Mort de Thomas: derrière les rassemblements, l'ombre des zemmouristes

Des manifestants se rassemblent pour rendre hommage à Thomas, un adolescent décédé le 19 novembre 2023 à Crépol après avoir été blessé au couteau lors d'un bal dans ce petit village de la Drôme, lors d'un rassemblement à l'appel du groupe d'ultra-droite français "Les Natifs", place du Panthéon à Paris, le 1er décembre 2023. (Photo de Geoffroy Van Der Hasselt AFP)
Des manifestants se rassemblent pour rendre hommage à Thomas, un adolescent décédé le 19 novembre 2023 à Crépol après avoir été blessé au couteau lors d'un bal dans ce petit village de la Drôme, lors d'un rassemblement à l'appel du groupe d'ultra-droite français "Les Natifs", place du Panthéon à Paris, le 1er décembre 2023. (Photo de Geoffroy Van Der Hasselt AFP)
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Publié le Samedi 02 décembre 2023

Mort de Thomas: derrière les rassemblements, l'ombre des zemmouristes

  • Dans la classe politique, le parti d'Eric Zemmour est désormais le seul qui refuse de condamner ces rassemblements qui se sont multipliés depuis une semaine
  • Le RN prend soigneusement ses distances avec ces rassemblements dominés par les groupuscules d'ultradroite

PARIS : Les appels à manifestations après la mort du jeune Thomas sont largement suivis par les troupes d'Eric Zemmour, qui en sont parfois à l'initiative, quand le RN prend soigneusement ses distances avec ces rassemblements dominés par les groupuscules d'ultradroite.

Les manifestants qui ont défilé encagoulés, le week-end dernier à Romans-sur-Isère (Drôme), dans le but d'en découdre avec les jeunes d'un quartier, sont «des zozos», avait tranché mercredi Marion Maréchal, tête de liste zemmouriste pour les Européennes. Certes, la manifestation était «stupide», avait-elle poursuivi, mais elle «n'a abouti à aucune violence réelle»: «c'est pas ça qui va faire trembler la France».

Dans la classe politique, le parti d'Eric Zemmour est désormais le seul qui refuse de condamner ces rassemblements qui se sont multipliés depuis une semaine. Après avoir botté en touche, le patron de LR, Eric Ciotti, avait finalement «condamné», à l'image des peines prononcées par la Justice à l'encontre de plusieurs auteurs de violence lors de ces attroupements.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a par ailleurs demandé la dissolution de trois groupuscules d'ultradroite soupçonnés d'être à l'initiative de ces heurts.

La mouvance d'ultradroite? «Une catégorie fourre-tout où l'on met l'extrême droite extraparlementaire, activiste, ce qui ne signifie pas nécessairement terroriste, tout ce qui est à droite du RN», résume le chercheur Jean-Yves Camus.

De quoi déclencher l'ironie de Marion Maréchal: «La gigadroite!», lance-t-elle à plusieurs reprises lors d'un entretien sur RTL, mercredi, quand Eric Zemmour estime qu'il s'agit d'un «ultra foutage de gueule des médias et de la classe politique».

- Militants de Génération Z -

Car «les ultras peuvent avoir des accointances avec des partis et singulièrement chez Eric Zemmour», note auprès de l'AFP une source sécuritaire, alors que les liens entre les auteurs d'appels à manifester et Reconquête! se multiplient.

Lundi, c'est la fédération locale de l'Isère du parti zemmouriste qui a elle-même organisé un «rassemblement citoyen apolitique» en mémoire de Thomas.

A Bordeaux, Lille ou Paris, à l'occasion de rassemblements organisés cette fois par le syndicat étudiant UNI ou le groupuscule «Les natifs» - et finalement interdits par les préfets -, Reconquête! avait appelé ses sympathisants à grossir les rangs.

Dans la préfecture de Gironde, l'appel à manifestation avait également été relayé par le groupuscule «La Bastide bordelaise», successeur du groupe dissous «Bordeaux nationaliste», dont l'un des membres avait expliqué au printemps, lors d'un procès pour violences à caractère raciste, avoir été «emballé par le candidat Zemmour à la présidentielle» et avoir «milité à Génération Z», la branche jeune de Reconquête!.

«Nos militants défendront la mémoire de Thomas partout où ils le pourront. Tant pis si nous sommes seuls au sein de la classe politique, c’est là qu'est notre place», assume le patron de Génération Z, Stanislas Rigault, qui note par ailleurs que «les rassemblements n'ont pas débordé» et que, le cas échéant, les zemmouristes n'en seraient pas «comptables».

Dans le Nord, toutefois, si la fédération locale de Reconquête! a appelé ses sympathisants à défiler, une consigne prudente a été donnée: «ne pas porter de signes probants d'appartenance au parti».

- «Ça peut être des dingues» -

En creux, les troupes du candidat malheureux à la présidentielle (7,07%) entendent approfondir une stratégie d'agit-prop notamment explorée cet hiver contre des projets de centres d'accueil de réfugiés à Callac (Côtes-d'Armor) ou à Saint-Brevin (Loire-Atlantique), où le maire avait fini par démissionner après l'incendie de sa maison.

Les manifestations «en mémoire de Thomas» peuvent-elles permettre de les relancer, alors que Marion Maréchal est à la peine dans les sondages? «Nous ne faisons pas ça dans un but électoral», balaie Stanislas Rigault.

«Plus la situation est tendue, plus les gens ont peur du chaos, plus les agités, les excités, les Cassandre sont rejetés», estime pour sa part le député RN Jean-Philippe Tanguy. Le parti lepéniste, toujours plus soucieux de dédiabolisation, a demandé de ne pas participer aux rassemblements, principe de précaution oblige: «Si on ne sait pas qui organise, ça peut être des dingues», explique un parlementaire.

«C'est bien la preuve que leurs cadres étaient tentés d'y aller», sourit Stanislas Rigault, selon qui, «dans les rassemblements, il n'y a pas que les électeurs Reconquête!: ceux qui votent RN ou LR s'y rendent aussi».


Canicule : énième journée écrasée par la chaleur avant une amélioration progressive

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, témoigne des effets de la nouvelle vague de chaleur qui frappe l’Europe centrale. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, témoigne des effets de la nouvelle vague de chaleur qui frappe l’Europe centrale. (AFP)
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  • Canicule : 75 départements restent en vigilance orange, avant une baisse des températures ce week-end

PARIS: La fraîcheur au bout du tunnel ? Une grande partie du pays fait face vendredi à une énième journée de canicule, qui met sous tension les corps et les esprits, asséchant aussi des territoires soumis au risque d'incendies, avant une baisse des températures prévues ce week-end.

A 6H00, le Finistère, les Côtes-d'Armor, la Manche et le Calvados sont repassés en vert, tandis que l'Ille-et-Vilaine a été rétrogradé en jaune par Météo-France, mais 75 départements restent en vigilance orange canicule.

"Vendredi, ces températures caniculaires se décaleront progressivement un peu plus vers l'est", a souligné le service de météorologie, permettant "d'amorcer une évolution vers une baisse progressive des températures sur le Nord-Ouest".

Débutée le 28 juillet, cette vague de chaleur a dépassé en durée celle de 2003, avec 17 jours de fortes chaleurs, a annoncé jeudi Météo-France.

Jeudi après-midi, Lauren, 31 ans, a "très chaud" devant un kiosque à journaux du centre de Paris d'où elle sort munie d'un petit trésor vert : un ventilateur portable qui vaporise de l'eau.

Il fait 37°C.

"C'est notre premier jour ici, nous n'avions pas réalisé à quel point il ferait chaud", reconnaît cette touriste venue de Manchester, en Angleterre.

Pascal Knittel a "la chance" de travailler "dans un cabinet climatisé". "Comme tout le monde", ce sexagénaire en a marre des canicules, "mais on s'adapte".

"C'est le réchauffement climatique, il faut en prendre conscience et il faut surtout prendre les mesures adaptées. Je pense qu'enfin les gens vont se réveiller", espère cet habitant d'Epinal (Vosges), qui vient régulièrement dans la capitale.

Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues. Ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

- Incendie dans les Landes -

Avec un été 2026 brûlant et une sécheresse marquée qui favorise les incendies, les sapeurs-pompiers luttent depuis le début de la saison estivale contre les flammes sur une grande partie du territoire. Elles ont parcouru au moins 120.000 hectares, selon les estimations provisoires des autorités.

"Très déçus" par les promesses du ministre de l'Intérieur auquel ils sont venus réclamer jeudi plus de moyens, les sapeurs-pompiers professionnels ont appelé à la mobilisation nationale en septembre.

Laurent Nuñez a promis de leur présenter le 8 septembre un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile très attendu.

Sur le terrain, les soldats du feu ne peuvent pas baisser la garde.

Dans les Landes, un feu a parcouru 600 hectares dans une parcelle de forêt de pins et provoqué 500 évacuations.

Vers minuit, les flammes étaient à quelques centaines de mètres de Luglon, petit bourg situé à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Biscarrosse, théâtre d'un incendie qui a ravagé 3.700 hectares fin juillet, et à une centaine de kilomètres au sud du mégafeu qui a parcouru plus de 40.000 hectares au même moment dans la Gironde voisine.

A Guérande, près du littoral très touristique de la Loire-Atlantique, un feu de végétation, "fixé", a provoqué jeudi l'évacuation d'environ 2.000 campeurs, selon la préfecture.

Sur la côte du Pas-de-Calais, les incendies qui sévissent depuis mercredi dans une zone naturelle touristique sont "contenus" mais toujours "non fixés", trois pompiers ayant été légèrement blessés, d'après les services de l'Etat.

Quatre départements sont vendredi au niveau "très élevé", le plus haut, de "danger feux" - Mayenne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire et Indre - et 57 autres au niveau "élevé", selon la Météo des forêts.

Une grande partie du pays fait l'objet de mesures de restrictions des usages de l'eau, 72 départements étant en situation de "crise" au regard de la sécheresse, selon le site gouvernemental VigiEau.

A ce stade, cette vague de chaleur est la troisième la plus longue jamais enregistrée dans le pays, derrière juillet 2006 (21 jours) et juillet 1983 (23 jours).

Elle est aussi la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.


Besançon: trois personnes gravement blessées par arme à feu

Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté
  • Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical

BESANCON: Trois hommes âgés de 19, 20 et 40 ans ont été grièvement blessés par arme à feu, mercredi soir dans la rue à Besançon, mais leur pronostic vital n'est plus engagé, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Des hommes se trouvaient devant une épicerie, dans le quartier populaire de Planoise, lorsqu'un véhicule est arrivé avec à son bord plusieurs individus qui ont tiré dans leur direction, avec deux armes différentes, selon les premiers éléments de l'enquête de police, a indiqué à l'AFP le parquet de Besançon.

Deux hommes âgés de 20 et 40 ans ont été blessés par balles et pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé, mercredi à 23 heures, selon les pompiers.

Une troisième homme, également blessé par arme à feu s'est rendu de lui-même au CHU de Besançon où il a été hospitalisé avec un pronostic vital engagé, ont-ils ajouté.

Les victimes sont toujours hospitalisées jeudi matin, mais le parquet de Besançon a indiqué à l'AFP que les pronostics vitaux n'étaient plus engagés, après un nouveau bilan médical.

"Aucun suspect n'a été interpellé pour le moment", a précisé le parquet.

Deux armes auraient été utilisées lors de la fusillade: une arme de type kalachnikov avec un calibre 7,62 et un fusil utilisant des munitions type chevrotine.

Les enquêteurs explorent "toutes les pistes", dont "l'hypothèse d'un règlement de compte lié au trafic de stupéfiants", précise le parquet.

La gendarmerie du Doubs a retrouvé un véhicule incendié à Montferrand-le-Château, près de Besançon, qui pourrait être celui des auteurs. Des constatations sont en cours.

L'enquête a été confiée aux policiers de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Besançon.


«A bout», les pompiers reçus au ministère de l'Intérieur pour réclamer des moyens

Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies. (AFP)
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  • "On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers
  • Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle

PARIS: Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels doivent être reçus jeudi midi place Beauvau par le ministre de l'Intérieur, auquel ils entendent rapporter la colère des soldats du feu, qui demandent davantage de moyens et d'hommes en pleine saison des incendies.

Les neufs syndicats représentatifs des services d'incendie et de secours (Sdis), réunis en intersyndicale, seront reçus par Laurent Nuñez "dans le contexte de la lutte contre les feux de forêt", a-t-on confirmé dans l'entourage du ministre.

Dans un communiqué commun, l'intersyndicale des pompiers dénonce la "dégradation continue des conditions d'exercice des missions de Sécurité civile", qui se traduit par des "effectifs insuffisants", des "moyens à la traîne", ou encore des "équipements vieillissants".

La France compte quelque 44.000 pompiers civils professionnels, auxquels s'ajoutent 200.000 volontaires dans les Sdis et un peu plus de 13.000 militaires à Paris et Marseille.

"La colère gronde" chez les pompiers professionnels, dont "les personnels sont à bout", ajoutent les syndicats, qui ont prévu une conférence de presse à l'issue de la rencontre.

"On attend des engagements clairs. Ca fait des années qu'on nous trimballe", prévient auprès de l'AFP David Saquet, d'Unsa Sapeurs-pompiers.

Le responsable syndical fait référence au "Beauvau de la sécurité civile", une concertation de douze mois lancée mi-2024 qui devait déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation d'un système jugé à bout de souffle, avec des financements supplémentaires à la clé, mais resté lettre morte pour l'heure.

"On ne veut pas être qualifiés de héros, on veut qu'on nous donne des moyens", explique à l'AFP Ludovic Goblet, vice-président de la Spasdis-CFTC.

A l'unisson, les syndicats demandent que "l'Etat ouvre le robinet" du financement, aujourd'hui assumé par les collectivités, et qu'il lance un "recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels".

"Les feux de forêt cet été, qui ont été d'une ampleur exceptionnelle mais qui vont devenir la norme, ont démontré qu'on va droit dans le mur", juge Ludovic Goblet.

Quelque 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'été, selon les estimations provisoires des autorités.

"Il y a eu un Beauvau de la sécurité civile, des conclusions doivent en être tirées. Mais (...) il y a aussi beaucoup de moyens qui ont été mis sur la table ces dernières années, en particulier ces trois dernières, où on a purement et simplement doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers", a opposé mardi Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

"C'est parce qu'on a ce niveau de soutien, ce niveau de moyens, qu'on arrive beaucoup plus que dans d'autres pays européens comparables à éteindre les incendies plus vite", a-t-il ajouté.

Des déclarations froidement accueillies par les syndicats avant d'être reçus à Beauvau.