Conférence sur Gaza: Paris insiste sur l'amélioration de l'aide humanitaire

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Publié le Mercredi 08 novembre 2023

Conférence sur Gaza: Paris insiste sur l'amélioration de l'aide humanitaire

  • Le gouvernement israélien ne sera pas présent à cette « conférence humanitaire» jeudi matin à l'Elysée, mais le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mardi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu
  • « Il y a aujourd'hui une urgence humanitaire à Gaza alors qu'Israël poursuit ses opérations antiterroristes», a affirmé l'Elysée, qui a organisé la conférence à la hâte en marge du Forum de Paris sur la Paix

PARIS: La France a estimé mercredi que tout le monde avait "intérêt à ce que la situation humanitaire s'améliore à Gaza, y compris Israël", à la veille de la conférence qu'organise le président Emmanuel Macron à Paris sur le sujet.

Le gouvernement israélien ne sera pas présent à cette "conférence humanitaire" jeudi matin à l'Elysée, mais le président français s'est entretenu mardi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et lui reparlera à l'issue de cet événement, a déclaré la présidence française à des journalistes.

Le chef de l'Etat a également eu mardi des conversations téléphoniques avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, dont les pays jouent un rôle-clé dans toute tentative d'améliorer l'accès de l'aide dans la bande de Gaza.

"Il y a aujourd'hui une urgence humanitaire à Gaza alors qu'Israël poursuit ses opérations antiterroristes", a affirmé l'Elysée, qui a organisé la conférence à la hâte en marge du Forum de Paris sur la Paix qui se tient chaque année à l'initiative d'Emmanuel Macron.

Le petit territoire palestinien est sous blocus israélien depuis l'attaque sanglante sans précédent lancée le 7 octobre par le Hamas, le mouvement islamiste qui le contrôle, contre Israël. L'armée israélienne y mène parallèlement depuis un mois des frappes incessantes de même que des opérations militaires terrestres.

Les appels à des "pauses", une "trêve" voire une "cessez-le-feu" se sont multipliés ces dernières semaines pour faciliter l'accès de l'aide et favoriser la libération de plus de 240 otages pris par le Hamas sur le sol israélien lors de son attaque du 7 octobre. Mais Israël est resté inflexible à ce jour, poursuivant son offensive pour "détruire" le mouvement islamiste.

L'ONU estime les besoins en aide pour la population de Gaza et la Cisjordanie à 1,2 milliard de dollars jusqu'à fin 2023.

La conférence humanitaire voulue par le président français vise d'une part à aboutir à une évaluation partagée de la situation, et "mobiliser tous les partenaires et les bailleurs pour répondre à ces besoins", a dit un conseiller d'Emmanuel Macron.

"La France y contribuera", avec "une augmentation très sensible de ses contributions à la fois financière et en nature" qui sera dévoilée jeudi, a-t-il ajouté. Elle travaille aussi, aux niveaux national et européen, à l'accueil de "malades" et "blessés" palestiniens, et évoquera jeudi "comment rendre ça opérationnel".

L'autre objectif, encore vague, est "opérationnel", insiste-t-on à Paris. Emmanuel Macron, qui ouvrira la conférence dans un discours public, "espère des résultats tangibles", notamment pour "rendre efficaces" les multiples initiatives déjà annoncées mais bloquées par le siège israélien et la poursuite des combats.

"Ce n'est un secret pour personne que l'accès aujourd'hui est difficile à Gaza", et il s'agit donc de "travailler avec l'ensemble des participants et aussi avec Israël" pour "permettre l'amélioration de l'accès", a-t-on expliqué dans son entourage. L'Egypte contrôle à Rafah le seul point de passage vers Gaza qui ne soit pas tenu par Israël.

Pas de déclaration finale

Il n'y aura toutefois pas de déclaration commune à l'issue de la conférence, pour ne "pas tomber" dans un débat interminable "sur un mot ou un autre".

"Paris insiste sur un caractère strictement pragmatique, opérationnel, humanitaire, ils ne veulent pas que depuis l'Elysée cette conférence se transforme en plateforme de condamnation d'Israël", glisse une source diplomatique européenne.

D'autant que la présence des pays arabes ne s'annonce pas de très haut niveau.

L'Autorité palestinienne sera représentée par son Premier ministre, l'Egypte enverra une délégation ministérielle.

Le président de Chypre Nikos Christodoulides, qui tente de mettre en place depuis son île méditerranéenne un couloir maritime humanitaire évoqué il y a deux semaines avec Emmanuel Macron à Bruxelles, sera présent pour faire avancer ce projet.

Dans ce contexte, le chef de l'Etat français avait aussi annoncé il y a deux semaines l'envoi sur place le "Tonnerre", un porte-hélicoptères amphibie, qui est arrivé en Méditerranée orientale mais n'a pas encore pu déployer d'effort humanitaire en raison du blocus israélien.

Les Premiers ministre grec, irlandais et luxembourgeois seront aussi à la conférence, ainsi que les présidents du Conseil et de la Commission européens, Charles Michel et Ursula von der Leyen. La sous-secrétaire américaine pour la Sécurité civile, Uzra Zeya, fera le déplacement.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.

 


Israël: deux anciens chefs de gouvernement s'unissent pour battre Netanyahu

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
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  • Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu
  • Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre

HERZLIYA: L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.

"Je suis heureux d'annoncer que ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, je réalise l'acte le plus sioniste et patriotique que nous ayons jamais accompli pour notre pays. Ce soir, nous nous unissons et fondons le parti "Beyahad" ("Ensemble", NDLR) sous ma direction, un parti qui mènera à une grande victoire et à l'ouverture d’une nouvelle ère pour notre beau pays", a déclaré M. Bennett lors d'une conférence de presse.

Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu.

Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre.

"Cette initiative conduit à l'unification du bloc du "camp du changement" et permet de concentrer tous les efforts pour conduire Israël vers la réparation nécessaire", a affirmé M. Lapid.

"Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête, et il y a de la confiance entre nous", a encore dit M. Lapid.

M. Bennett a promis que si il était élu, il nommerait une commission nationale d'enquête sur les défaillances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel.

Il a aussi appelé l'ancien ministre Gadi Eizenkot (chef du parti centriste Yashar "Droit") à les rejoindre sur cette liste commune.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, 54 ans, ancien entrepreneur high-tech, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando de l'armée israélienne, un profil lui assurant le soutien d'une partie de la jeunesse, surtout après plus de deux ans de guerre.

Ancien conseiller de Benjamin Netanyahu, M. Bennett s'est transformé au fil des années en farouche adversaire de la politique de son ancien mentor.

Il a dirigé plusieurs formations de droite avant de former un gouvernement d'union large en 2021 avec notamment le soutien d'une formation arabe.

Son nouveau colistier, Yaïr Lapid, 62 ans, est le fils du défunt journaliste et ministre Tommy Lapid, un rescapé de la Shoah, et de l'auteure reconnue Shulamit Lapid.

Journaliste vedette de la télévision, il est entré en politique en 2012 en créant le parti Yesh Atid ("Il y a un avenir"), s'imposant comme la seconde formation politique du pays et devenant depuis le chef de l'opposition, en dehors de la parenthèse de pouvoir et d'une brève participation à un gouvernement Netanyahu en 2014.