«Catastrophe humanitaire monumentale» à Gaza, dénonce le chef de l'ONU

Des Palestiniens cuisinent parmi les maisons détruites lors des frappes israéliennes pendant le conflit dans le camp de réfugiés de Khan Younes. (Reuters)
Des Palestiniens cuisinent parmi les maisons détruites lors des frappes israéliennes pendant le conflit dans le camp de réfugiés de Khan Younes. (Reuters)
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Publié le Mercredi 29 novembre 2023

«Catastrophe humanitaire monumentale» à Gaza, dénonce le chef de l'ONU

  • Une reprise des combats entre Israël et le Hamas risquerait de provoquer «un désastre qui pourrait engloutir la région», a mis en garde le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi
  • Alors que la Chine a toujours soutenu une solution à deux Etats, il a espéré que la trêve en cours pourrait conduire à «un cessez-le-feu total et durable»

NATIONS UNIES: Malgré la trêve entre Israël et le Hamas, la population de Gaza vit "une catastrophe humanitaire monumentale", a dénoncé mercredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que le chef de la diplomatie chinoise alertait d'un risque que le conflit engloutisse la région.

Une reprise des combats entre Israël et le Hamas risquerait de provoquer "un désastre qui pourrait engloutir la région", a mis en garde le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, qui présidait une réunion du Conseil de sécurité.

Alors que la Chine a toujours soutenu une solution à deux Etats, il a espéré que la trêve en cours pourrait conduire à "un cessez-le-feu total et durable".

Tout comme le secrétaire général de l'ONU: "Des négociations intenses ont lieu pour prolonger la trêve -- ce dont nous nous félicitons sincèrement -- mais nous pensons que nous avons besoin d'un véritable cessez-le-feu humanitaire", a déclaré Antonio Guterres, rappelant que 80% de la population de Gaza a été déplacée depuis le début de la guerre.

"La population de Gaza vit au milieu d'une catastrophe humanitaire monumentale, sous les yeux du monde. Nous ne devons pas détourner les yeux", a-t-il martelé.

"Le système alimentaire s'est effondré et la faim se propage, en particulier dans le nord", a-t-il noté, soulignant également que la situation sanitaire est "atterrante" dans les abris, représentant "une grave menace à la santé publique".

"Le volume d'aide qui parvient aux Palestiniens à Gaza est toujours totalement insuffisant pour répondre aux besoins de plus de deux millions de personnes", notamment pour le carburant, a insisté le secrétaire général, réclamant à nouveau l'ouverture d'autres points de passage vers la bande de Gaza, en plus de celui de Rafah.

Répétant sa condamnation des "attaques odieuses du Hamas" du 7 octobre à l'origine de cette guerre, il a également réclamé la libération de tous les otages "immédiatement et sans condition".

"Nous devons nous assurer que les habitants de la région aient enfin un horizon d'espoir -- en allant de façon déterminée et irréversible vers une solution à deux Etats, sur la base des résolutions des Nations unies et du droit international, avec Israël et la Palestine vivant côte-à-côte en paix et en sécurité", a-t-il souligné.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a lui appelé le monde à faire en sorte que "les massacres ne puissent pas reprendre", en allusion à la trêve en vigueur, que le Hamas s'est dit prêt mercredi à prolonger de quatre jours.

"Notre peuple fait face à une menace existentielle. Ne vous y trompez pas. Avec toutes les discussions sur la destruction d'Israël, c'est la Palestine qui est visée par un plan pour sa destruction", a-t-il insisté, assurant que "le peuple palestinien est là pour rester".

"Israël devrait être convaincu du fait qu'aucune force sur Terre ne peut déraciner les Palestiniens de Palestine", a-t-il ajouté.

"Quiconque soutient un cessez-le-feu soutient en fait la poursuite du règne de la terreur du Hamas à Gaza", a estimé de son côté l'ambassadeur israélien à l'ONU Gilad Erdan.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".


L'Iran fait état d'un appel entre son chef de la diplomatie et le Premier ministre qatari

Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis. (AFP)
  • Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts"
  • Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est entretenu mercredi avec le Premier ministre du Qatar, selon la diplomatie iranienne, sur fond de cessez-le-feu fragilisé par de nouvelles frappes entre la République islamique et les Etats-Unis.

Lors de cette conversation téléphonique, Abbas Araghchi et Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani ont "souligné l'importance de l'utilisation des capacités diplomatiques (...) et ont insisté sur la nécessité de maintenir les contacts et la coordination afin d'éviter une escalade des tensions dans la région", a précisé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Qatar avait accusé mardi l'Iran d'avoir ciblé un de ses méthaniers au large des côtes d'Oman et convoqué le chargé d'affaires à Doha.