Dans l'attente de la prochaine action du Hezbollah, les tensions montent au Sud-Liban

Des combattants du Hezbollah se tiennent près d'une moto à quatre roues positionnée sur le site où des affrontements ont éclaté entre le Hezbollah et des combattants liés à Al-Qaïda à Wadi al-Kheil ou dans la vallée d'al-Kheil à la frontière libano-syrienne, le 29 juillet 2017. (Photo, AP)
Des combattants du Hezbollah se tiennent près d'une moto à quatre roues positionnée sur le site où des affrontements ont éclaté entre le Hezbollah et des combattants liés à Al-Qaïda à Wadi al-Kheil ou dans la vallée d'al-Kheil à la frontière libano-syrienne, le 29 juillet 2017. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 02 décembre 2023

Dans l'attente de la prochaine action du Hezbollah, les tensions montent au Sud-Liban

  • Slim a déclaré: «La loi ne permet pas de prolonger le mandat du commandant de l'armée après qu'il a atteint l'âge de la retraite»
  • La FINUL déclare que la priorité reste d'empêcher l'escalade, de protéger la vie des civils et d'assurer la sécurité de la force de maintien de la paix

BEYROUTH: La prochaine action du Hezbollah au Sud-Liban est restée une préoccupation majeure vendredi, alors que l'armée israélienne reprenait ses opérations militaires à Gaza.

L'agence de presse nationale libanaise a déclaré que deux personnes avaient été tuées dans la ville de Hula après que leur maison a été prise pour cible par Israël, identifiant les victimes comme Nasifa Mazraani et son fils Mohammed.

Le chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, devrait quitter ses fonctions dans 40 jours, alors que l'on craint une nouvelle escalade à la frontière méridionale avec Israël.

Le Conseil des ministres libanais intérimaire craint de ne pas être en mesure de trouver une solution au vide qui s'annonce au niveau du commandement militaire.

Le ministre de la Défense, Maurice Slim, a explicitement rejeté la prolongation du mandat de Joseph Aoun comme une exception à la règle, après sa rencontre avec le patriarche Bechara al-Rahi, vendredi.

Le patriarcat maronite et diverses factions politiques soutiennent la prolongation du mandat d’Aoun en tant que mesure temporaire jusqu'à l'élection d'un nouveau président.

Slim est affilié au Mouvement patriotique libre, qui rejette la prolongation du mandat d’Aoun.

Slim a déclaré: «La loi ne permet pas de prolonger le mandat du commandant de l'armée après qu'il a atteint l'âge de la retraite.»

«Les cas exceptionnels prévus par la loi ne s'appliquent pas à la situation actuelle et il est impossible de les ignorer quelles que soient les raisons», a-t-il précisé.

Al-Rahi a réagi en signalant que «la région est en feu et nous n'avons pas de président», selon des propos cités par le patriarcat.

Les habitants des zones frontalières, qui sont rentrés chez eux la semaine dernière après l'entrée en vigueur de la trêve, craignent que la situation ne se détériore au Sud-Liban.

De nombreuses personnes ont fui vers des zones plus sûres ce vendredi.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, environ 55 000 personnes ont été déplacées du Sud-Liban en raison des tensions qui y règnent.

Environ 52% des personnes déplacées sont des femmes.

Phosphore

Selon les statistiques locales, les hostilités sur le front sud ont entraîné la fermeture d'environ 52 écoles privées et publiques dans les villages frontaliers, où 6 000 élèves reçoivent leur éducation.

En outre, l'utilisation par Israël de bombes au phosphore a brûlé environ 460 hectares de forêts et plus de 20 000 oliviers.

Les forces israéliennes ont annoncé vendredi après-midi que leur système de défense avait intercepté un «objet volant suspect qui avait franchi la frontière en provenance du Liban».

Selon les rapports de sécurité, les avions de reconnaissance israéliens ont continué à voler dans le ciel du sud, en particulier au-dessus des villages et des villes proches de la frontière.

L'armée israélienne a mené une opération de ratissage avec des mitrailleuses moyennes autour du site israélien d'Al-Raheb, en face de la ville libanaise d'Aïta ach-Chab.

Andrea Tenenti, porte-parole de la FINUL, la force de maintien de la paix des Nations unies au Liban, a déclaré que les piliers de la résolution 1701 des Nations unies, adoptée il y a 17 ans pour résoudre la guerre de 2006 entre Israël et le Hamas, restaient valables.

Tenenti s'est exprimé alors que le personnel de la FINUL poursuivait ses tâches habituelles.

Il a souligné que la prévention de l'escalade, la protection de la vie des civils et la sécurité de la force de maintien de la paix restaient des priorités.

Tenenti a insisté sur le fait que la FINUL, dirigée par le général de division Aroldo Lazaro, s'employait activement à réduire les tensions et à prévenir le risque d'un conflit plus large par des pourparlers avec Israël et le Liban.

Les réunions rassemblent des officiers des parties libanaise et israélienne sous la supervision des Nations Unies, représentées par la FINUL.

Le 8 octobre, le Hezbollah a ouvert un second front dans le sud du Liban pour soutenir la résistance dans la bande de Gaza.

Cette action constitue une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui interdit la présence de toute entité armée dans la région, à l'exception de l'armée libanaise et de la FINUL.

Le député Pierre Bou Assi, des Forces libanaises, a déclaré que la résolution 1701 a été publiée après que toutes les parties, y compris le Hezbollah, l'ont approuvée.

Il a indiqué que sa mise en œuvre devrait être naturelle et intuitive et qu'il est nécessaire d'y adhérer afin de prévenir la guerre au Liban.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump dit ne pas penser que le guide suprême iranien soit mort

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
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  • Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei
  • Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

WASHINGTON: Donald Trump a dit mercredi qu'il "ne pensait pas" que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui n'a pas été vu en public depuis fin février, "soit mort".

"Il a été très sérieusement blessé mais je ne pense pas qu'il soit mort", a dit le président américain pendant un entretien avec un animateur conservateur, Glenn Beck.

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei.

Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

Cette discrétion, en plein conflit régional, a donné lieu à des spéculations à la fois sur son état de santé et sur ses relations avec d'autres hauts responsables iraniens.


Oman et Téhéran négocient la régulation du détroit d'Ormuz sans déblocage en vue

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  • Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre"
  • Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte

TEHERAN: Oman et Téhéran discutent d'un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et de son déminage mais les autorités iraniennes ont prévenu mercredi que le passage stratégique ne serait pas ouvert avant que les Etats-Unis ne mettent fin à la guerre.

Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, qui est au cœur de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit dure depuis près de six mois, Washington a intensifié la pression économique avec un nouveau train de sanctions "secondaires" annoncé cette semaine, touchant non pas directement l'Iran mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

A Mascate, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage, selon un communiqué conjoint.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre".

Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné mardi sur X que lors de négociations avec les partenaires omanais et pakistanais, "l'accent a été mis sur des solutions régionales". "Le cadre proposé pour un nouveau corridor, le déminage conjoint et la gestion future du détroit d'Ormuz en sont une parfaite illustration".

Mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a prévenu Washington tôt mercredi sur X: "Avant toute action visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l'ensemble des engagements qu'ils ont violés".

"Le détroit d'Ormuz ne sera rouvert qu'en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts, de la levée du blocus et d'un règlement de la situation au Yémen."

Il a ajouté que la réponse de l'Iran aux sanctions américaines serait de "viser leurs intérêts économiques".

"Mines retirées", selon Trump 

Sur son réseau social, Donald Trump avait, lui, affirmé que, selon la marine américaine, "toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz".

"L'Iran a été informé que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines (serait) (...) détruit", a-t-il ajouté.

Plus tôt, il avait assuré que le détroit était sous contrôle américain - ce que Téhéran a démenti - et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait "en travers" de la route des Etats-Unis sur Ormuz.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a dit lundi la volonté de Washington de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran

En Iran, déjà éprouvé par des décennies de sanctions internationales, de nombreux automobilistes et motards se sont pressés mardi dans les stations-service de Téhéran.

Malgré les informations toujours contradictoires, les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi dans un regain d'optimisme, le Brent s'installant sous les 90 dollars.

La guerre a été déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui a riposté en frappant des pays alliés de Washington dans la région et en verrouillant le détroit d'Ormuz.

Au cœur du conflit, le stratégique détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Washington mène en retour un blocus des ports iraniens.

Téhéran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit.


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
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  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.