Au procès Dupond-Moretti, l'ex-directrice de cabinet au secours du ministre

Ce croquis réalisé le 6 novembre 2023 montre le ministre français de la Justice, Eric Dupond-Moretti, assistant à son procès pour conflits d'intérêts et abus de pouvoir à Paris. (Photo, Benoit PEYRUCQ / AFP)
Ce croquis réalisé le 6 novembre 2023 montre le ministre français de la Justice, Eric Dupond-Moretti, assistant à son procès pour conflits d'intérêts et abus de pouvoir à Paris. (Photo, Benoit PEYRUCQ / AFP)
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Publié le Jeudi 09 novembre 2023

Au procès Dupond-Moretti, l'ex-directrice de cabinet au secours du ministre

  • La témoin déroule les débuts un peu «lunaires» avec ce garde des Sceaux nommé à la surprise générale en juillet 2020
  • «Il avait dit des choses excessives en tant qu'avocat mais il est comme ça...», dit-elle, prenant à témoin les juges parlementaires de la CJR qui le côtoient au Parlement: «ils le savent, ils le voient»

PARIS: Les magistrats passés à la barre n'ont pas franchement été tendres avec Eric Dupond-Moretti depuis le début de son procès. Jusqu'à ce que Véronique Malbec, l'ex-directrice de cabinet du ministre de la Justice, vienne jeudi contester l'existence de tout conflit d'intérêt concernant son ancien patron.

La témoin déroule les débuts un peu "lunaires" avec ce garde des Sceaux nommé à la surprise générale en juillet 2020. Il faut "acculturer" l'ex-avocat vedette à sa nouvelle administration, créer un cabinet... et établir une liste des dossiers ne devant pas faire l'objet de "remontées d'informations" au ministre, parce qu'il les traitait auparavant en tant qu'avocat.

Puis arrive la question de la "fameuse enquête", au centre du procès d'Eric Dupond-Moretti devant la Cour de Justice de la République (CJR) pour "prise illégale d'intérêt".

Un mois avant sa nomination, il avait fustigé des "méthodes barbouzardes", le basculement dans "la République des juges", après avoir appris que des magistrats du parquet national financier (PNF) avaient fait éplucher ses factures détaillées en cherchant une "taupe" dans un dossier lié à l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Face à l'"émoi" suscité, sa prédécesseure Nicole Belloubet avait demandé une "inspection de fonctionnement". Une fois devenu ministre, Eric Dupond-Moretti avait ordonné une enquête administrative contre les magistrats du PNF.

Pour la cour, Véronique Malbec décortique le processus qui aboutit à cette décision. L'analyse demandée "en urgence" - à 21H00 pour 14H00 le lendemain, parce qu'une question au gouvernement (QAG) était prévue à l'Assemblée nationale. Les éléments "surprenants" sur la gestion du PNF ressortant de l'inspection - qui ne recommandait pourtant "aucune" poursuite disciplinaire, nuance l'accusation.

"Dans notre réflexion", certifie en tout cas Mme Malbec, "le garde des Sceaux n'est à l'initiative de rien".

Certes ce ministre - "dont on a dit énormément de mal", insiste-t-elle - "a ferraillé" avec les magistrats. "Il avait dit des choses excessives en tant qu'avocat mais il est comme ça...", dit-elle, prenant à témoin les juges parlementaires de la CJR qui le côtoient au Parlement: "ils le savent, ils le voient".

Mais "une fois devenu ministre, il a fait le ministre", martèle-t-elle.

"Au coeur des pensées" 

Assis derrière elle, le ministre sourit, satisfait. Puis son visage se ferme quand la cour commence à titiller la témoin.

Si "l'importance c'était le bon fonctionnement du PNF, qu'est-ce qui a été fait pour le bon fonctionnement du PNF ?", demande une juge professionnelle. Véronique Malbec élude, la juge insiste: "mon sentiment c'est qu'il y avait moins grande urgence à suivre les recommandations de l'inspection qu'à lancer une enquête administrative".

La juge parlementaire Emilie Chandler (Renaissance) s'en agace: "elle donne son avis, là", proteste-t-elle à mi-voix en direction du président Dominique Pauthe.

Derrière le ministre, sa défense prépare ses questions, occupant deux rangées de bancs couvertes de dossiers multicolores, parfois à même le sol.

Le manège est toujours le même : Mes Jacqueline Laffont et Rémi Lorrain font passer des demandes à la ruche de collaborateurs qui fouillent dossiers et ordinateurs pour trouver la pièce demandée, font tourner leur imprimante portable.

Dans "cette procédure très inédite", dit Me Laffont, "on est au cœur des pensées que l'on prête aux uns aux autres". Elle évoque les envies de "vengeance" que l'on a attribuées au garde des Sceaux.

Dans cette affaire, "est-ce qu'il vous a déjà donné une instruction ?", demande l'avocate de la défense à Mme Malbec. "Jamais", assure l'ex-directrice de cabinet.

Quel "sentiment" lui laisse cette histoire ?, demande l'accusation.

"Je trouve que l'institution a bien fonctionné", c'est "normal que les magistrats aient des comptes à rendre", maintient Mme Malbec, ne voyant rien de "choquant".

Elle revient sur les "dysfonctionnements" mentionnés dans le rapport d'inspection, évoque les erreurs de policiers pendant l'enquête PNF...

Pour "ça, faudra saisir le DGPN" (directeur général de la police nationale), interrompt le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz.

"La classe mondiale !", lâche bruyamment Eric Dupond-Moretti.

"Mon mari est le directeur de la police nationale", précise la témoin à la barre, pendant que ça continue à grogner sur les bancs de la défense.

"S'il vous plaît..", rappelle à l'ordre le président Dominique Pauthe.

"C'est pas moi qui ai commencé", lance le ministre. "Pour une fois", rétorque le président sous les rires de la salle.


Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français

Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive
  • "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger"

A BORD DU CHARLES DE GAULLE: Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

Le président français a atterri en hélicoptère sur le porte-avions, qui se trouve désormais au large de la Crète, en Grèce. Il a été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides.

"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri à leurs côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, tout en assurant qu'il s'agissait d'actions "strictement défensives, loin de tout engagement militaire". La France, l'Italie et l'Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.

Le Charles de Gaulle est au coeur d'un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe, a détaillé Emmanuel Macron.

Coordination du G7 

Il a notamment annoncé que la France contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" à l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà.

Le Premier ministre grec a invité ses "collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants".

L'UE s'est justement dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime, ont indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le chef de l'Etat français.

C'est, selon lui, "essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.

La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l'Energie de ce groupe de pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) en marge d'un sommet à Paris sur le nucléaire civil. "J'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques", a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que ces pays envisageaient parmi les "options" possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.

La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.

Après s'être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".

"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.