La frontière libanaise s'embrase avant la trêve à Gaza

Un obus au phosphore blanc explose au-dessus de Kfar Kila, près de la frontière libanaise avec Israël, vu depuis Marjayoun au Liban-Sud, le mercredi 22 novembre 2023 (Photo, AP).
Un obus au phosphore blanc explose au-dessus de Kfar Kila, près de la frontière libanaise avec Israël, vu depuis Marjayoun au Liban-Sud, le mercredi 22 novembre 2023 (Photo, AP).
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Publié le Jeudi 23 novembre 2023

La frontière libanaise s'embrase avant la trêve à Gaza

  • Les avions de guerre israéliens ont largué des bombes au phosphore, provoquant des incendies entre les villes de Kafr Kila et Al-Adisa
  • Najib Mikati rejette la violation de la souveraineté libanaise et appelle à un soutien à l'armée

BEYROUTH: Les hostilités à la frontière sud du Liban ont repris mercredi après que des combattants du Hezbollah ont lancé des missiles Burkan sur des positions de l'armée israélienne, quelques heures avant qu'une trêve ne soit déclarée dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.

Les forces armées israéliennes ont également frappé des cibles du Hezbollah au Liban, tandis que les avions de guerre israéliens ont largué des bombes au phosphore, provoquant des incendies entre les villes de Kafr Kila et d'Al-Adisa.

Le Hezbollah a déclaré avoir attaqué la caserne de Yiftah et avoir également pris pour cible une équipe de soutien logistique effectuant des travaux de maintenance sur le site de Bayad Blida.

Le groupe militant a tiré des missiles Burkan sur les troupes et les véhicules israéliens sur le site de Raheb et la caserne de Zarit, tandis que la caserne de Mitat, près de la ville de Rmeich, a aussi été touchée.

Le Premier ministre sortant, Najib Mikati, a visité la Citadelle Rashaya dans la Bekaa occidentale pour marquer le 80e anniversaire de l'indépendance du Liban. La Citadelle a abrité les héros de l'indépendance emprisonnés pendant le mandat français.

Dans un discours, Mikati a demandé que le rôle et l'intégrité de l'armée soient préservés.

«Nous sommes un peuple qui veut la paix et qui aime la culture de la paix, mais nous n'acceptons pas et n'accepterons pas la violation de notre souveraineté et l'atteinte à nos droits. Sinon, quel est le sens de l'indépendance ?», a-t-il souligné.

Mikati a exhorté «la communauté internationale à dissuader Israël de son agression et de sa violation flagrante des conventions et résolutions internationales et des droits de l'homme, et de continuer à commettre des massacres et des génocides».

Après son arrivée à Beyrouth mercredi pour des entretiens avec les dirigeants libanais, Hossein Amir-Abdollahian, le ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré que le sort de Gaza et de la Palestine «est entre les mains du peuple palestinien».

Implication libanaise à Gaza

Des entretiens se sont déroulés à Beyrouth entre le responsable des relations arabes et islamiques du Hamas, Khalil al-Hayya, et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Des drapeaux libanais ont été hissés à Beyrouth et dans certaines régions pour commémorer l'anniversaire de l'indépendance. De grandes bannières ont également été exposées sur des bâtiments de la capitale, portant le message suivant: «Le Liban cherche à éviter la guerre pour éviter que les événements passés ne se reproduisent.» Cette initiative fait partie d'une campagne de la société civile qui s'oppose à l'implication du Liban dans le conflit de Gaza.

L'armée et les services de sécurité libanais n'ont pas organisé leur parade militaire habituelle en raison de l'absence de président.

Pendant ce temps, le peuple libanais a pleuré la mort de la journaliste Farah Omar et du photojournaliste Rabih al-Maamari, tués par une frappe de drone de l'armée israélienne près de la frontière libanaise mardi.

La mission de l'UE et les ambassades des États membres représentées au Liban ont déclaré dans un communiqué que «l'anniversaire de l'indépendance du Liban tombe cette année dans un contexte régional difficile».

Le communiqué appelle une nouvelle fois «toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue afin d'éviter une nouvelle escalade».

Hervé Magro, ambassadeur de France au Liban, a marqué l'anniversaire de l'indépendance en évoquant «un pays unifié, ouvert et souverain face aux défis auxquels il est confronté».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com