Les communications à nouveau «totalement coupées» avec Gaza faute de carburant, selon l'ONU

Le commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini assiste à une conférence humanitaire internationale en faveur des civils de Gaza, à l'Elysée, à Paris, le 9 novembre 2023 (Photo, AFP).
Le commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini assiste à une conférence humanitaire internationale en faveur des civils de Gaza, à l'Elysée, à Paris, le 9 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 novembre 2023

Les communications à nouveau «totalement coupées» avec Gaza faute de carburant, selon l'ONU

  • Philippe Lazzarini a dénoncé «une tentative délibérée d'étrangler notre opération et de paralyser celle de l'UNRWA»
  • Les autorités israéliennes estiment que le carburant est un produit à haut risque à usage double - civil et militaire - qui pourrait profiter au Hamas

GENEVE: Le patron de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a affirmé jeudi à Genève que les communications étaient à nouveau "totalement coupées" avec la bande de Gaza et dénoncé "une tentative délibérée d'étranglement".

Lors d'une conférence de presse, Philippe Lazzarini a dénoncé "une tentative délibérée d'étrangler notre opération et de paralyser celle de l'UNRWA", visant ainsi le siège imposé par Israël au territoire palestinien depuis les attaques du Hamas du 7 octobre.

"Gaza souffre à nouveau d'une panne totale de communications, et (…) c’est parce qu’il n’y a pas de carburant", a aussi indiqué M. Lazzarini juste après avoir informé les pays membres de l'ONU de vive voix de la situation à Gaza.

Parallèlement, la compagnie de télécoms palestinienne Paltel annonçait sur le réseau X (ex-Twitter) : "Nous avons le regret d'annoncer que tous les services de télécommunications dans la bande de Gaza sont stoppés car toutes les sources d'énergie qui alimentent le réseau ont été épuisées, et que le carburant est interdit d'entrer" sur le territoire palestinien.

Les autorités israéliennes estiment que le carburant est un produit à haut risque à usage double - civil et militaire - qui pourrait profiter au Hamas.

Le mouvement islamiste, qui contrôle la bande de Gaza, est à l'origine de l'attaque sans précédent sur le territoire israélien le 7 octobre et Israël a promis de l'"éliminer".

Israël empêche l'entrée de carburant dans la bande de Gaza, à l'exception mercredi d'un camion citerne de 23.000 litres seulement dont l'usage est strictement encadré. Selon l'UNRWA, il peut servir seulement pour le transport de l'aide" humanitaire, pas pour l'approvisionnement en eau, l'électricité dans les hôpitaux, les stations de désalinisation, le système de pompage des eaux usées ou les boulangeries.

"Il n'y a plus de fuel disponible, ou en tout cas atteignable, pour l'UNRWA", a souligné M. Lazzarini.

«Besoin de carburant»

"Nous avons besoin de carburant, de carburant et de carburant", a insisté le patron de l'UNRWA, ajoutant que plus le siège de Gaza se prolonge, plus cette situation risque de "devenir la raison principale pour laquelle des gens meurent" dans le territoire palestinien.

"En raison du siège, nous nous retrouvons sans nourriture, sans médicaments, sans eau. C'est déchirant de voir des gens si vite dépouillés de leur dignité et commencer à mendier de l'eau", y compris des enfants, a ajouté le Suisse.

Il a aussi rappelé que lors de la dernière coupure totale des communications il y a quelques semaines, plusieurs dépôts d'aide humanitaire avaient été pillés par une population désespérée et démunie de tout.

M. Lazzarini a affirmé que Gaza est proche d'une "situation où l'ordre civil ne peut plus être maintenu", avertissant: "Si on laisse le chaos s'installer, il nous faudra beaucoup de temps pour renverser cette situation, et nous en sommes presque là".

En représailles de l'attaque du 7 octobre, Israël pilonne sans relâche la bande de Gaza. Les bombardements israéliens ont fait 11.500 morts, majoritairement des civils, parmi lesquels 4.710 enfants, selon le gouvernement du Hamas.

Côté israélien, l'attaque du Hamas a fait environ 1.200 morts, essentiellement des civils tués ce jour-là, selon les autorités israéliennes. Environ 240 personnes ont aussi été prises en otage et emmenées à Gaza.

M. Lazzarini a assuré ressentir "la douleur" des familles des otages et des personnes tuées en Israël le 7 octobre, et a ajouté que les personnes mortes à Gaza "méritent la même empathie".


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.