Salves de roquettes contre l'ambassade américaine à Bagdad

Une vue de la zone verte de Bagdad. (Reuters)
Une vue de la zone verte de Bagdad. (Reuters)
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Publié le Samedi 09 décembre 2023

Salves de roquettes contre l'ambassade américaine à Bagdad

  • Les factions pro-Iran justifient leurs attaques en pointant du doigt le soutien apporté par Washington à Israël dans sa guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza
  • En représailles des attaques des groupes pro-Iran, le Pentagone a déjà effectué plusieurs frappes contre des combattants en Irak

BAGDAD: Des salves de roquettes ont été tirées vendredi à l'aube contre l'ambassade américaine dans la capitale irakienne Bagdad sans faire de blessés, illustrant le risque d'escalade régionale après deux mois de guerre entre Israël et le Hamas palestinien.

Cette attaque, pas revendiquée dans l'immédiat, est la première rapportée contre l'ambassade américaine à Bagdad depuis que des groupes armés pro-Iran ont commencé à lancer à la mi-octobre des frappes similaires contre les soldats américains ou les forces de la coalition internationale antidjihadistes, en Irak ou en Syrie voisine.

Aux environs de 04H15 (01H15 GMT), "l'ambassade américaine a été attaquée par deux salves de roquettes", a indiqué un porte-parole de l'ambassade américaine dans un communiqué envoyé à l'AFP, précisant qu'aucune victime n'avait été signalée.

Le porte-parole a pressé le gouvernement irakien de "faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger" le personnel diplomatique et la coalition internationale, estimant que l'attaque portait la marque "des milices alignées sur l'Iran, qui opèrent librement en Irak".

"Nous nous réservons le droit d'auto-défense et de protéger notre personnel n'importe où dans le monde", a-t-il rappelé.

Les factions pro-Iran justifient leurs attaques en pointant du doigt le soutien apporté par Washington à Israël dans sa guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, déclenchée le 7 octobre par une attaque meurtrière sans précédent du mouvement islamiste sur le sol israélien.

Les Etats-Unis «condamnent fermement» les attaques visant leur ambassade à Bagdad

"Les nombreuses milices alignées sur l'Iran qui opèrent librement en Irak menacent la sécurité et la stabilité de l'Irak, nos soldats et nos partenaires dans la région", a affirmé le département d'Etat américain dans un communiqué.

Des salves de roquettes ont été tirées vendredi à l'aube contre l'ambassade américaine située dans l'ultrasécurisée Zone verte de la capitale irakienne sans faire de blessés, illustrant le risque d'escalade régionale après deux mois de guerre entre Israël et le Hamas palestinien.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, est la première rapportée contre l'ambassade depuis que des groupes armés pro-Iran ont lancé à la mi-octobre des frappes similaires contre les soldats américains ou les forces de la coalition internationale antijihadiste, en Irak ou en Syrie voisine.

Exercice d'équilibriste

En représailles des attaques des groupes pro-Iran, le Pentagone a effectué plusieurs frappes contre des combattants en Irak, mais aussi en Syrie contre des sites liés à l'Iran.

Vendredi, le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani a appelé les forces de l'ordre à retrouver les auteurs des tirs de roquettes contre l'ambassade américaine.

"Nos forces de sécurité et les agences gouvernementales (...) continueront à protéger les missions diplomatiques", a-t-il promis.

Porté au pouvoir par une majorité parlementaire pro-Iran, le gouvernement Soudani est contraint de se livrer à un délicat exercice d'équilibriste pour préserver les liens stratégiques unissant son pays à Washington.

Vendredi soir, le Cadre de coordination, la coalition majoritaire au Parlement, rassemblant partis pro-Iran et poids lourds du Hachd al-Chaabi, les anciens paramilitaires intégrés aux forces régulières, a dénoncé l'attaque contre l'ambassade.

La coalition affirme vouloir "préserver la sécurité des missions diplomatiques", et rejeter "toute attaque terroriste visant la sécurité et la souveraineté du pays".

Plus tôt, le responsable militaire américain avait lui aussi confirmé des tirs de roquettes contre les forces américaines et de la coalition à proximité de la base Union III dans la Zone verte, secteur abritant institutions gouvernementales et ambassades.

Au total, Washington a recensé au moins 84 attaques en Irak et en Syrie, menées contre ses troupes depuis le 17 octobre, dix jours après le début de la guerre entre Israël et Hamas, selon un bilan actualisé fourni par ce responsable.

Nébuleuse de combattants

La mission de l'ONU en Irak a condamné l'attaque contre la représentation américaine.

"L'Irak ne peut pas se permettre de se laisser entraîner dans un conflit plus large, qui menacerait une stabilité chèrement acquise", selon un communiqué.

Vendredi soir à Erbil, capitale du Kurdistan autonome, un "drone explosif" a aussi heurté un "bâtiment civil" sans faire de blessés, selon les services antiterroristes de la région, qui ne donnent pas plus de détails.

La plupart des attaques de ces dernières semaines ont été revendiquées par la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse formée par des combattants enrôlés dans des groupes affiliés au Hachd.

Washington a déjà bombardé ces combattants à trois reprises en Irak, notamment le 3 décembre dans la province de Kirkouk (nord).

La coalition antijihadiste avait alors dit avoir tué dans un bombardement "cinq combattants qui s'apprêtaient à lancer un drone d'attaque".

La veille de la frappe de Kirkouk, lors d'un appel avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, le Premier ministre irakien avait insisté sur "le refus de l'Irak de toute attaque visant le territoire irakien".


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
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  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
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  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.