Pourquoi de nouvelles élections en Israël en pleine pandémie?

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) est assis à côté du ministre de la Défense Benny Gantz, durant la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 5 juillet 2020 (Photo, AFP).
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) est assis à côté du ministre de la Défense Benny Gantz, durant la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem le 5 juillet 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 24 décembre 2020

Pourquoi de nouvelles élections en Israël en pleine pandémie?

  • Netanyahu sera jugé pour corruption, un procès qui risque de se télescoper avec la campagne électorale
  • Ce gouvernement misait sur un partage du pouvoir avec le maintien de Netanyahu au poste de Premier ministre pendant 18 mois, suivi de 18 mois pour Gantz

JERUSALEM: La Knesset s'est dissoute mercredi en raison de l'incapacité des députés du Parlement israélien de s'entendre sur un budget. Mais ce prétexte révèle de profondes divisions au sein de la classe politique qui a désormais rendez-vous en mars pour les quatrièmes législatives en deux ans.

Pourquoi de nouvelles élections ?

Au printemps dernier, après trois scrutins n'ayant pas réussi à le départager de Benjamin Netanyahu, l'ex-chef de l'armée Benny Gantz avait créé la surprise en décidant de partager le pouvoir avec son rival. 

Ce gouvernement prévoyait d'être en mode «urgence» pendant six mois de crise sanitaire tout en misant sur un partage du pouvoir sur trois ans, avec le maintien de M. Netanyahu au poste de Premier ministre pendant 18 mois, suivi de 18 mois pour M. Gantz. 

Mais des tensions sont rapidement apparues entre les deux hommes. D’une part Benny Gantz reprochant notamment à M. Netanyahu de faire traîner l'adoption du budget. D’autre part, M. Netanyahu accusant M. Gantz de vouloir contrôler des nominations judiciaires, via le ministre de la Justice, membre de son parti.

Les parlementaires avaient jusqu'à mardi à 23H59 pour voter un budget. Un compromis de dernière minute de M. Gantz a été rejeté par les parlementaires. Résultat, la Knesset s'est dissoute et de nouvelles élections sont convoquées pour le 23 mars.

Netanyahu a-t-il provoqué la chute du gouvernement? 

Des analystes s'interrogeaient dès le départ sur la volonté réelle de M. Netanyahu, à la tête du gouvernement depuis 2009, de céder le pouvoir à M. Gantz.

Dans les heures avant la dissolution, M. Netanyahu a affirmé ne «pas vouloir» d'élections, tout en accusant Benny Gantz de chercher à contrôler les nominations judiciaires.

M. Netanyahu sera jugé en début d'année pour corruption, malversation et abus de confiance, un procès qui risque de se télescoper avec la campagne électorale.

Le Premier ministre pourrait tenter d'utiliser ces audiences pour se présenter, comme il l'a déjà fait, en victime d'un «coup d'Etat judiciaire» pour galvaniser ses appuis. 

Quelles nouvelles cartes peut jouer Netanyahu ? 

Ces derniers mois, Israël a annoncé des accords de normalisation avec quatre pays arabes (Emirats arabes unis, Bahreïn, Soudan et le Maroc) sous l'impulsion du président américain, Donald Trump, allié clé de M. Netanyahu à la Maison Blanche.

Joe Biden doit succéder à M. Trump en janvier et ses intentions ne sont pas claires quant aux efforts que Washington va déployer en vue de nouveaux accords de normalisation.

Les quatre accords sont populaires en Israël, pays qui compte des centaines de milliers de citoyens d'origine marocaine, formant la colonne vertébrale du Likoud, parti de M. Netanyahu. 

Outre ces accords, le Premier ministre tentera peut-être de jouer la carte d'une vaccination rapide pour se présenter en défenseur d'Israël face au Covid-19.

Comment s'organise l'opposition à Netanyahu ?

Depuis le mois de juillet, des milliers d'Israéliens se réunissent chaque samedi pour manifester contre M. Netanyahu et dénoncer sa gestion de la crise sanitaire et économique.

De nombreux manifestants critiquent d'ailleurs aussi M. Gantz pour avoir accepté un partage du pouvoir. Si ce dernier a vu sa popularité s'effondrer, son parti passant de la première place il y a un an à la huitième selon des sondages publiés mercredi, le Likoud de Benjamin Netanyahu trône au sommet des baromètres politiques.

Mais cette pole position reste fragile. Ces dernières semaines, un membre influent de son parti, Gideon Saar, a quitté le Likoud pour créer sa propre formation, Tikva Hadasha (Nouvel espoir).

Ce parti est crédité de la deuxième place, devant le parti de droite radicale Yamina, d'un ex-proche de M. Netanyahu, Naftali Bennett, suivis par les troupes du chef de l'opposition Yaïr Lapid.

Mercredi soir, le ministre de l'Eau Zeev Elkin a annoncé dans une lettre sa démission du gouvernement. Dénonçant notamment le «culte de la personnalité» au sein du Likoud, il a dit qu'il rejoignait le parti de M. Saar.

Ainsi, pour la première fois depuis trois élections, M. Netanyahu risque d'avoir plusieurs rivaux. Son défi sera alors d'empêcher qu'ils obtiennent une majorité de sièges pour se liguer contre lui.

«La crise politique va se poursuivre tant que M. Netanyahu ne sera pas remplacé, ou qu'il n'aura pas trouvé une façon, en légiférant ou en manœuvrant, de suspendre son procès», estime l'analyste Yohanan Plesnet, directeur de l'Institut démocratique d'Israël.


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.