Arabie saoudite: les chrétiens fêtent Noël dans un nouveau climat de tolérance religieuse

Lydia Diggs (ci-dessous), professeur d'anglais, pourra fêter Noël avec sa famille par téléphone et elle apprécie l'ambiance festive particulière qui est créée dans le Royaume. (Photo fournie)
Lydia Diggs (ci-dessous), professeur d'anglais, pourra fêter Noël avec sa famille par téléphone et elle apprécie l'ambiance festive particulière qui est créée dans le Royaume. (Photo fournie)
Les expatriés qui vivent en Arabie saoudite choisissent des décorations de Noël dans une boutique de la capitale Riyad. (AFP)
Les expatriés qui vivent en Arabie saoudite choisissent des décorations de Noël dans une boutique de la capitale Riyad. (AFP)
Lidiane Ramos Faubel lors de son séjour de Noël aux Pays-Bas. (Photo fournie)
Lidiane Ramos Faubel lors de son séjour de Noël aux Pays-Bas. (Photo fournie)
Fina Concepcion et son fils dans un centre commercial aux Philippines pendant les fêtes de Noël l'année dernière. (Photo fournie)
Fina Concepcion et son fils dans un centre commercial aux Philippines pendant les fêtes de Noël l'année dernière. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 25 décembre 2020

Arabie saoudite: les chrétiens fêtent Noël dans un nouveau climat de tolérance religieuse

  • La tolérance plus grande à l'égard des autres religions se traduit par une ambiance plus festive, en dépit de l'impact négatif de la pandémie sur l'esprit des fêtes
  • La vente de décorations de Noël dans une boutique de Riyad illustre bien l'esprit d'une nouvelle ère dans le Royaume

RIYAD: Noël en Arabie saoudite semble différent cette année. Une boutique de cadeaux à Riyad propose des sapins et des décorations de Noël. Les personnes qui achètent des tenues de Père Noël, des guirlandes, des boules et d'autres décorations dans cette boutique de la capitale saoudienne témoignent d'une plus grande tolérance dans le Royaume envers les autres religions et confessions.

Au cours des dernières années, les ventes de produits festifs ont progressivement été introduites à Riyad. Elles illustrent la libéralisation sociale qui a été engagée par un décret du gouvernement en 2016, limitant le pouvoir du Comité saoudien pour la promotion de la vertu et la prévention du vice de poursuivre et d'arrêter les contrevenants.

En février, les magasins vendaient des roses rouges et des peluches pour célébrer la Saint-Valentin, une évolution elle aussi inconcevable il y a seulement deux ans. Les décorations de Noël proposées aujourd'hui à Riyad incarnent parfaitement l'esprit d'une nouvelle ère dans le Royaume.

Certes, les foyers chrétiens du monde entier ne vivent pas Noël comme ils le faisaient auparavant. Les restrictions des réunions familiales imposées par la pandémie, combinées aux difficultés financières engendrées par les mesures de verrouillage, ont terni quelque peu l'éclat de la fête du 25 décembre.

En Arabie saoudite, qui continue à imposer des restrictions reliées à la Covid-19, la journée sera plutôt un temps de réflexion que de réjouissance pour les familles chrétiennes expatriées.

La situation dans la région du Golfe est la même que celle qui prévaut dans le reste du monde. Ainsi, les traditions festives des grandes réunions familiales, des rassemblements religieux, des célébrations entre amis et collègues et des marchés de Noël à thème alpin ont été remplacées cette année par des activités en ligne, ou ont été tout simplement annulées. En effet, les gouvernements à travers le monde restreignent les voyages, limitent le nombre de personnes qui peuvent se réunir dans les foyers et suppriment les activités sociales.

En mars, l'Arabie saoudite a imposé des restrictions sur les voyages afin d'endiguer la pandémie de coronavirus. Si le Royaume a partiellement levé la suspension des vols le 15 septembre, tous les vols internationaux ont été de nouveau suspendus le 20 décembre pour une durée d’une semaine, après l'apparition d'une nouvelle souche de coronavirus en Europe.

«Je suis un chrétien basé en Arabie saoudite. Je fête Noël dans la solitude, loin de ma famille», déclare à Arab News Jeruel Trinidad, un expatrié américain qui travaille à Riyad. «Normalement, je rentre chez moi pendant cette période pour être à côté de mes proches. Mais cette année, pour les raisons que l'on connaît, je suis resté coincé là où je suis. J'essaierai de passer Noël dans un restaurant confortable qui sert mes plats préférés, de communiquer par vidéo avec mes proches, de retrouver des amis qui sont dans la même situation que moi et, surtout, je n'arrêterai pas de travailler afin de me distraire et de chasser la nostalgie. Quand tout cela prendra fin, je rentrerai chez moi».

De nombreuses familles chrétiennes espéraient que la pandémie serait contenue avant le mois de décembre, et rêvaient de réunions de fête après les longs mois de solitude et d'isolement. Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre «un risque important de propagation accrue de la Covid-19 au cours des fêtes de fin d'année». Les experts conseillent d'éviter les déplacements inutiles et les rassemblements religieux dans des endroits fermés.

Cette situation ne devrait pas changer de manière significative le 7 janvier prochain, lorsque les chrétiens coptes célébreront la naissance de Jésus-Christ.

Quoiqu'ils soient déçus, un grand nombre d'expatriés chrétiens en Arabie saoudite entendent célébrer cet événement, mais de manière responsable. 

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Décorations de Noël dans un centre commercial à Djeddah. (photo fournie)

Berney James, un ressortissant indien basé à Riyad, admet que les choses ne seront plus les mêmes. Il affirme cependant qu'il ne laissera pas la pandémie tempérer son esprit de fête. «La maison est l'endroit idéal pour célébrer Noël», confie M. James à Arab News. «Cette fois-ci, nous nous attendons à beaucoup de choses, mais nous sommes aussi déçus en raison des restrictions de voyage imposées par la pandémie. Néanmoins, nous décorons nos maisons et organisons des repas entre amis.»

En cette année ravagée par la pandémie, les expatriés chrétiens dans le Royaume, comme partout dans le monde, essaient de profiter au mieux, malgré la crise, et de se concentrer sur les aspects positifs.

Fina Concepcion est une ergothérapeute qui travaille à la Cité médicale militaire du prince Sultan à Riyad. Elle retourne d'habitude aux Philippines passer les fêtes avec sa grande famille. Cette année, elle a essayé, autant que possible, de créer un Noël magique pour son jeune fils. Sous leur sapin, un nouveau jouet emballé l'attend. Il l'ouvrira le matin de Noël.

Le Simbang Gabi, ou Messe de nuit, est une importante célébration religieuse qui s'étend sur neuf jours et qui est célébrée chaque année aux Philippines avant Noël. Cette année, la famille Concepcion ainsi que de nombreux Philippins catholiques sont privés de ce service. Fina espère que la pandémie sera bientôt contenue et qu'elle pourra se rendre chez elle.

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Les enfants de Fina Concepcion passent Noël à Riyad.  (photo fournie)

Si certaines familles d'expatriés cherchent à vivre les traditions d'un Noël plus familier, d'autres ont choisi des passe-temps saoudiens pour compenser leur désir de retourner chez eux.

Arnold Gonzales Pineda, un expatrié philippin basé dans la ville saoudienne de Buraydah, raconte à Arab News: «La veille de Noël, nous organisons un festin, nous chantons un peu et nous échangeons des cadeaux, selon ce que chacun peut se permettre.»

Nonie Sagadal Jr, un résident de Riyad, explique que les Philippins en Arabie saoudite célèbrent habituellement Noël de différentes façons: «Certains organisent des fêtes chez eux ou près de leur domicile, organisent des activités et échangent des cadeaux. Durant ces rassemblements, ils chantent en groupe et dansent sur la musique.

«D'autres groupes d'amis ou de collègues de travail sortent pour fêter la nuit de Noël. Ils oublient les corvées de cuisine et dînent à l’extérieur.»

Selon Nonie Sagadal Jr., les familles, en revanche, passent généralement le jour de Noël dans les parcs publics ou se retrouvent au restaurant.

Pour Lidiane Ramos Faubel, une entraîneure personnelle de fitness et d'arts martiaux originaire du Brésil, passer du temps avec ses amis et ses proches est plus important que les cérémonies religieuses de la saison.

Elle est heureuse d'avoir une communauté d'amis brésiliens à Djeddah avec lesquels elle peut vivre les fêtes, et soulager le mal du pays.  

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Lidiane Ramos Faubel passe Noël en famille. (photo fournie)

Lydia Diggs, professeur d'anglais à l'université du Roi Abdelaziz de Djeddah et entraîneure holistique, explique qu'elle aurait souhaité passer Noël avec sa famille. Pour elle, cette fête a une signification plus spirituelle que matérielle. Elle souligne néanmoins qu'elle apprécie que les étudiants lui souhaitent un «Joyeux Noël», dans la mesure où ces vœux créent un environnement plus convivial.

Don Owens est directeur des sciences des polymères et des matériaux au Centre de recherche et de développement d'entreprise de la Sabic, à l'Université des sciences et technologies du Roi Abdallah (Kaust). Cette année, il passe son premier Noël en Arabie saoudite. Plutôt que de rentrer aux États-Unis passer les vacances avec sa grande famille, il profite de cette période pour explorer les merveilles naturelles de l'Arabie saoudite et faire l'expérience d'un voyage de camping de Noël. 

«L'une de nos activités préférées en Arabie saoudite durant cette époque de l'année est de faire des excursions dans le désert», raconte M. Owens à Arab News. «Nous avons décidé de nous réunir avec des amis de l'université Kaust, de faire un voyage de deux jours et de camper dans le désert. Nous passerons pour la première fois la nuit dans le désert. Toute la famille est donc très enthousiaste.»

Sarah Palmer, qui travaille pour la société John Hopkins Aramco Healthcare à Dhahran, explique à Arab News: «Je suis Australienne. Je me réjouis donc de passer le jour de Noël au soleil en Arabie saoudite. Certains de nos amis ici sont devenus aussi proches que notre famille. Ainsi, le jour de Noël, nous déjeunerons en plein air au bord de la piscine pour profiter du beau temps».

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Lydia avec sa famille à Noël, il y a deux ans. (photo fournie)

Pendant les longs mois de séparation, Internet a été une véritable «bénédiction» qui lui a permis de rester en contact avec les membres de sa famille qui vivent à des milliers de kilomètres.

«Nous échangerons plein de messages avec nos proches dans le monde entier. Nous partagerons des vidéos des enfants qui ouvrent leurs cadeaux, des photos des plats, sans oublier FaceTime qui permettra aux enfants de voir leurs cousins et leurs grands-parents», ajoute Mme Palmer.

Noël peut paraître différent cette année, en particulier pour les expatriés qui passent la période des fêtes loin de chez eux. Cependant, ils se souviendront longtemps de ce Noël, grâce à l'environnement de plus en plus ouvert et tolérant du Royaume, et grâce aux allées des magasins qui évoquent des souvenirs de leur pays, et surtout grâce à la technologie des smartphones.

 

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Une vision moderne de la vie

Lors d'une visite officielle en Égypte en mars 2018, le prince héritier Mohammed ben Salmane a convié le pape Tawadros II, chef spirituel de l'Église orthodoxe copte du pays, à visiter le Royaume. Au cours d'une visite de la cathédrale Saint-Marc au Caire, le prince héritier a affirmé que tous les chrétiens coptes étaient les bienvenus en Arabie saoudite.

Le pape Tawadros a évoqué cette rencontre dans une interview exclusive accordée par la suite à Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d'Arab News: «Le prince héritier est une personnalité ouverte d'esprit qui a une vision moderne de la vie, et cela nous réjouit.» Peu de temps après, une délégation copte se rendait en Arabie saoudite pour des sermons privés destinés aux chrétiens coptes vivant dans le Royaume.

Le pape Tawadros a également précisé que les réunions que tiennent le prince héritier, Mohammed ben Salmane, et les responsables saoudiens «à tous les niveaux, qu'ils soient religieux, politiques ou culturels, sont très bénéfiques pour le peuple et le Royaume et favorisent le développement humain».

En mars 2018, le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré à Londres l'archevêque de Canterbury, Justin Welby. Ils ont abordé les réformes engagées en Arabie saoudite. Selon l'archevêché: «Le prince héritier s'est engagé fermement à soutenir l'épanouissement des personnes appartenant aux différentes religions et à promouvoir le dialogue interconfessionnel dans le Royaume et au-delà.»

En septembre 2019, une délégation composée de dirigeants chrétiens évangéliques s’est rendue en Arabie saoudite et a tenu une série de réunions dans le but de promouvoir l'harmonie entre les religions. Cette délégation, présidée par l'écrivain américain Joel Rosenberg, a été accueillie par le prince héritier, Mohammed ben Salmane. Les efforts visant à promouvoir la coexistence des religions et la tolérance ainsi que la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme ont été mis en avant.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés malgré la trêve

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.