé.

"Quiconque envisage de se joindre à ce conflit ne devrait pas le faire", a réagi le porte-parole du département d'Etat américain, Matthew Miller, dans une déclaration à la presse à Washington.

Le porte-parole du Pentagone, le général Pat Ryder, a confirmé qu'Israël avait abattu un missile de moyenne portée tiré par les Houthis. "Comme nous l'avons déjà dit, nous voulons empêcher un conflit régional plus large", a déclaré M. Ryder.

La milice, qui comme le Hamas est soutenue par Téhéran, a été accusée par Israël d'être à l'origine des drones qui se sont abattus samedi dans le Sinaï égyptien, frontalier d'Israël, faisant six blessés.

«Axe de la résistance»

Les Houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa, font "partie de l'axe de la résistance" contre Israël, et se battront "par les mots et par les drones", avait affirmé plus tôt leur Premier ministre, Abdelaziz ben Habtour, à l'AFP.

Selon lui, cet axe qui "s'étend de Téhéran à la Palestine, en passant par Bagdad, Sanaa, Damas et Beyrouth", coordonne ses opérations contre Israël.

La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par une attaque d'une ampleur sans précédent du mouvement palestinien le 7 octobre sur le territoire israélien, fait craindre un embrasement régional.

Le chef de la diplomatie iranienne a prévenu mardi que les groupes pro-iraniens dans la région ne pouvaient pas rester "silencieux" face à la guerre entre Israël et le Hamas palestinien, en soulignant l'urgence de mettre fin à la guerre.

"Il est normal que les groupes et les mouvements de la résistance ne restent pas silencieux face aux crimes" commis dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, a affirmé Hossein Amir-Abdollahian, lors d'une visite au Qatar.


Les Soudanais vivent dans un climat de «pure terreur», selon l'ONU

Parade militaire à Gedaref, dans l’est du Soudan (Photo, AFP).
Parade militaire à Gedaref, dans l’est du Soudan (Photo, AFP).
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  • «La crise au Soudan est une tragédie qui semble s'être glissée dans le brouillard de l'amnésie mondiale», a déclaré Volker Turk
  • «Cette crise bouleverse le pays et menace profondément la paix, la sécurité et les conditions humanitaires dans toute la région», a-t-il ajouté

GENEVE: Les civils soudanais vivent dans un climat de "pure terreur" en raison du "conflit impitoyable et insensé" qui bouleverse leur pays et constitue un risque pour la paix régionale, a déclaré vendredi le Haut commissaire des Nations unies aux droits humains Volker Turk.

"La crise au Soudan est une tragédie qui semble s'être glissée dans le brouillard de l'amnésie mondiale", a déclaré Volker Turk devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Il a qualifié ce conflit d'"impitoyable et insensé", avec des milliers de personnes tuées, "apparemment sans remords". Et les belligérants "ont créé un climat de pure terreur, forçant des millions de personnes à fuir".

La guerre fait rage depuis le 15 avril 2023 entre l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohammed Hamdane Daglo, ancien numéro deux du pouvoir militaire.

Le Haut commissaire a ajouté que les deux parties avaient toujours agi en toute impunité, alors que les pourparlers en faveur de la paix stagnent. "Le Soudan est devenu un véritable cauchemar".

Ce conflit a fait des milliers de morts et déclenché une catastrophe humanitaire. Environ 25 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d'aide, dont près de 18 millions confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon des chiffres de l'ONU.

Un rapport soumis au Conseil des droits de l'homme de l'ONU met en lumière des violations flagrantes du droit international sur les droits de l'homme commises par les belligérants entre avril et décembre. Le document détaille également de graves violations du droit international humanitaire, dont beaucoup peuvent constituer des crimes de guerre.

M. Turk a déclaré qu'au moins 14.600 personnes avaient été tuées et 26.000 blessées, même si le bilan réel risque d'être bien plus élevé.

Outre l'artillerie lourde, "la violence sexuelle comme arme de guerre, y compris le viol, a été une caractéristique déterminante – et méprisable – de cette crise", a souligné M. Turk, qui s'est également dit profondément inquiet pour les milliers de civils détenus arbitrairement.

M. Turk a souligné que 80% des établissements hospitaliers étaient hors service, ajoutant que la destruction des hôpitaux et des écoles aurait des effets durables sur l'accès à la santé et à l'éducation.

"Avec plus de huit millions de personnes contraintes de fuir à l'intérieur du Soudan et vers les pays voisins, cette crise bouleverse le pays et menace profondément la paix, la sécurité et les conditions humanitaires dans toute la région", a-t-il ajouté.

M. Turk, qui a exhorté les pays à augmenter leurs dons en faveur du Soudan, a appelé la communauté internationale à "recentrer son attention sur cette crise déplorable avant qu'elle ne sombre encore plus dans le chaos".


Gaza: L'aide peut tomber du ciel, mais en quantité limitée

La situation humanitaire est de plus en plus désespérée à Gaza (Photo, AFP).
La situation humanitaire est de plus en plus désespérée à Gaza (Photo, AFP).
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  • Des appareils jordaniens, avec le soutien de pays tels que la Grande-Bretagne, la France et les Pays-Bas, ont pour l'instant organisé la plupart des largages
  • Les Nations unies accusent les forces israéliennes de bloquer «systématiquement» l'accès à Gaza, ce qu'Israël nie

TERRITOIRES PALESTINIENS: Face à une situation humanitaire de plus en plus désespérée à Gaza, où les Nations unies préviennent que la famine est "presque inévitable", des pays donateurs ont commencé à parachuter des secours.

Après cinq mois de guerre, la quantité d'aide humanitaire acheminée par camions a chuté de façon drastique, et les habitants du territoire font face à de graves pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments.

Des avions militaires étrangers ont commencé à y parachuter des palettes d'aide humanitaire. Des appareils jordaniens, avec le soutien de pays tels que la Grande-Bretagne, la France et les Pays-Bas, ont pour l'instant organisé la plupart des largages.

Plusieurs appareils égyptiens ont fait de même jeudi, ainsi que des avions des Emirats arabes unis.

Imad Dughmosh, d'Al-Sabra, dans le centre de la bande de Gaza, a déclaré à l'AFP qu'il avait pu récupérer de l'eau potable et de la nourriture grâce à ces largages, mais qu'il n'y en avait pas assez pour tous ceux qui attendaient.

"En fin de compte, j'ai pu récupérer des sacs de pâtes et de fromage, mais mes cousins n'ont rien eu", a dit cet homme de 44 ans. "J'étais content d'avoir de la nourriture pour les enfants, mais ce n'est pas assez".

Crise humanitaire

Dans le nord de la bande de Gaza, où l'offensive israélienne a commencé, de nombreux habitants en sont réduits à manger du fourrage.

Dix enfants sont déjà morts de "malnutrition et de déshydratation", a affirmé vendredi le ministère de la Santé.

Outre les risques liés au largage de lourds colis dans des zones surpeuplées, des habitants de Gaza ont assuré à l'AFP que de nombreuses palettes avaient fini dans la Méditerranée.

"La plupart de l'aide est tombée dans la mer aujourd'hui, et les parachutes qui sont tombés jeudi et mercredi sont tous tombés dans la mer, à l'exception d'un très petit nombre", a indiqué Hani Ghabboun, qui vit à Gaza-City avec sa femme et ses cinq enfants.

Selon lui, ce sont des "centaines de tonnes d'aide qu'il faudrait pour lutter contre la famine et nourrir la population".

«Extrêmement difficile»

Pour Jens Laerke, porte-parole de l'agence de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), les largages aériens posent "de nombreux problèmes".

"L'aide qui arrive de cette manière ne peut être qu'un dernier recours", a-t-il déclaré. "Le transfert par voie terrestre est tout simplement meilleur, plus efficace et moins coûteux".

Il a toutefois lancé un avertissement : "Si rien ne change, une famine est presque inévitable".

Les Nations unies accusent les forces israéliennes de bloquer "systématiquement" l'accès à Gaza, ce qu'Israël nie.

Les organisations humanitaires, dont l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), estiment que la meilleure serait qu'Israël ouvre les points de passage frontaliers et permette aux convois de camions d'entrer et de livrer en toute sécurité.

Un porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré à la presse que près d'un millier de camions attendaient à la frontière égyptienne.

"Les parachutages sont extrêmement difficiles", a déclaré Stéphane Dujarric. "Mais toutes les options restent sur la table".

Les largages aériens peuvent également se révéler très coûteux.

Pour Jeremy Konyndyk, président de l'ONG Refugees International, les parachutages ne peuvent "être utiles qu'à la marge".

Un avion peut larguer l'équivalent du chargement de deux camions, mais pour un coût dix fois supérieur, a-t-il déclaré vendredi à la BBC.

"Plutôt que larguer de la nourriture depuis les airs, nous devrions exercer une forte pression sur le gouvernement israélien pour qu'il permette l'acheminement de l'aide par des canaux plus traditionnels, qui permettent de fournir une aide à plus grande échelle", a-t-il estimé.


Joe Biden se résout aux largages d'aide sur Gaza

L'aide humanitaire est larguée par avion au-dessus de la ville de Gaza le 1er mars 2024, dans le contexte du conflit en cours entre Israël et le groupe militant du Hamas (AFP).
L'aide humanitaire est larguée par avion au-dessus de la ville de Gaza le 1er mars 2024, dans le contexte du conflit en cours entre Israël et le groupe militant du Hamas (AFP).
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  • Le président américain a souligné que les Etats-Unis allaient «chercher à ouvrir d'autres voies d'accès à Gaza, y compris la possibilité d'un corridor maritime pour acheminer de grandes quantités d'aide humanitaire»
  • Jusqu'à présent, les Etats-Unis n'ont pas procédé à de tels largages d'aide jugeant leur efficacité limitée

WASHINGTON: Face à une situation qualifiée de "désespérée", les Etats-Unis ont annoncé vendredi qu'ils vont participer "dans les prochains jours", et pour la première fois, à des largages aériens d'aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée par l'armée israélienne.

"Dans les prochains jours, nous allons nous joindre à nos amis de Jordanie et d'autres pays en opérant des largages de nourriture et autres biens" sur Gaza, a affirmé le président Joe Biden en recevant à la Maison Blanche la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.

"Des innocents sont pris au piège d'une guerre terrible, incapables de nourrir leurs familles, et vous avez vu la réponse lorsqu'ils ont essayé d'obtenir de l'aide", a-t-il dit en faisant référence à la tuerie jeudi lors d'une distribution d'aide humanitaire à Gaza, où plus de 110 personnes ont péri dans des circonstances encore imprécises entre tirs israéliens et bousculade.

Le président américain a également souligné que les Etats-Unis allaient "chercher à ouvrir d'autres voies d'accès à Gaza, y compris la possibilité d'un corridor maritime pour acheminer de grandes quantités d'aide humanitaire".

"L'aide apportée à Gaza est loin d'être suffisante aujourd'hui - elle est loin d'être suffisante", a insisté Joe Biden, ce dont se plaint Washington auprès de son allié israélien depuis des semaines.

Jusqu'à présent, les Etats-Unis n'ont pas procédé à de tels largages d'aide jugeant leur efficacité limitée.

Mais alors que la bande de Gaza est menacée de famine selon l'ONU, et dans l'attente d'un accord de cessez-le-feu qui permettrait de faire arriver plus d'aide, les Etats-Unis ont visiblement évolué sur le sujet.

Le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte tentent depuis des semaines d'arracher aux deux camps un compromis qui rendrait possible une trêve associée à de nouvelles libérations d'otages, mais aucune avancée concrète n'a été annoncée jusqu'à présent.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sanglante menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël, qui a causé la mort d'au moins 1 160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et son armée pilonne sans répit la bande de Gaza et a lancé le 27 octobre une offensive terrestre dans le nord du territoire, qui s'est progressivement étendue jusque dans le sud.

Les bombardements et les opérations militaires israéliennes ont fait jusqu'à présent 30 228 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas.

«Extrêmement difficile»

Ce revirement sur les largages intervient en pleine campagne électorale aux Etats-Unis, où le président démocrate de 81 ans, qui se représente en novembre pour un second mandat, subit la pression de l'aile gauche de son parti et de la communauté arabo-musulmane pour son soutien à Israël.

En témoigne un vote sanction mardi lors d'une primaire démocrate dans l'Etat du Michigan (nord) où plus de 100 000 personnes ont mis l'équivalent d'un vote blanc dans les urnes, en guise de protestation.

Ce résultat est inquiétant pour le dirigeant démocrate car il avait remporté cet Etat face à Donald Trump il y a quatre ans avec quelque 150 000 voix d'avance. Chaque défection entame ses chances d'être réélu à la présidentielle de novembre.

De fait, le président américain continue de hausser le ton face à Israël.

Et ce même si Washington n'entend pas suspendre son aide militaire à son allié et a mis son veto à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à des cessez-le-feu immédiats et durables.

"Nous allons insister auprès d'Israël qu'il facilite l'entrée de davantage de camions et qu'il augmente les voies d'accès à Gaza", a dit Joe Biden.

La Jordanie a mené plusieurs opérations de largage d'aide humanitaire et médicale depuis le début de la guerre le 7 octobre entre Israël et le Hamas à Gaza, destinée notamment à un hôpital de campagne jordanien dans le nord du territoire palestinien.

Interrogé par des journalistes, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby, a précisé peu après qu'il ne s'agira pas d'une opération unique.

"D'autres largages seront planifiés et exécutés" par le Pentagone, a-t-il affirmé, en insistant sur leur caractère "extrêmement difficile (...) dans un environnement aussi encombré que celui de Gaza, qui est très, très densément peuplé".