Pourquoi la guerre à Gaza n'a pas encore déclenché un conflit à grande échelle entre Israël et le Hezbollah

Le Hezbollah et l'Iran préféreraient éviter une confrontation plus importante avec les Forces de défense israéliennes (Photo, Getty Images).
Le Hezbollah et l'Iran préféreraient éviter une confrontation plus importante avec les Forces de défense israéliennes (Photo, Getty Images).
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Publié le Mardi 21 novembre 2023

Pourquoi la guerre à Gaza n'a pas encore déclenché un conflit à grande échelle entre Israël et le Hezbollah

  • Les échanges de tirs sont parmi les plus intenses depuis la guerre entre Israël et le Hezbollah à l'été 2006
  • Les analystes estiment que la stratégie de l'administration Biden pour prévenir une guerre régionale fonctionne, du moins pour l'instant

DUBAÏ: La dernière flambée de violence frontalière entre le Hezbollah libanais et Israël fait craindre que la guerre à Gaza ne déclenche un conflit plus large au Moyen-Orient.

Samedi, Israël aurait frappé une usine d'aluminium dans le sud du Liban, à une quinzaine de kilomètres de la frontière, tandis que le Hezbollah a affirmé avoir abattu un drone israélien Hermes 450 et lancé cinq autres attaques.

Ces récents échanges de tirs sont parmi les plus intenses depuis la guerre entre Israël et le Hezbollah à l'été 2006, qui a laissé au gouvernement de Beyrouth une facture de reconstruction colossale et a ancré la milice soutenue par l'Iran dans le tissu du pays.

«Il est très clair aujourd'hui que le Hezbollah et l'Iran préfèrent éviter une confrontation directe plus importante avec Israël», a déclaré à Arab News Firas Maksad, chercheur principal à l'Institut du Moyen-Orient.

Ils gèrent plutôt ce que l'on peut appeler une «guerre de zone grise», sans cessez-le-feu complet ou impasse, mais aussi sans guerre totale.

Selon M. Maksad, l'Iran et le Hezbollah, avec leurs alliés paramilitaires dans toute la région, excellent dans ce domaine.

«Ils ont la capacité d'intensifier ou de réduire leur action en fonction des circonstances et de la situation à Gaza, mais il ne s'agit pas d'une guerre totale», a-t-il expliqué.

«L'une des principales raisons à cela est que le Hezbollah est l'investissement le plus important de l'Iran à l'extérieur de ses frontières.»

Cet investissement a permis au Hezbollah d'attaquer les troupes israéliennes depuis le 8 octobre, au lendemain de l'attaque de villes israéliennes par le Hamas, qui a tué 1 200 personnes et pris 230 autres Israéliens et étrangers en otage, selon Israël.

Israël a mené une guerre de cinq semaines avec le Hezbollah en 2006, après l'enlèvement par les combattants du groupe de deux soldats israéliens lors d'un raid transfrontalier.

Le conflit a fait environ 1 200 morts parmi les Libanais et 157 parmi les Israéliens, principalement des soldats, déplacé 4,5 millions de civils libanais et causé des dommages aux infrastructures civiles au Liban pour un montant total de 2,8 milliards de dollars (1 dollar = 0.91 euro).

La résolution 1701 de l'ONU, qui visait à résoudre le conflit de 2006, interdit à Israël de mener des opérations militaires au Liban, mais Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah de violer la résolution en introduisant clandestinement des armes dans le sud du Liban.

EN CHIFFRES

- 90 personnes tuées du côté libanais lors d'hostilités transfrontalières depuis le mois dernier, dont au moins 10 civils.

- 9 personnes tuées du côté israélien, dont six soldats et trois civils, selon les autorités locales.

- 1 200 Libanais, principalement des civils, tués au cours de la guerre de 2006 avec Israël.

«Le Hezbollah est la première ligne de dissuasion et de défense du régime iranien et de son programme nucléaire si Israël décide de frapper, et il ne va pas gâcher cela pour essayer de sauver le Hamas», a déclaré M. Maksad.

Bien que les tensions le long de la Ligne bleue (surveillée par une force de maintien de la paix des Nations unies, la Finul) séparant le Liban d'Israël ne se soient pas aggravées au-delà d'échanges de tirs sporadiques, toute erreur de calcul pourrait déclencher un conflit régional entre Israël et les mandataires de l'Iran.

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a indiqué que «toutes les options sont ouvertes», mais n'a pas déclaré la guerre. Selon M. Maksad, ceci indique clairement que les parties concernées préfèrent éviter une escalade régionale.

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un analyste politique libanais a confié à Arab News: «Les Américains, qui jouent le rôle de médiateurs, ne veulent pas d'une guerre, surtout en cette année de réélection. Les États du Golfe se concentrent sur la croissance économique et le prix du pétrole, et n'en veulent donc pas. L'Iran et ses mandataires n'en veulent pas non plus.»

Pour renforcer cette impression, le ministre iranien des Affaires étrangères, Amir-Abdollahian, a déclaré publiquement à plusieurs reprises que l'Iran ne souhaitait pas que la guerre entre Israël et le Hamas s'étende.

«L'Iran a atteint la plupart de ses objectifs, tels que la perturbation de la normalisation diplomatique israélo-saoudienne et la destruction du mythe de l'invulnérabilité d'Israël, le 7 octobre», a déclaré Ali Alfoneh, chercheur principal à l'Institut des États arabes du Golfe, à Arab News par courrier électronique.

«Les petites provocations du Hezbollah contre Israël servent à compliquer les calculs des Forces de défense israéliennes, mais comme le montre le faible nombre de morts de la milice libanaise au Liban et en Syrie depuis le 7 octobre (seulement 72 selon ma base de données), l'Iran n'a aucun intérêt à sacrifier le Hezbollah au profit du Hamas, plus facile à sacrifier.»

Recherchés ou non, les combats se poursuivent sur plusieurs fronts. Ainsi, le 19 novembre, les Houthis du Yémen, autres mandataires de l'Iran, ont-ils détourné un cargo lié à Israël et une vingtaine de membres d'équipage. Selon certaines informations, la milice a affirmé que le navire avait été pris pour cible en raison de ses liens avec Israël.

Par ailleurs, selon le Pentagone, les forces américaines en Irak et en Syrie ont subi 61 attaques de la part de militants soutenus par l'Iran depuis le 17 octobre.

Soucieux de maintenir une ligne de démarcation étroite, les États-Unis n'ont riposté qu'à trois reprises, mais ils ont renforcé leur présence militaire dans la région. Fin octobre, ils ont déployé 2 000 soldats américains non combattants, deux porte-avions avec environ 7 500 personnes à bord de chacun d'eux, deux destroyers à missiles guidés et neuf escadrons aériens dans la région de la Méditerranée orientale et de la mer Rouge, en tant que force de dissuasion.

Certains se demandent combien de temps les États-Unis pourront se permettre de maintenir leurs forces de frappe sur porte-avions et leurs sous-marins nucléaires au Moyen-Orient pour dissuader une guerre régionale, tout en soutenant la guerre en Ukraine.

«Je ne pense pas qu'il y ait une limite temporelle claire», a déclaré par courriel à Arab News Hussein Ibish, chercheur résident principal auprès des États arabes du Golfe à Washington. «Ces groupes d'attaque de porte-avions sont conçus pour rester en mer pendant de longues périodes. Je pense qu'ils peuvent y rester très longtemps.»

Le consensus de ces analystes semble être que la stratégie de l'administration Biden pour prévenir une guerre régionale fonctionne, du moins pour l'instant.

«Les efforts américains en matière de dissuasion ont porté leurs fruits», a déclaré M. Maksad. «Qu'il s'agisse des porte-avions en Méditerranée ou dans le Golfe, ou de la diplomatie discrète par le biais de messages envoyés à l'Iran par divers interlocuteurs pour l'avertir que les États-Unis s'impliqueraient sérieusement si la guerre s'étendait.»

Il estime que tous ces éléments ont permis d'obtenir un résultat et de gérer les combats de manière à éviter une guerre ou une confrontation totale.

Mais qu'est-ce qui pourrait changer cette équation? D'une part, Israël pourrait-il se tourner vers le Liban après avoir réglé ses comptes avec le Hamas?

«Le Liban a évité l’embrasement – jusqu'à présent», estime M. Maksad.

Mais une erreur de calcul pourrait entraîner le Liban dans une guerre plus importante. En 2006, ni le Hezbollah ni Israël ne voulaient d'une guerre, mais ils ont fini par se battre pendant 34 jours. Le risque existe également du côté israélien, qui a clairement fait savoir qu'il n'épargnerait pas le Liban si le Hezbollah entrait en guerre.

«Ce que nous faisons à Gaza, nous pouvons le faire à Beyrouth», avait lancé Yoav Gallant, ministre israélien de la Défense, le 11 novembre, en mettant en garde le Hezbollah contre une escalade de la violence le long de la frontière.

M. Gallant aurait fait part au secrétaire d'État américain, Antony Blinken, de son désir de frapper le Hezbollah de manière préventive, mais il a manifestement été écarté par ses collègues israéliens.

Selon M. Ibish, si le Hezbollah entrait en guerre, Israël pourrait être «durement touché, avec des dizaines de milliers de victimes au minimum», mais le Liban serait «complètement décimé et reculerait de plusieurs générations».

Un tournant qui pourrait entraîner le Hezbollah dans les combats serait la destruction imminente du Hamas en tant qu'organisation militaire.

«Le Hezbollah aurait alors un choix difficile à faire: rester les bras croisés et assister au démantèlement de la branche palestinienne de l'alliance ou tenter de se sacrifier pour la sauver», a déclaré M. Maksad. «Je pense qu'ils ne le feront pas. Ils resteraient à l'écart.»

Si le Hezbollah était aspiré plus profondément dans le conflit, le résultat serait dévastateur.

«Ce que le Hamas a fait le 7 octobre est un jeu d'enfant comparé à ce que le Hezbollah pourrait faire s'il s'impliquait davantage, ce qu'il pourrait faire à tout moment, mais qu'il ne veut pas faire», a déclaré à Arab News un analyste politique libanais basé dans le sud du pays.

«Le rôle du Hezbollah est d'être dissuasif. La Palestine occupée veut tendre un piège au Hezbollah. Le Hezbollah n'est pas encore tombé dans le piège.»

Toutefois, selon M. Ibish, une attaque contre le complexe de la mosquée Al-Aqsa dans la partie occupée de Jérusalem pourrait entraîner le Hezbollah dans sa chute.

«Ce serait une autre histoire, mais si la guerre reste circonscrite à Gaza, je pense que le Hezbollah sera en mesure de ne pas s'en mêler», a-t-il déclaré.

"En effet, l'une des rares choses sur lesquelles les quatre acteurs qui avaient la possibilité de faire de cette guerre une guerre régionale - Israël, l'Iran, les États-Unis et le Hezbollah - ont pu se mettre d'accord à partir du 7 octobre est que cette guerre ne doit pas s'étendre au Hezbollah ou à toute autre chose de ce genre.

«C'est la principale raison pour laquelle elle ne s'est pas étendue et pour laquelle elle ne s'étendra probablement pas.»

Il ne reste donc que les actions de tierces parties – telles que le Hamas, le Djihad islamique palestinien et d'autres factions palestiniennes – opérant à l'intérieur du Liban.

«De petits groupes pourraient attaquer Israël à l'aide de roquettes ou d'autres engins similaires et avoir de la chance, en allant plus loin en Israël, bien au-delà du rayon tacitement convenu d'un mile (environ 1,6 kilomètre) dans chaque direction pour les escarmouches limitées, et en tuant un groupe important de soldats israéliens, par exemple 25 ou plus», a déclaré M. Ibish.

«Si cela devait se produire, Israël pourrait riposter avec une grande force, sans savoir si le Hezbollah est impliqué ou s'il a tacitement toléré l'action et a besoin d'être blâmé. Une fois que les roquettes volent et que la paranoïa commence à s'installer, il est très fréquent que des ennemis armés commencent à mal reconnaître et à mal interpréter les intentions et les actions de l'autre. Cela peut facilement dégénérer en un conflit dont personne ne veut», a-t-il ajouté. 

Comme s'il prédisait une tempête se préparant à l'horizon mais dont la trajectoire est encore incertaine, l'analyste politique libanais anonyme a affirmé: «Vous pouvez visiter Beyrouth avant la fin de l'année. Je suis sûr qu'il n'y aura pas de guerre d'ici là.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.