La Maison Blanche «à court d'argent» pour aider l'Ukraine

La directrice du Bureau de la gestion et du budget, Shalanda Young (Photo, AFP).
La directrice du Bureau de la gestion et du budget, Shalanda Young (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 05 décembre 2023

La Maison Blanche «à court d'argent» pour aider l'Ukraine

  • L'Ukraine a reconnu l'échec de sa contre-offensive estivale
  • La Maison Blanche tient à assurer le financement de l'aide à l'Ukraine au moins jusqu'à la présidentielle de novembre 2024

WASHINGTON: "Nous sommes à court d'argent et bientôt à court de temps": selon la Maison Blanche, l'aide militaire américaine à l'Ukraine pourrait être coupée net dans les prochaines semaines, faute d'accord budgétaire avec l'opposition républicaine.

"Si le Congrès n'agit pas, d'ici la fin de l'année nous serons à court de ressources pour livrer plus d'armes et d'équipements à l'Ukraine et pour fournir du matériel venant des stocks militaires américains", a écrit par ailleurs la directrice du Budget de la Maison Blanche Shalanda Young, dans un courrier adressé à Mike Johnson, patron de la Chambre des représentants, à majorité républicaine.

Lequel lui a renvoyé sèchement la balle sur le réseau social X (anciennement Twitter): "L'administration Biden est incapable de répondre aux inquiétudes légitimes (des conservateurs) de mon groupe parlementaire sur l'absence de stratégie claire pour l'Ukraine, sur une issue au conflit, ou sur la manière de superviser l'emploi de l'argent des contribuables américains."

Le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, Jake Sullivan, a affirmé ensuite lors d'une conférence de presse que "le Congrès doit décider s'il faut continuer à soutenir le combat pour la liberté en Ukraine (...), ou s'il ignorera les leçons que nous avons apprises de l'Histoire et permettra (au président russe Vladimir) Poutine de l'emporter".

La lettre de Shalanda Young est publiée au moment où l'Ukraine a reconnu l'échec de sa contre-offensive estivale, et alors que la Russie lance des assauts répétés en particulier contre la ville d'Avdiïvka, dans l'est du pays.

"Il n'y a pas de financement magique disponible pour faire face à l'urgence. Nous sommes à court d'argent et bientôt à court de temps", assène Shalanda Young dans son courrier.

Le président démocrate Joe Biden avait demandé le 20 octobre au Congrès de voter une enveloppe exceptionnelle de plus de 100 milliards de dollars pour répondre aux urgences du moment, à savoir aider Israël et l'Ukraine, tenir tête à la Chine et répondre aux arrivées de migrants à la frontière sud.

Sur ce montant, plus de 60 milliards de dollars doivent aller à l'Ukraine, dont les Etats-Unis sont de loin le premier soutien depuis l'invasion par la Russie à la fin du mois de février 2022.

«C'est maintenant»

"Ce n'est pas un problème pour l'année prochaine. C'est maintenant qu'il faut aider l'Ukraine démocratique à se battre contre l'agression russe", conclut la directrice du Budget.

La Maison Blanche tient à assurer le financement de l'aide à l'Ukraine au moins jusqu'à la présidentielle de novembre 2024, qui pourrait bien opposer de nouveau Joe Biden à l'ancien président Donald Trump.

Vladimir "Poutine ne s'engagera pas vers la paix avant de voir le résultat de notre élection", confiait récemment un haut responsable de la diplomatie américaine.

Poutine ne veut pas de «répressions massives» comme sous l'URSS

"Quand nous parlons des victimes des répressions politiques, nous évoquons des personnes très différentes. Il y a ceux qui, en effet, étaient des opposants au système soviétique et ceux qui étaient des soutiens et se sont retrouvés derrière les barreaux pour diverses raisons politiques internes", a-t-il déclaré.

"Il y avait des gens complètement là par hasard. Tout ça, c'est important, mais pour nous, le plus important est que tout cela ne se reproduise pas dans l'histoire de notre pays, car cela a eu un préjudice immense et difficile à réaliser pour notre peuple et notre Etat", a-t-il poursuivi, cité par l'agence Interfax.

"Une telle absence de droits pour décider du sort des gens, c'est inacceptable si nous voulons que notre pays ait un avenir", a ajouté M. Poutine, qui s'exprimait pendant une réunion du Conseil pour les droits humains, un organe consultatif rattaché au Kremlin.

Depuis l'offensive de l'armée russe contre l'Ukraine, fin février 2022, la justice punit sévèrement les citoyens s'opposant au conflit, en mots ou en actes. Des milliers de Russes ont été condamnés pour ce motif à des amendes ou de lourdes peines de prison.

Les Etats-Unis se trouvent depuis des mois dans le plus grand flou budgétaire, en raison de turbulences parlementaires à n'en plus finir.

Le Congrès de la première puissance mondiale - composé du Sénat à majorité démocrate et de la Chambre des représentants à majorité républicaine - n'a toujours pas voté de budget pour l'année fiscale entamée le 1er octobre dernier.

L'Etat fédéral fonctionne pour l'instant grâce à une rallonge d'urgence qui expirera à la mi-janvier.

Lorsque Joe Biden avait demandé, très solennellement, son énorme enveloppe budgétaire, la Chambre des représentants se trouvait en plein chaos pour cause de dissensions au sein du parti républicain.

Elle s'est depuis dotée d'un chef, ou "speaker", Mike Johnson, ce qui a permis la reprise des débats budgétaires.

Lesquels s'annoncent donc ardus.

Le patron des députés conservateurs demande, en échange du soutien à une nouvelle enveloppe pour l'Ukraine, un net durcissement de la politique migratoire face aux arrivées de migrants à la frontière avec le Mexique.

"Les élus républicains à la Chambre veulent que tout financement supplémentaire de notre sécurité nationale commence par notre propre frontière", a indiqué lundi Mike Johnson.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.