Arabie saoudite: les chrétiens fêtent Noël dans un nouveau climat de tolérance religieuse

Lydia Diggs (ci-dessous), professeur d'anglais, pourra fêter Noël avec sa famille par téléphone et elle apprécie l'ambiance festive particulière qui est créée dans le Royaume. (Photo fournie)
Lydia Diggs (ci-dessous), professeur d'anglais, pourra fêter Noël avec sa famille par téléphone et elle apprécie l'ambiance festive particulière qui est créée dans le Royaume. (Photo fournie)
Les expatriés qui vivent en Arabie saoudite choisissent des décorations de Noël dans une boutique de la capitale Riyad. (AFP)
Les expatriés qui vivent en Arabie saoudite choisissent des décorations de Noël dans une boutique de la capitale Riyad. (AFP)
Lidiane Ramos Faubel lors de son séjour de Noël aux Pays-Bas. (Photo fournie)
Lidiane Ramos Faubel lors de son séjour de Noël aux Pays-Bas. (Photo fournie)
Fina Concepcion et son fils dans un centre commercial aux Philippines pendant les fêtes de Noël l'année dernière. (Photo fournie)
Fina Concepcion et son fils dans un centre commercial aux Philippines pendant les fêtes de Noël l'année dernière. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 25 décembre 2020

Arabie saoudite: les chrétiens fêtent Noël dans un nouveau climat de tolérance religieuse

  • La tolérance plus grande à l'égard des autres religions se traduit par une ambiance plus festive, en dépit de l'impact négatif de la pandémie sur l'esprit des fêtes
  • La vente de décorations de Noël dans une boutique de Riyad illustre bien l'esprit d'une nouvelle ère dans le Royaume

RIYAD: Noël en Arabie saoudite semble différent cette année. Une boutique de cadeaux à Riyad propose des sapins et des décorations de Noël. Les personnes qui achètent des tenues de Père Noël, des guirlandes, des boules et d'autres décorations dans cette boutique de la capitale saoudienne témoignent d'une plus grande tolérance dans le Royaume envers les autres religions et confessions.

Au cours des dernières années, les ventes de produits festifs ont progressivement été introduites à Riyad. Elles illustrent la libéralisation sociale qui a été engagée par un décret du gouvernement en 2016, limitant le pouvoir du Comité saoudien pour la promotion de la vertu et la prévention du vice de poursuivre et d'arrêter les contrevenants.

En février, les magasins vendaient des roses rouges et des peluches pour célébrer la Saint-Valentin, une évolution elle aussi inconcevable il y a seulement deux ans. Les décorations de Noël proposées aujourd'hui à Riyad incarnent parfaitement l'esprit d'une nouvelle ère dans le Royaume.

Certes, les foyers chrétiens du monde entier ne vivent pas Noël comme ils le faisaient auparavant. Les restrictions des réunions familiales imposées par la pandémie, combinées aux difficultés financières engendrées par les mesures de verrouillage, ont terni quelque peu l'éclat de la fête du 25 décembre.

En Arabie saoudite, qui continue à imposer des restrictions reliées à la Covid-19, la journée sera plutôt un temps de réflexion que de réjouissance pour les familles chrétiennes expatriées.

La situation dans la région du Golfe est la même que celle qui prévaut dans le reste du monde. Ainsi, les traditions festives des grandes réunions familiales, des rassemblements religieux, des célébrations entre amis et collègues et des marchés de Noël à thème alpin ont été remplacées cette année par des activités en ligne, ou ont été tout simplement annulées. En effet, les gouvernements à travers le monde restreignent les voyages, limitent le nombre de personnes qui peuvent se réunir dans les foyers et suppriment les activités sociales.

En mars, l'Arabie saoudite a imposé des restrictions sur les voyages afin d'endiguer la pandémie de coronavirus. Si le Royaume a partiellement levé la suspension des vols le 15 septembre, tous les vols internationaux ont été de nouveau suspendus le 20 décembre pour une durée d’une semaine, après l'apparition d'une nouvelle souche de coronavirus en Europe.

«Je suis un chrétien basé en Arabie saoudite. Je fête Noël dans la solitude, loin de ma famille», déclare à Arab News Jeruel Trinidad, un expatrié américain qui travaille à Riyad. «Normalement, je rentre chez moi pendant cette période pour être à côté de mes proches. Mais cette année, pour les raisons que l'on connaît, je suis resté coincé là où je suis. J'essaierai de passer Noël dans un restaurant confortable qui sert mes plats préférés, de communiquer par vidéo avec mes proches, de retrouver des amis qui sont dans la même situation que moi et, surtout, je n'arrêterai pas de travailler afin de me distraire et de chasser la nostalgie. Quand tout cela prendra fin, je rentrerai chez moi».

De nombreuses familles chrétiennes espéraient que la pandémie serait contenue avant le mois de décembre, et rêvaient de réunions de fête après les longs mois de solitude et d'isolement. Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre «un risque important de propagation accrue de la Covid-19 au cours des fêtes de fin d'année». Les experts conseillent d'éviter les déplacements inutiles et les rassemblements religieux dans des endroits fermés.

Cette situation ne devrait pas changer de manière significative le 7 janvier prochain, lorsque les chrétiens coptes célébreront la naissance de Jésus-Christ.

Quoiqu'ils soient déçus, un grand nombre d'expatriés chrétiens en Arabie saoudite entendent célébrer cet événement, mais de manière responsable. 

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Décorations de Noël dans un centre commercial à Djeddah. (photo fournie)

Berney James, un ressortissant indien basé à Riyad, admet que les choses ne seront plus les mêmes. Il affirme cependant qu'il ne laissera pas la pandémie tempérer son esprit de fête. «La maison est l'endroit idéal pour célébrer Noël», confie M. James à Arab News. «Cette fois-ci, nous nous attendons à beaucoup de choses, mais nous sommes aussi déçus en raison des restrictions de voyage imposées par la pandémie. Néanmoins, nous décorons nos maisons et organisons des repas entre amis.»

En cette année ravagée par la pandémie, les expatriés chrétiens dans le Royaume, comme partout dans le monde, essaient de profiter au mieux, malgré la crise, et de se concentrer sur les aspects positifs.

Fina Concepcion est une ergothérapeute qui travaille à la Cité médicale militaire du prince Sultan à Riyad. Elle retourne d'habitude aux Philippines passer les fêtes avec sa grande famille. Cette année, elle a essayé, autant que possible, de créer un Noël magique pour son jeune fils. Sous leur sapin, un nouveau jouet emballé l'attend. Il l'ouvrira le matin de Noël.

Le Simbang Gabi, ou Messe de nuit, est une importante célébration religieuse qui s'étend sur neuf jours et qui est célébrée chaque année aux Philippines avant Noël. Cette année, la famille Concepcion ainsi que de nombreux Philippins catholiques sont privés de ce service. Fina espère que la pandémie sera bientôt contenue et qu'elle pourra se rendre chez elle.

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Les enfants de Fina Concepcion passent Noël à Riyad.  (photo fournie)

Si certaines familles d'expatriés cherchent à vivre les traditions d'un Noël plus familier, d'autres ont choisi des passe-temps saoudiens pour compenser leur désir de retourner chez eux.

Arnold Gonzales Pineda, un expatrié philippin basé dans la ville saoudienne de Buraydah, raconte à Arab News: «La veille de Noël, nous organisons un festin, nous chantons un peu et nous échangeons des cadeaux, selon ce que chacun peut se permettre.»

Nonie Sagadal Jr, un résident de Riyad, explique que les Philippins en Arabie saoudite célèbrent habituellement Noël de différentes façons: «Certains organisent des fêtes chez eux ou près de leur domicile, organisent des activités et échangent des cadeaux. Durant ces rassemblements, ils chantent en groupe et dansent sur la musique.

«D'autres groupes d'amis ou de collègues de travail sortent pour fêter la nuit de Noël. Ils oublient les corvées de cuisine et dînent à l’extérieur.»

Selon Nonie Sagadal Jr., les familles, en revanche, passent généralement le jour de Noël dans les parcs publics ou se retrouvent au restaurant.

Pour Lidiane Ramos Faubel, une entraîneure personnelle de fitness et d'arts martiaux originaire du Brésil, passer du temps avec ses amis et ses proches est plus important que les cérémonies religieuses de la saison.

Elle est heureuse d'avoir une communauté d'amis brésiliens à Djeddah avec lesquels elle peut vivre les fêtes, et soulager le mal du pays.  

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Lidiane Ramos Faubel passe Noël en famille. (photo fournie)

Lydia Diggs, professeur d'anglais à l'université du Roi Abdelaziz de Djeddah et entraîneure holistique, explique qu'elle aurait souhaité passer Noël avec sa famille. Pour elle, cette fête a une signification plus spirituelle que matérielle. Elle souligne néanmoins qu'elle apprécie que les étudiants lui souhaitent un «Joyeux Noël», dans la mesure où ces vœux créent un environnement plus convivial.

Don Owens est directeur des sciences des polymères et des matériaux au Centre de recherche et de développement d'entreprise de la Sabic, à l'Université des sciences et technologies du Roi Abdallah (Kaust). Cette année, il passe son premier Noël en Arabie saoudite. Plutôt que de rentrer aux États-Unis passer les vacances avec sa grande famille, il profite de cette période pour explorer les merveilles naturelles de l'Arabie saoudite et faire l'expérience d'un voyage de camping de Noël. 

«L'une de nos activités préférées en Arabie saoudite durant cette époque de l'année est de faire des excursions dans le désert», raconte M. Owens à Arab News. «Nous avons décidé de nous réunir avec des amis de l'université Kaust, de faire un voyage de deux jours et de camper dans le désert. Nous passerons pour la première fois la nuit dans le désert. Toute la famille est donc très enthousiaste.»

Sarah Palmer, qui travaille pour la société John Hopkins Aramco Healthcare à Dhahran, explique à Arab News: «Je suis Australienne. Je me réjouis donc de passer le jour de Noël au soleil en Arabie saoudite. Certains de nos amis ici sont devenus aussi proches que notre famille. Ainsi, le jour de Noël, nous déjeunerons en plein air au bord de la piscine pour profiter du beau temps».

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Lydia avec sa famille à Noël, il y a deux ans. (photo fournie)

Pendant les longs mois de séparation, Internet a été une véritable «bénédiction» qui lui a permis de rester en contact avec les membres de sa famille qui vivent à des milliers de kilomètres.

«Nous échangerons plein de messages avec nos proches dans le monde entier. Nous partagerons des vidéos des enfants qui ouvrent leurs cadeaux, des photos des plats, sans oublier FaceTime qui permettra aux enfants de voir leurs cousins et leurs grands-parents», ajoute Mme Palmer.

Noël peut paraître différent cette année, en particulier pour les expatriés qui passent la période des fêtes loin de chez eux. Cependant, ils se souviendront longtemps de ce Noël, grâce à l'environnement de plus en plus ouvert et tolérant du Royaume, et grâce aux allées des magasins qui évoquent des souvenirs de leur pays, et surtout grâce à la technologie des smartphones.

 

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Une vision moderne de la vie

Lors d'une visite officielle en Égypte en mars 2018, le prince héritier Mohammed ben Salmane a convié le pape Tawadros II, chef spirituel de l'Église orthodoxe copte du pays, à visiter le Royaume. Au cours d'une visite de la cathédrale Saint-Marc au Caire, le prince héritier a affirmé que tous les chrétiens coptes étaient les bienvenus en Arabie saoudite.

Le pape Tawadros a évoqué cette rencontre dans une interview exclusive accordée par la suite à Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d'Arab News: «Le prince héritier est une personnalité ouverte d'esprit qui a une vision moderne de la vie, et cela nous réjouit.» Peu de temps après, une délégation copte se rendait en Arabie saoudite pour des sermons privés destinés aux chrétiens coptes vivant dans le Royaume.

Le pape Tawadros a également précisé que les réunions que tiennent le prince héritier, Mohammed ben Salmane, et les responsables saoudiens «à tous les niveaux, qu'ils soient religieux, politiques ou culturels, sont très bénéfiques pour le peuple et le Royaume et favorisent le développement humain».

En mars 2018, le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré à Londres l'archevêque de Canterbury, Justin Welby. Ils ont abordé les réformes engagées en Arabie saoudite. Selon l'archevêché: «Le prince héritier s'est engagé fermement à soutenir l'épanouissement des personnes appartenant aux différentes religions et à promouvoir le dialogue interconfessionnel dans le Royaume et au-delà.»

En septembre 2019, une délégation composée de dirigeants chrétiens évangéliques s’est rendue en Arabie saoudite et a tenu une série de réunions dans le but de promouvoir l'harmonie entre les religions. Cette délégation, présidée par l'écrivain américain Joel Rosenberg, a été accueillie par le prince héritier, Mohammed ben Salmane. Les efforts visant à promouvoir la coexistence des religions et la tolérance ainsi que la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme ont été mis en avant.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

 


Netanyahu affirme qu'Israël est proche de son objectif de tuer tous les responsables du 7-Octobre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau. (AFP)
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  • Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre
  • Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque

 


JERUSALEM: Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu'Israël était sur le point d'atteindre l'un de ses objectifs: tuer tous les responsables de l'organisation des attaques du 7-Octobre, selon un communiqué de son bureau.

Ses propos faisaient suite à l'annonce la veille par l'armée israélienne de la mort d'Ezzedine Al-Haddad, commandant de la branche armée du Hamas, mort vendredi lors d'une frappe aérienne ciblée à Gaza.

Au lendemain de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023 sur le sol israélien, M. Netanyahu avait promis de traquer les cerveaux de cette attaque qui, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels, a fait 1.221 morts en Israël, en majorité des civils.

"J'ai promis que chaque architecte du massacre et de la prise d'otages serait éliminé jusqu'au dernier, et nous sommes très proches d'achever cette mission", a déclaré M. Netanyahu lors du conseil des ministres hebdomadaire, qualifiant Ezzedine Al-Haddad de "terroriste méprisable".

Depuis l'incursion meurtrière en Israël des combattants du Hamas et leurs alliés le 7-octobre, l'armée a notamment tué Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza, considéré comme le principal cerveau de l'attaque du 7 octobre.

Israël a également tué Mohammed Deif, chef historique de la branche armée du Hamas et autre architecte clé de l'attaque.

M. Netanyahu a réaffirmé dimanche que les forces israéliennes contrôlaient actuellement 60% du territoire de Gaza.

Cette déclaration laisse entendre que l'armée a continué d'étendre sa présence opérationnelle dans le territoire, après de récents articles de presse affirmant que les troupes israéliennes avaient progressé vers une nouvelle ligne dite "orange".

Selon les termes du cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis entre Israël et le Hamas, en vigueur depuis le 10 octobre, les forces israéliennes devaient se replier jusqu'à une "ligne jaune" à Gaza, leur laissant le contrôle de plus de 50% du territoire palestinien.

"Nous tenons le Hamas à notre merci. Nous savons exactement quelle est notre mission, et notre mission est de garantir que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël", a encore déclaré M. Netanyahu.

La campagne militaire israélienne contre le Hamas depuis les attaques d’octobre 2023 a fait au moins 72.763 morts à Gaza, selon des chiffres du ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, jugés fiables par les Nations unies.