«Tu es en sécurité»: Israël se prépare à accueillir des otages

Un panneau publicitaire affichant des portraits d'Israéliens détenus en otages à Gaza depuis l'attaque du 7 octobre par des militants du Hamas et appelant à leur libération, photographié à Tel Aviv le 23 novembre 2023 (Photo, AFP).
Un panneau publicitaire affichant des portraits d'Israéliens détenus en otages à Gaza depuis l'attaque du 7 octobre par des militants du Hamas et appelant à leur libération, photographié à Tel Aviv le 23 novembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 novembre 2023

«Tu es en sécurité»: Israël se prépare à accueillir des otages

  • Du manuel sur le traumatisme psychique au soutien médical élémentaire, même les premiers mots des soldats, quand ils entreront en contact avec les enfants, ont été soigneusement choisis
  • Car les experts soulignent que les petits risquent de mettre longtemps à se remettre de cette terrible épreuve et qu'il convient, à tout le moins, de soigner la sortie

JÉRUSALEM: "Je suis un soldat des forces israéliennes et je suis ici pour te ramener chez toi. Tu es en sécurité". Israël se prépare avec méthode et précaution à récupérer ses premiers enfants otages, potentiellement traumatisés par leur détention et les conditions de leur enlèvement.

Du manuel sur le traumatisme psychique au soutien médical élémentaire, même les premiers mots des soldats, quand ils entreront en contact avec les enfants, ont été soigneusement choisis. Car les experts soulignent que les petits risquent de mettre longtemps à se remettre de cette terrible épreuve et qu'il convient, à tout le moins, de soigner la sortie.

Selon l'accord de trêve qui devait entrer en vigueur vendredi matin à 7H00 locales, un premier groupe de 13 otages sera libéré dans l'après-midi contre des prisonniers palestiniens, après sept semaines de captivité.

A la demande des autorités, des spécialistes des abus sur les enfants de l'institut Haruv de Jérusalem ont préparé des consignes sur la meilleure façon d'appréhender les mineurs à leur libération.

"Lorsque les soldats rencontrent l'enfant", souligne le manuel, "ils doivent se présenter poliment et tenir des propos rassurants du type: +je suis là pour m'occuper de toi+".

Les soins médicaux d'urgence mis à part, ils sont censés leur apporter la nourriture de leur choix, de la pizza au schnitzel de poulet. A défaut, ils doivent se présenter avec du pain, du fromage et des fruits.

Beaucoup d'entre eux ont perdu des proches.

Mais il n'appartient pas aux militaires de répondre de ce qu'il est advenu de leur frère, de leur soeur ou de leurs parents le 7 octobre, lorsque les combattants du mouvement islamiste palestinien du Hamas ont entrepris la pire attaque sur Israël depuis la fondation de l'Etat en 1948.

Et ce, même si les soldats connaissent la vérité. Car ils devront se cantonner à l'essentiel: "mon travail est de t'emmener en Israël, dans un endroit sûr, où des gens que tu connais répondront à toutes tes questions".

Evidemment, tout accès aux médias est interdit.

Le manuel s'appuie sur des expériences accumulées par le passé, notamment au Nigeria, avec les enfants enlevés par le groupe islamiste Boko Haram, explique Ayelet Noam-Rosenthal, une des auteures.

"Nous avons besoin d'éléments de langage commun" compatibles avec un traumatisme, estime-t-elle. "Nous devons tout faire pour ne pas provoquer de traumatisme supplémentaire".

Lieu «sombre et effrayant»

De nombreuses questions restent sans réponse sur le type de soutien dont les petits auront besoin.

"Personne ne sait si les enfants et les parents seront libérés séparément ou ensemble", explique ainsi Moty Cristal, un officier à la retraite. "On ne sait pas si les femmes ont été soumises à des violences sexuelles en captivité".

Et "compte-tenu de la nature des attaques, nous ne pouvons que nous préparer au pire".

Environ 240 personnes ont été enlevées le jour de l'attaque sur des postes militaires, des villages, des kibboutz et dans un festival de musique. L'AFP a confirmé les identités de 210 d'entre eux.

Au moins 35 sont des enfants, dont 18 ont moins de 11 ans. L'anniversaire de certains est intervenu en captivité.

"Des enfants ont été emportés juste après avoir vu leurs parents se faire brutalement assassiner", a déclaré à la presse locale Zion Hagai, président de l'Association médicale d'Israël.

Ils ont ensuite été emmenés. "Non seulement ils vivent ce traumatisme, mais ils l'expérimentent dans un lieu étrange, sombre et effrayant".

«Ca dépasse mon imagination»

Une des otages les plus jeunes s'appelle Kfir Bibas, un bébé de neuf mois, enlevé avec son frère Ariel et ses parents Yarden et Shiri dans le kibboutz Nir Oz, près de la frontière avec Gaza. Shiri apparait dans une vidéo, serrant ses enfants dans ses bras, entourée d'hommes armés.

Le manuel de l'institut Haruv et les experts soulignent que les professionnels de santé eux mêmes seront vulnérables.

Ofrit Shapira-Berman, psychanalyste et professeure de l'Université Hébraïque, a reçu en séance un adolescent qui, le 7 octobre, avait entendu ses soeurs hurler au téléphone avant d'être abattues.

Elle se souvient dans une vidéo postée sur le site d'un think-tank israélien: "je suis assise là et j'essaye de me servir de mon expérience pour l'aider".

"Ce garçon aura besoin de nous pour de nombreuses années", assure-t-elle. "Je fais au mieux et puis je sors et je commence à pleurer parce que ça dépasse mon imagination."


Incendie dans une raffinerie du Koweït après des attaques de drones

 Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne. (AFP)
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  • "La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités"
  • En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe

DUBAI: Un incendie s'est déclaré vendredi dans une raffinerie de la compagnie pétrolière nationale du Koweït après des attaques de drones, a indiqué l'agence de presse officielle koweïtienne.

"La raffinerie Mina Al-Ahmadi, appartenant à la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a été la cible tôt ce matin de plusieurs attaques hostiles de drones, provoquant des incendies dans certaines de ses unités", selon l'agence, après une attaque la veille sur cette infrastructure qui avait déjà provoqué un incendie.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël débutée le 28 février, Téhéran a intensifié ces derniers jours ses frappes sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.

L'attaque de vendredi sur la raffinerie Mina Al-Ahmadi n'a pas fait de victime mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, tandis que les pompiers tentent de contenir l'incendie, selon l'agence officielle koweïtienne.

Dans les autres pays du Golfe, les Emirats arabes unis ont dit vendredi répondre à des attaques de missiles et de drones, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

En Arabie saoudite, le ministre de la Défense saoudien a dit qu'en l'espace de deux heures, plus d'une douzaine de drones ont été "interceptés et détruits" dans l'est du pays et un autre dans le nord.

 

 


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
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  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.


L'Iran en passe d'être «décimé», assure Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
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  • L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu
  • "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures.

"Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium et qu'il n'a plus la capacité de produire des missiles balistiques", a déclaré M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d'abord dit que son objectif était d'éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu'il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.

D'après le Premier ministre israélien, l'arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd'hui fortement amoindri.

L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.

Si Washington n'a pas non plus fixé d'échéance à ses opérations militaires, le président Trump a assuré jeudi qu'il ne déployait "pas de troupes".

Raffineries touchées 

Conséquence des frappes massives jeudi sur des sites de production d'hydrocarbures dans le Golfe, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5% jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars.

Le gaz européen s'est lui envolé (jusqu'à +35%), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse tout comme le Dow Jones et le Nasdaq à New York.

Parmi les installations visées: Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des "dommages considérables", selon Doha.

Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%.

Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

L'Iran, qui dit viser le Golfe parce qu'il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Moratoire" 

Donald Trump a indiqué qu'Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, "sous le coup de la colère".

Israël a "agi seul", a confirmé Benjamin Netanyahu. "Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons", a déclaré le Premier ministre.

Donald Trump a toutefois menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont appelé jeudi à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant également toutes les parties à une "retenue maximale".

Si d'autres infrastructures sont visées, le baril "dépassera probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire", estime Aditya Saraswat, analyste à Rystad Energy.

Pour ajouter au marché pétrolier des millions de barils, Washington pourrait lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, mais uniquement celui qui est déjà stocké en mer sur des navires, selon le ministre des Finances Scott Bessent.

Dans la même optique, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole, comme annoncé mi-mars.

"Tensions" 

Au 20e jour de la guerre, l'Iran démontre conserver une importante capacité de frappe.

"Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain", a toutefois assuré Benjamin Netanyahu, qui a dit en outre ne pas vraiment savoir "qui dirige l'Iran en ce moment".

"Ce que nous constatons, c'est qu'il y a beaucoup de tensions parmi ceux qui se disputent le pouvoir", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Peu après ses déclarations, plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem à la suite du signalement d'une nouvelle salve de missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d'Ormuz reste bloqué quasi totalement par Téhéran.

Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule d'ordinaire par ce passage.

Après un appel américain qui était d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, le moment venu.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué en ce sens la possibilité d'un "cadre onusien" pour une future mission, après les hostilités.

Dans la capitale iranienne, rien ou presque ne suggérait jeudi un pays enlisé dans la guerre.

A la veille de Norouz, le Nouvel an persan habituellement célébré avec faste, le centre-ville était comme à l'accoutumée embouteillé, mais avec une présence des forces de sécurité plus importante que d'ordinaire.