Gaza: Le directeur de l'hôpital d'al-Chifa arrêté et interrogé par Israël

Ci-dessus, le complexe hospitalier Al-Shifa dans la ville de Gaza, dans le nord de la bande de Gaza, le 22 novembre 2023. (AFP)
Ci-dessus, le complexe hospitalier Al-Shifa dans la ville de Gaza, dans le nord de la bande de Gaza, le 22 novembre 2023. (AFP)
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Publié le Vendredi 24 novembre 2023

Gaza: Le directeur de l'hôpital d'al-Chifa arrêté et interrogé par Israël

  • Le médecin a été « transféré pour être interrogé» par les services de renseignements, a précisé l'armée israélienne
  • Al-Shifa a été, jusqu'à très récemment, présenté par Israël comme le principal centre de commandement des opérations du Hamas dans la bande de Gaza

GAZA: Le directeur de l'hôpital al-Chifa de Gaza, a été arrêté par Israël, a annoncé jeudi l'armée israélienne ainsi qu'un chef de service de l'établissement, sous contrôle de l'armée qui dit y chercher des installations du Hamas.

"Le docteur Mohammed Abou Salmiya a été arrêté", a indiqué à l'AFP le Dr Khaled Abou Samra. "Deux infirmiers ont été arrêtés ainsi qu'un autre médecin", a ajouté un responsable du ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

Le médecin a été "transféré pour être diffusé" par les services de renseignements, a précisé l'armée israélienne. "Sous sa direction, l'hôpital a été le théâtre de nombreuses activités terroristes du Hamas", ajoute le communiqué. L'enquête déterminera "s'il sera soumis à d'autres interrogatoires".

Al-Chifa a été, jusqu'à très récemment, présenté par Israël comme le principal centre de commandement des opérations du Hamas dans la bande de Gaza, ce que le mouvement islamiste palestinien dément.

Depuis des jours, ses soldats fouillent pièce par pièce l'établissement, le plus grand du territoire palestinien.

L'armée a déclaré avoir "des preuves" qu'al-Chifa était un "centre" du Hamas, précisant que ses ressources en électricité, si précieuses dans le territoire assiégé, étaient exploitées par le mouvement islamiste dans un "réseau de tunnels". situé sous les bâtiments.

"En outre, le Hamas a stocké de nombreuses armes à l'intérieur de l'hôpital", a conclu l'armée israélienne jeudi.

Evacuation retardée par des fouilles

Plusieurs médecins ont raconté à l'AFP avoir été emmenés par des soldats israéliens lors de ces fouilles, généralement conclues par la mise à feu d'explosifs dans les rez-de-chaussée et souterrains de l'hôpital.

"Il reste 180 patients, blessés et soignants à al-Chifa. Nous réclamons leur évacuation (...), ils n'ont plus d'électricité, de nourriture et d'eau", a déclaré jeudi Ashraf al-Qidreh, porte -parole du ministère de la Santé du Hamas.

"L'armée israélienne tire sur l'hôpital et répète au haut-parleur qu'ils doivent partir en menaçant de les bombarder".

Jeudi soir, c'est l'hôpital indonésien, au nord de la ville de Gaza, qui était, selon M. Qidreh, "violemment bombardé".

"Les générateurs ont été touchés, de même qu'une bonne part des bâtiments, nous sommes inquiets" pour les patients et soignants encore dans ses murs, ajoute-t-il.

Les images de la première évacuation d'Al-Chifa le 18 novembre avaient fait le tour du monde. Plus de 2.300 patients, personnels et déplacés y étaient rassemblés avant de devoir en partir dans des conditions dramatiques, à l'exception des malades et blessés intransportables.

Des bébés prématurés, notamment, n'avaient pas pu en être immédiatement extraits et avaient fait l'objet d'une opération particulière le lendemain pour être emmenés en Egypte.

Mercredi, lors d'une nouvelle évacuation, il a fallu près de 20 heures aux 14 ambulances du Croissant-Rouge et aux deux bus des Nations unies pour parcourir une trentaine de kilomètres, d'al-Chifa vers le sud de la bande de Gaza .

Les véhicules ont été "inspectés avec soin" à un barrage de l'armée israélienne, selon le Croissant-Rouge, qui dénonce une manœuvre dangereuse pour les 190 passagers-patients, proches et personnel soignant.

L'organisation précise que quatre personnes ont été arrêtées et qu'un ambulancier était toujours détenu jeudi.

Marcher de nuit

Waël Assid, 24 ans, a lui été évacué avec son père Khamiss Assid, 62 ans. Ils sont arrivés dans l'après-midi à l'hôpital Nasser de Khan Younès.

"On était au département de pneumologie (...) avec mon père", raconte-t-il à l'AFP, "pour visiter Imed, mon neveu blessé et son père Mahmoud, lui aussi blessé".

"Nous sommes partis hier soir de l'hôpital sans eux, car leur évacuation a été refusée", poursuit-il.

"Nous avons marché" jusqu'au dehors de l'immense complexe hospitalier, "un bulldozer militaire démolissait les maisons et les magasins sur l'avenue attenante", rapporte-t-il encore.

Le docteur Abou Salmiya avait raconté à l'AFP avoir reçu un "ordre" d'évacuation de son hôpital. L'armée israélienne assurait pour sa part avoir évacué l'établissement à sa "demande".

Depuis, l'armée israélienne a diffusé un enregistrement sonore présenté comme une conversation entre le Dr Abou Salmiya et un haut-gradé israélien, dans laquelle les deux hommes se renvoyaient la responsabilité de la demande d'évacuation.

L'armée israélienne a déjà annoncé avoir trouvé un tunnel de 55 mètres de long "utilisé pour le terrorisme" sous al-Chifa. Elle a également diffusé des images de vidéosurveillance prouvant, selon son porte-parole, que des otages y avaient été détenus. Le Hamas a répondu qu'ils y avaient été amenés pour des soins.

Dans un communiqué jeudi, le mouvement islamiste palestinien, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a déclaré "fermement" son arrestation et celle de ses collègues.

"Nous appelons le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations internationales à travailler à leur libération immédiate".


Guerre au Moyen-Orient: l'Iran accuse Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
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  • "Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X
  • "Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran.

Israël et les Etats-Unis ont mené une attaque conjointe le 28 février contre Téhéran, déclenchant la guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.

"Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X.

"Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté.

Et "quand il parle en anglais, il fait l'éloge du leadership du président américain", a-t-il indiqué, qualifiant M. Netanyahu de "serpent".

Au premier jour de la guerre, les frappes israélo-américaines ont tué le guide suprême iranien et de hauts responsables militaires. L'Iran a riposté par des attaques contre Israël et dans les pays du Golfe, alliés de Washington.

Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

Délaissant le volet militaire, les Etats-Unis disent vouloir accentuer la pression économique sur Téhéran.

L'Iran et les Etats-Unis ont cependant échangé des frappes dans la nuit de dimanche à lundi, après un mois d'accalmie.


L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie tiennent leur première réunion dans le cadre de l'Accord de La Mecque

De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
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  • Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque
  • M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions.=

DUBAÏ : Des hauts responsables d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan sont arrivés à Istanbul pour participer à leur première réunion dans le cadre de l’Accord de défense conjoint de La Mecque.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque, ajoutant que la création de ce bloc n’était dirigée contre aucun pays en particulier.

M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions. 

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, dirigeait la délégation saoudienne, accompagnée du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et d’autres hauts responsables, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le prince Faisal a ensuite rencontré son homologue turc, Hakan Fidan, en marge de la réunion. 

Les deux responsables ont fait le point sur les relations saoudo-turques et sur les moyens de les renforcer et de les développer au service de leurs intérêts mutuels. 

Ils ont également discuté des derniers développements régionaux et de la nécessité de déployer des efforts pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales.


Accord Liban-Israël: Beyrouth demande l'aide d'Athènes pour son application

Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.  "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis. "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
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  • Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées"
  • Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

ATHENES: Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.

"Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes.

"Nous demandons autant que possible l'assistance de la Grèce pour aider le Liban à le mettre en oeuvre" et "l'aide de la Grèce dans toutes les instances internationales", y compris "aux Nations unies", a-t-il ajouté.

L'accord conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre, qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées".

Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

"La Grèce, en tant qu'ami traditionnel à la fois du Liban et du monde arabe, et en même temps partenaire stratégique d'Israël, est prête à soutenir tout effort de désescalade et de compréhension mutuelle", a-t-il insisté, rappelant que son pays a envoyé de l'aide militaire et humanitaire au Liban.

La Grèce entretient historiquement de bonnes relations avec les pays arabes, en développant parallèlement ces dernières années une coopération étroite avec l'Israël en matière de sécurité et de défense.

Lundi, Athènes s'est félicité d'avoir signé un accord majeur avec Israël pour l'achat d'un système de défense antiaérienne d'environ trois milliards d'euros.