Conflit Israël-Hamas: Un tournant dans la recherche d'une solution juste à la question palestinienne

L’ancien chef des services de renseignement saoudiens, le prince Turki al-Faisal (Capture d'écran, AN).
L’ancien chef des services de renseignement saoudiens, le prince Turki al-Faisal (Capture d'écran, AN).
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Publié le Lundi 20 novembre 2023

Conflit Israël-Hamas: Un tournant dans la recherche d'une solution juste à la question palestinienne

  • Le prince Turki al-Faisal a déclaré que le conflit représentait un échec de la diplomatie internationale, qui n'est plus viable
  • L'ancien chef des services de renseignement saoudiens condamne les actes du Hamas et d'Israël

RIYAD: La guerre entre Israël et le Hamas est un tournant dans la recherche d'une solution juste à la question palestinienne, a déclaré samedi l’ancien chef des services de renseignement saoudiens, soutenant un appel à la tenue d'une conférence internationale pour trouver une solution durable.

Le prince Turki al-Faisal a déclaré que le conflit représentait un échec de la diplomatie internationale, qui n'est plus viable.

Israël mène une campagne militaire brutale dans la bande de Gaza depuis que le Hamas a lancé une attaque surprise contre des villes proches de l'enclave, tuant environ 1 200 Israéliens. La riposte de l'armée israélienne a tué 11 500 Palestiniens.

«Je condamne l'attaque barbare du Hamas contre des civils le 7 octobre. Mais je dois également condamner l'attaque tout aussi barbare et encore plus sauvage des Israéliens contre les civils palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie», a déclaré le prince Turki.

L'approche brutale adoptée par Israël pour atteindre l'objectif annoncé, à savoir l'éradication du Hamas, a été critiquée pour le nombre élevé de victimes civiles déplorées, suscitant des appels au cessez-le-feu.

La rhétorique des dirigeants israéliens a également été dénoncée, notamment l'utilisation d'un langage déshumanisant à l'égard des Palestiniens et l'évocation de l'utilisation d'armes nucléaires contre eux.

Ce mois-ci, un ministre israélien a déclaré que larguer une bombe atomique sur Gaza était «l'une des options» pour traiter avec le groupe militant.

«La menace nucléaire israélienne est une invitation ouverte aux autres pays de la région à poursuivre cette option», a averti le prince Turki. «Nous devons réfléchir à cette imprudence de la part d'Israël et ne pas la laisser passer sans réagir.»

Atrocités de l'occupation

Le prince Turki a rappelé à l'auditoire du Dialogue de Manama de l'Institut international d'études stratégiques, dans la capitale bahreïnienne, que le conflit n'a pas commencé lorsque le Hamas a franchi les défenses israéliennes le mois dernier, mais qu'il a une longue histoire, «la plupart du temps sous la forme d'agressions contre les Palestiniens».

Il a également souligné l'hypocrisie et le double langage de certaines nations qui prétendent être «les gardiennes de ce qu'elles appellent l'ordre international fondé sur des règles, la démocratie, les droits de l'homme et le droit international».

Le prince Turki, ancien haut diplomate saoudien aux États-Unis et au Royaume-Uni, a déclaré que la solution au conflit nécessitait une approche collective.

«Nous avons tous échoué dans la résolution de ce problème et il nous incombe à tous de trouver une solution», a-t-il appelé, ajoutant que le monde est désormais plus conscient du sort du peuple palestinien et des atrocités de l'occupation israélienne qui se poursuit.

L'ancien envoyé a noté que les idées et les initiatives de paix ne manquaient pas, mais que «toutes s'arrêtaient à la porte d'Israël en raison du soutien inébranlable des États-Unis et de l'Europe, et que toutes les initiatives restaient donc vaines».

Il a indiqué que «l'illusion israélienne, américaine et européenne» d'améliorer la vie des Palestiniens sous l'occupation et de normaliser les liens avec les États arabes n'est pas une alternative aux exigences d'une paix réelle.

Le prince Turki a soutenu l'appel de Bahreïn en faveur d'une conférence de paix internationale, sous la direction effective des États-Unis, qui vise à trouver un processus de paix crédible.

L'initiative de paix arabe de 2002 est toujours d'actualité et offre une solution durable aux Palestiniens et aux Israéliens, a-t-il déclaré. Cette initiative «fait d'Israël un État intégral et normal dans la région et, surtout, rend justice aux Palestiniens en leur donnant leur propre État».

Le prince Turki espère que le sort des prisonniers palestiniens sera également pris en compte dans les négociations entre les deux parties. «Qu'en est-il de leur sort? Seront-ils également inclus dans ces négociations? J'espère qu'ils seront pris en compte.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.


Dans le sud du Liban, Israël accusé d'incendier terres agricoles et forêts

Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
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  • En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi
  • La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée

BEYROUTH: Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays.

Depuis la limite de la zone occupée par Israël dans le sud du pays, Haïdar Qoteich a vu les champs et les vergers de son village de Houla, tenu par l'armée israélienne et situé à cinq kilomètres de là, disparaître dans les flammes.

"Ils ont tout brûlé (..) les champs du village sont tout noirs", affirme à l'AFP ce père de quatre enfants, âgé de 36 ans, joint par téléphone.

Selon les autorités libanaises, plus de 16.000 hectares ont été brûlés depuis le début des hostilités entre le mouvement pro-iranien Hezbollah et Israël en octobre 2023, marquées par un cessez-le-feu en novembre 2024 avant une reprise des affrontements début mars, et une accalmie relative ces dernières semaines.

En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi.

La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée.

Incendies "systématiques" 

Les feux résultent de frappes israéliennes, de "bombes explosives et de drones", indique à l'AFP Hussein Fakih, directeur de la Défense civile à Nabatiyé, la capitale du gouvernorat. Il fait aussi état de "bombes au phosphore et bombes à sous-munitions pour déclencher" les incendies.

Ses équipes, qui n'ont pas accès aux zones occupées, ont recensé en juillet et en août des incendies à la lisière de ces secteurs.

Des responsables libanais, des ONG et des habitants dénoncent une "politique de la terre brûlée" pratiquée par Israël qui cherche à éloigner les combattants du Hezbollah de la frontière.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir "conscience de l’impact environnemental potentiel de ses activités dans la région" et assure prendre "des mesures de précaution pour réduire les dommages causés aux civils et à l’environnement".

Aux confins du village de Kfar Chouba, jouxtant la zone occupée, un incendie s'est déclaré le 5 août "à la suite de tirs des forces israéliennes", rapporte le maire, Kassim Al-Kadri. Le feu a ravagé une zone forestière d’environ 2 km².

Il a fallu, selon le maire, deux jours pour le maîtriser avec des moyens rudimentaires, la défense civile n'ayant obtenu que le lendemain une autorisation d'accès de la part d'Israël. "Le feu avait tout ravagé", déplore-t-il.

Au siège du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), à Beyrouth, des images satellitaires projetées sur écran géant montrent des vergers et forêts avant et après leur disparition depuis 2023, sous l’effet des incendies et du défrichement, y compris l'arrachement d'oliviers centenaires.

Des photos de Khiam, bourgade occupée, montrent ainsi des étendues verdoyantes avant 2024 transformées en terres arides.

Le CNRS a recensé la destruction par le feu d'environ 8.500 hectares au cours de la guerre précédente (octobre 2023-novembre 2024) et de 7.500 hectares au cours de la dernière.

Le secrétaire général du CNRS, Chadi Abdallah, accuse Israël "d'incendier de manière systématique" ces zones.

"Ecocide" 

"Cela montre qu’ils cherchent à créer un espace dépourvu d’habitations, de constructions et de toute forme de vie" pour empêcher tout retour des habitants, affirme-t-il, en parlant de la majorité des personnes résidant dans les villages frontaliers qui ont dû fuir les bombardements israéliens.

Il souligne que 350 hectares ont été incendiés entre la date de signature d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en juin et le 13 août.

L'agence de presse officielle libanaise ANI fait état régulièrement d'opérations de démolitions et explosions déclenchées par Israël dans le sud. Et le Liban a plusieurs fois dénoncé des destructions "systématiques" dans cette région.

Dans le village de Zawtar el-Charqiyé, l’armée israélienne a en outre déraciné 600 oliviers en août, selon l'ANI.

L’association "Les Verts du Sud", qui documente les dégâts environnementaux dans cette région, a accusé Israël de mettre le feu "aux maisons, forêts, bois et terrains agricoles", et notamment à une réserve naturelle située à Wadi Slouqi.

La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, avait déjà dénoncé un "écocide" dans le sud, et des incendies "délibérés".

De Chaqra, où il a trouvé refuge, Haïdar Qoteich contemple les plaines incendiées de son village. "Il faut toute une vie pour reboiser un village devenu un désert", soupire-t-il.

 


Le haut-représentant du «Conseil de paix» pour Gaza met en garde contre un «point de non-retour»

Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
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  • "Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner"
  • Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu

NATIONS-UNIES: Le haut-représentant du "Conseil de paix" pour Gaza, Nikolaï Mladenov, a mis en garde mercredi contre un "point de non-retour" en cas d'échec du plan de paix pour le territoire palestinien, actuellement dans l'impasse.

"Gaza n'a plus les moyens de supporter une nouvelle catastrophe. Si le cessez-le-feu s'effondre et que la bande replonge dans une nouvelle escalade généralisée, il n'y aura plus de feuille de route sur laquelle revenir, plus d'administration à déployer et plus rien sur le terrain à reconstruire", a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Etats-Unis ont fait approuver par le Hamas fin juillet une feuille de route prévoyant son désarmement et le retrait de l'armée israélienne, qui occupe plus de 60% de la bande de Gaza.

Mais Israël a rejeté le texte, exigeant un désarmement total et vérifiable du Hamas.

La poursuite des frappes israéliennes fait peser un risque pour le cessez-le-feu, a estimé Nikolaï Mladenov.

"Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner", a-t-il dit.

Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu.

"Chaque arme encore portée, chaque tunnel dont les travaux se poursuivent et chaque convoi encore entravé fait reculer le processus et fournit un argument à ceux qui veulent reprendre la guerre", a déclaré Nikolaï Mladenov.

"Et comme l'expérience l'a montré, ce sont les civils palestiniens, les femmes et les enfants, qui en subiront les conséquences", a-t-il conclu.