Le Comité ministériel du sommet islamo-arabe rencontre le ministre russe des AE

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, se serrent la main mardi (Photo, SPA).
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, se serrent la main mardi (Photo, SPA).
Le Comité ministériel désigné par le sommet extraordinaire conjoint islamo-arabe a tenu une réunion officielle avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (Photo, SPA).
Le Comité ministériel désigné par le sommet extraordinaire conjoint islamo-arabe a tenu une réunion officielle avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov (Photo, SPA).
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Publié le Mercredi 22 novembre 2023

Le Comité ministériel du sommet islamo-arabe rencontre le ministre russe des AE

  • Lavrov a déclaré que la Russie soutenait les efforts déployés pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat à Gaza
  • Il a souligné l'importance de mettre fin à toutes les violations du droit international et d'accroître l'aide humanitaire dans la bande de Gaza

RIYAD: Le Comité ministériel désigné par le sommet extraordinaire conjoint islamo-arabe a tenu une réunion officielle avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, à Moscou mardi.

Le sommet conjoint islamo-arabe s'est tenu à Riyad le 11 novembre et les membres du Comité qui ont participé à la réunion de mardi comprenaient les ministres des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, de la Jordanie, de l'Égypte, de la Palestine et de l'Indonésie, ainsi que le chef de l'Organisation de la coopération islamique.

Lavrov a salué les efforts déployés par le Comité pour parvenir à un long cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Il a déclaré que la Russie soutenait les efforts visant à parvenir à un cessez-le-feu immédiat conformément aux résolutions des Nations unies, au sommet de la paix du Caire et au sommet extraordinaire conjoint islamo-arabe de Riyad.

Le ministre russe a exprimé la condamnation par son pays de la punition collective infligée aux civils dans la bande de Gaza et a indiqué qu'il s'agit d'une violation flagrante du droit humanitaire international.

Il a souligné l'importance de mettre fin à toutes les violations du droit international et d'accroître l'aide humanitaire dans la bande de Gaza afin d'éviter une catastrophe humanitaire sans précédent.

Sergeï Lavrov a également insisté sur le fait que la Russie soutenait le lancement d'un processus de paix global, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies et à l'initiative arabe de 2002, dans le but de parvenir à la solution de deux États.

Crimes israéliens

Les membres du Comité ont précisé que les membres du Conseil de sécurité des Nations unies et la communauté internationale devraient prendre des mesures efficaces et urgentes afin de parvenir à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza, soulignant qu'il s'agit d'une priorité pour tous les pays arabes et musulmans.

Le Comité a souligné l'importance de la levée immédiate du siège imposé à la bande de Gaza, de la libération des prisonniers et des otages, et de la réactivation d'un processus de paix sérieux et juste, bénéficiant du soutien des autorités internationales légitimes.

Les membres du Comité ont appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en ne fermant pas les yeux sur les crimes israéliens contre des civils palestiniens non armés et sur les violations israéliennes dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Le Comité a également souligné que les violations persistantes du droit international par Israël et le non-respect des résolutions sur la légitimité internationale affaiblissent la légitimité du système international, la crédibilité de ses défenseurs et sa capacité à maintenir la paix, la sécurité et la stabilité régionale à l'avenir, tout en alimentant l'extrémisme et la violence.

Il a de même souligné l'importance de permettre l'acheminement immédiat de l'aide humanitaire, de la nourriture, de l'eau, du carburant et de l'électricité à Gaza, et a souligné qu'il s'agit d'une responsabilité morale et juridique de l'ensemble de la communauté internationale.

Le comité a soutenu que le fait de priver la population de Gaza des besoins fondamentaux de la vie constitue une violation flagrante du droit humanitaire international et va à l'encontre des valeurs et des principes humains.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'évacuation de masse de la ville de Gaza est « impossible » pour la dirigeante de la Croix-Rouge

Des Palestiniens déplacés fuyant vers le sud voyagent à bord d'un camion avec leurs effets personnels le long de la route côtière qui traverse le camp de réfugiés palestiniens de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 août 2025. (Photo Eyad BABA / AFP)
Des Palestiniens déplacés fuyant vers le sud voyagent à bord d'un camion avec leurs effets personnels le long de la route côtière qui traverse le camp de réfugiés palestiniens de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 août 2025. (Photo Eyad BABA / AFP)
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  • « Il est impossible de procéder à une évacuation en masse de la ville de Gaza de manière sûre et digne dans les conditions actuelles », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.
  • « Beaucoup de civils ne seront pas en état d'obéir à un ordre d'évacuation parce qu'ils sont affamés, malades ou blessés », a jugé Mirjana Spoljaric.

GENEVE : La présidente du CICR a dénoncé  samedi les plans israéliens d'évacuation en masse de la ville de Gaza, soulignant qu'ils étaient « impossibles » à mettre en œuvre de manière « sûre et digne ».

« Il est impossible de procéder à une évacuation en masse de la ville de Gaza de manière sûre et digne dans les conditions actuelles », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.

« Une telle évacuation déclencherait un mouvement de population massif qu'aucune zone de la bande de Gaza n'est en mesure d'absorber, compte tenu de la destruction généralisée des infrastructures civiles et des pénuries extrêmes de nourriture, d'eau, d'abris et de soins médicaux », a-t-elle ajouté.

Vendredi, l'armée israélienne a déclaré la ville de Gaza « zone de combat dangereuse », en prévision d'une offensive d'envergure voulue par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui vise à vaincre le Hamas et à ramener tous les otages.

L'armée n'a pas explicitement appelé à une évacuation de la ville, mais un porte-parole a jugé mercredi qu'elle était « inévitable ».

« Beaucoup de civils ne seront pas en état d'obéir à un ordre d'évacuation parce qu'ils sont affamés, malades ou blessés », a jugé Mirjana Spoljaric.

« Si un ordre d'évacuation est donné, Israël doit, selon le droit humanitaire international, faire tout ce qui est en son pouvoir pour s'assurer que les civils bénéficient de conditions satisfaisantes en matière d'abris, d'hygiène, de santé, de sécurité et d'accès à la nourriture. Or, ces conditions ne peuvent actuellement pas être remplies à Gaza. »

« Cela rend toute évacuation non seulement infaisable, mais incompréhensible dans les circonstances actuelles », a-t-elle insisté.

Selon une estimation de l'ONU, environ un million de Palestiniens se trouvent actuellement à Gaza. Des milliers d'habitants ont déjà fui cette ville, située dans le nord du territoire, où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.

Ces trois dernières semaines, Israël a intensifié ses bombardements aériens sur Gaza et multiplié les opérations aux abords de cette ville, la plus grande du territoire, frappée par la famine selon l'ONU.

Malgré des pressions croissantes, tant à l'échelle internationale qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza afin d'anéantir le Hamas.


l'ONU « ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès » selon la France

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot (Photo AFP)
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot (Photo AFP)
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  • Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé samedi le refus des États-Unis d'accorder des visas à des responsables palestiniens pour se rendre à New York.
  • Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine assemblée générale de l'ONU, prévue en septembre, au cours de laquelle la France plaidera en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien.

COPENHAGUE, DANEMARK : Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé samedi le refus des États-Unis d'accorder des visas à des responsables palestiniens pour se rendre à New York, affirmant que le siège de l'ONU « ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès ».

« Le siège des Nations unies est un lieu de neutralité. C'est un sanctuaire au service de la paix. Une assemblée générale des Nations unies ne saurait souffrir d'aucune restriction d'accès », a déclaré M. Barrot à Copenhague, peu avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Washington a annoncé cette décision vendredi soir, à quelques semaines de la prochaine assemblée générale de l'ONU, prévue en septembre, au cours de laquelle la France plaidera en faveur de la reconnaissance d'un État palestinien.

Le département d'État a indiqué « révoquer et refuser » l'octroi de visas « pour les membres de l'Organisation de libération de la Palestine et de l'Autorité palestinienne », à l'approche de cette réunion internationale.

Ce geste a également été dénoncé par Xavier Bettel, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. « On ne peut pas nous prendre en otage », a-t-il lancé, suggérant d'organiser à Genève une session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU pour s'assurer de la présence des Palestiniens.

« On doit pouvoir discuter ensemble, on ne peut pas simplement exclure la Palestine du dialogue », a affirmé M. Bettel devant la presse à Copenhague. 


Gaza : Kallas se montre « pas très optimiste » concernant l'adoption de sanctions de l'UE contre Israël

La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas (Photo AFP)
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas (Photo AFP)
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  • « Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas prendre de décision aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27.
  • Le Danemark, qui préside actuellement le Conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère. 

COPENHAGUE, DANEMARK : La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a reconnu samedi ne pas être « très optimiste » quant à la possibilité que les Vingt-Sept sanctionnent Israël, malgré la situation humanitaire catastrophique dans le territoire palestinien de Gaza.

« Je ne suis pas très optimiste, et nous n'allons certainement pas prendre de décision aujourd'hui », a-t-elle déclaré à Copenhague, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27. « Cela envoie le signal que nous sommes divisés », a déploré Mme Kallas.

La Commission européenne a proposé la suspension des financements européens aux start-ups israéliennes, mais « même cette mesure », plutôt « indulgente », n'a pas été retenue par les 27 en raison de leurs divisions, a souligné la dirigeante estonienne.

Plusieurs pays de l'UE, dont l'Allemagne, la Hongrie ou la Slovaquie, sont réticents à prendre des mesures contre Israël, tandis que d'autres, comme l'Irlande ou l'Espagne, y sont beaucoup plus favorables.

Le Danemark, qui préside actuellement le Conseil des ministres de l'UE, s'est dit favorable à une solution contournant la règle de l'unanimité qui prévaut dans le bloc européen en matière de politique étrangère. 

L'UE doit « passer des mots aux actes », a affirmé son chef de la diplomatie, Lars Lokke Rasmussen, suggérant notamment d'interdire les importations en provenance des colonies israéliennes en Cisjordanie. Cette décision, qui relève de la politique commerciale, peut être prise à la majorité qualifiée, a-t-il expliqué.

La règle de l'unanimité bloque un grand nombre de décisions, non seulement sur Israël, mais aussi sur l'Ukraine, en raison de l'hostilité de la Hongrie.

« Nous avons un problème constitutionnel en Europe : le bateau le plus lent dans le convoi décide de la vitesse. Nous devons prendre des mesures pour que la majorité puisse s'exprimer », a expliqué le ministre danois.

La situation à Gaza est une « tragédie absolue », a déclaré de son côté le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la bande de Gaza, où sévit la famine, est arrivée à un « point de rupture ».

Malgré des pressions croissantes, tant à l'échelle internationale qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza afin de mettre un terme au mouvement islamiste Hamas et de ramener tous les otages enlevés lors de l'attaque du 7 octobre.