Appel de l’ONU à un cessez-le-feu à Gaza: craintes d’un veto américain avant le vote

Des membres de la 6e brigade d’infanterie de l’armée israélienne participent à un exercice de coordination près du moshav Kidmat Tsvi, sur le plateau du Golan annexé par Israël. (AFP)
Des membres de la 6e brigade d’infanterie de l’armée israélienne participent à un exercice de coordination près du moshav Kidmat Tsvi, sur le plateau du Golan annexé par Israël. (AFP)
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Publié le Vendredi 08 décembre 2023

Appel de l’ONU à un cessez-le-feu à Gaza: craintes d’un veto américain avant le vote

  • La résolution, rédigée par l’Organisation de la coopération islamique et le groupe arabe à l’ONU, a été soumise par les Émirats arabes unis
  • Le représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONU, Abdelaziz Alwasil, espère que les États-Unis permettront l’adoption de la résolution vendredi

NEW YORK: Tous les regards seront rivés sur les États-Unis lors de la réunion tenue par le Conseil de sécurité de l’ONU vendredi. En effet, les quinze membres de ce conseil doivent voter sur un projet de résolution qui exige un cessez-le-feu immédiat à Gaza.

Cependant, Robert Wood, représentant permanent suppléant des États-Unis auprès de l’ONU, indique que Washington continue de rejeter la nécessité d’une action supplémentaire de la part du conseil «pour le moment».

La résolution a été rédigée par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et le groupe arabe à l’ONU. Elle a été soumise par les Émirats arabes unis, qui occupent actuellement le siège arabe au conseil.

Le texte, consulté par Arab News, exige «un cessez-le-feu humanitaire immédiat» à Gaza et «la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages, ainsi que la garantie d’un accès humanitaire».

Il exprime «de graves préoccupations face à la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza et aux souffrances de la population palestinienne». Il soutient que «les populations palestiniennes et israéliennes doivent être protégées conformément au droit humanitaire international».

Ce vote intervient après une décision constitutionnelle spectaculaire prise mercredi par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lorsqu’il a invoqué l’un des rares pouvoirs que lui confère la charte des Nations unies en appelant le Conseil de sécurité à exiger un cessez-le-feu pour éviter une catastrophe humanitaire à Gaza. Une telle hypothèse pourrait avoir «des répercussions potentiellement irréversibles sur l’ensemble des Palestiniens, la paix et la sécurité dans la région».

Dans une lettre adressée au conseil, il déclare que plus de huit semaines de combats avaient «entraîné des souffrances humaines, des dégâts matériels et des traumatismes collectifs épouvantables à travers Israël et les territoires palestiniens occupés».

M. Wood soutient que la position de Washington sur la question demeure inchangée malgré l’appel historique du secrétaire général à un cessez-le-feu immédiat. «Nous ne pensons pas qu’une autre initiative du Conseil de sécurité puisse être utile à la situation à l’heure actuelle», affirme M. Wood.

Son pays se concentre actuellement sur «une diplomatie difficile et sensible pour obtenir la libération d’un plus grand nombre d’otages, l’acheminement de l’aide vers Gaza et une meilleure protection des civils», ajoute-t-il.

Les États-Unis tentent de persuader les autorités israéliennes de repenser leur approche afin que le ciblage des installations du Hamas et des dirigeants du groupe soit plus précis, précise M. Wood. Ce processus nécessite du temps, ajoute-t-il, tout en s’inquiétant du nombre de Palestiniens tués et blessés. Il est cependant convaincu que les autorités israéliennes écouteront les appels américains.

Le représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’ONU, Abdelaziz Alwasil, espère que les États-Unis, l’un des cinq pays qui détiennent le droit de veto au Conseil de sécurité, permettront l’adoption de la résolution vendredi.

Accompagné de 57 représentants de l’OCI et du groupe arabe, il précise qu’une délégation ministérielle arabe de huit membres, habilitée par le sommet de Riyad du 11 novembre et dirigée par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivée jeudi matin à Washington. Elle participera à des réunions avec des membres du Congrès et des représentants de l’administration du président Joe Biden, parmi lesquels le secrétaire d’État, Antony Blinken, et ils «feront pression afin que la résolution présentée par le groupe arabe soit acceptée».

Riyad Mansour, l’observateur permanent de l’État de Palestine auprès de l’ONU, espère «sincèrement» que le Conseil de sécurité adoptera la résolution et «partagera la position courageuse du secrétaire général, qui donne une idée sur la situation dangereuse dans la bande de Gaza».

Interrogé sur la possibilité que la délégation ministérielle arabe à Washington ne parvienne pas à modifier la position de l’administration Biden sur le cessez-le-feu, M. Mansour souligne l’isolement international des États-Unis sur cette question: «Nous appelons à un cessez-le-feu. Le secrétaire général appelle à un cessez-le-feu. Toutes les agences de l’ONU appellent à un cessez-le-feu. [Josep] Borrell [le chef de la politique étrangère de l’UE] appelle à un cessez-le-feu. L’UE en fait de même, [le président français Emmanuel] Macron [aussi], sans parler de la Russie, de la Chine et de bien d’autres.»

«[Il y a aussi] les gens dans les rues, y compris la communauté juive américaine, en particulier la jeune génération, qui a investi la gare Grand Central [à New York], ainsi que les [autres] millions de personnes dans les rues.»

«Tous exigent un cessez-le-feu. Ceux qui s’opposent à un cessez-le-feu constituent une très petite minorité. La vie des enfants est précieuse; tout effort pour sauver leur vie est donc conforme aux principes de l’humanité et toute tentative de s’y opposer va à l’encontre de l’humanité.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président français évoquent la situation régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. (Archives/SPA/AFP)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. (Archives/SPA/AFP)
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RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président français Emmanuel Macron ont discuté de la situation au Moyen-Orient lors d’un entretien téléphonique, a rapporté tôt vendredi l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Selon la SPA, Emmanuel Macron a appelé le prince héritier. Les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements dans la région ainsi que les efforts déployés pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales, tout en garantissant la sécurité et la liberté de la navigation maritime.

Ils ont également abordé les relations bilatérales, les domaines de coopération entre les deux pays et les moyens de les développer davantage. Enfin, ils ont échangé sur plusieurs questions régionales et internationales d’intérêt commun. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
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  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com