A Sciences Po Menton, le défi du débat sur le conflit Israël Hamas

Des policiers contrôlent les documents d'un passager dans un train en provenance d'Italie à la gare de Menton Garavan, à Menton, le 8 décembre 2023. (Photo Valery Hache AFP)
Des policiers contrôlent les documents d'un passager dans un train en provenance d'Italie à la gare de Menton Garavan, à Menton, le 8 décembre 2023. (Photo Valery Hache AFP)
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Publié le Samedi 16 décembre 2023

A Sciences Po Menton, le défi du débat sur le conflit Israël Hamas

  • Dans cette antenne de l’ Institut d'études politiques de Paris, installée dans un bâtiment majestueux surplombant le vieux port et la mer, 400 étudiants effectuent leur 1ère et 2ème année de formation sur les enjeux de la Méditerranée et du Moyen-Orient
  • Selon des étudiants et membres du syndicat Palestine UTS, des étudiants d'origine arabe se font parfois traiter de «terroristes» dans les rues de Menton, cette petite ville balnéaire où l'extrême droite est très présente

MENTON, France : Publications controversées sur les réseaux sociaux, tensions internes, menaces extérieures, blocage: sur le campus Méditerranée/Moyen-Orient de Sciences Po à Menton (Alpes-Maritimes), le conflit entre Israël et le Hamas a provoqué des remous depuis le 7 octobre, mais le délicat débat se poursuit.

Dans cette antenne du prestigieux Institut d'études politiques (IEP) de Paris, installée dans un bâtiment majestueux surplombant le vieux port et la mer, 400 étudiants de 18-20 ans, dont plus de la moitié des étrangers d'une cinquantaine de nationalités, effectuent leur 1ère et 2ème année de formation, avec un accent particulier sur les enjeux de la Méditerranée et du Moyen-Orient.

Et, plus qu'ailleurs, le débat s'est tendu depuis l'attaque sanglante du Hamas le 7 octobre et la violente riposte israélienne encore en cours à Gaza.

«De toute évidence, nous sommes venus ici pour étudier la politique et plus particulièrement la politique du Moyen-Orient. Beaucoup d'entre nous sommes des passionnés et certains venus de la région sont directement concernés», explique une étudiante britannique de 2e année qui souhaite garder l'anonymat.

Dès le 8 octobre, une référence aux «résistants palestiniens» sur le compte Instagram de «Sciences Palestine» a provoqué un tollé. Rebaptisée ensuite «Palestine UTS», cette association qui compte sept membres, essentiellement de très jeunes filles, est l'une des 34 reconnues sur le campus.

Si la députée de Menton Alexandra Masson (Rassemblement national) a aussitôt réclamé que les auteurs de la publication soient expulsés de l'établissement, le directeur Youssef Halaoua a refusé d'envisager des sanctions.

Mais, après consultations juridiques à Paris, il a «conseillé chaleureusement» à l'association de supprimer la mention, puis de faire valider en amont toutes leurs prochaines publications ou initiatives, explique-t-il à l'AFP.

Quelques semaines plus tard, saisie par d'autres étudiants à propos d'une trentaine de posts litigieux sur des comptes privés, la direction a rappelé à l'ordre les auteurs de quatre d'entre eux, qui présentaient «un fort risque d'apologie du terrorisme», selon M. Halaoua.

- «Gaza mon amour» -

En réaction, plusieurs dizaines d'étudiants ont bloqué l'entrée du campus le 16 novembre, pour dénoncer une «censure», à l'initiative du syndicat Solidaires étudiant.e.s. Ils ont été évacués par les forces de l'ordre, qui ont verbalisé 66 personnes.

Le blocage visait aussi à alerter sur les «menaces de mort et de viol venues de la fachosphère» contre les membres de Palestine UTS, a expliqué un porte-parole du syndicat.

Quant aux étudiants d'origine arabe, ils se font même parfois traiter de «terroristes» dans les rues de Menton, petite ville balnéaire où l'extrême droite est très présente, ont rapporté à l'AFP des étudiants et le même syndicat.

Mais, sur le campus, le quotidien des étudiants juifs a changé aussi: «Mes amis qui ne me parlaient pas du sujet sont devenus très agressifs depuis le 7 octobre», raconte Mila Benhamou, présidente de la section locale de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). «Ici, on est une minorité à penser qu'Israël a le droit d'exister», assure-t-elle.

«C'est vrai que c'est difficile de débattre avec ceux qui soutiennent ce que l'Etat d'Israël est en train de faire à Gaza», explique une étudiante lituanienne de 2ème année, préférant elle aussi garder l'anonymat.

Les membres de Palestine UTS n'ont pour leur part pas donné suite aux différentes tentatives de l'AFP pour les contacter.

Parallèlement, la direction a invité des intervenants extérieurs pour éclairer le débat, en commençant par la projection il y a deux semaines de «Gaza mon amour», film doux-amer de 2021 sur le quotidien dans l'enclave, en présence du réalisateur Arab Nasser.

Un tiers du campus était présent, mais les questions lors du débat s'en sont tenues aux conditions de tournage en Jordanie, aux symboliques, à la musique...

La semaine dernière, une constitutionnaliste palestinienne, Sanaa Alsarghali, est venue évoquer les enjeux d'une solution à deux Etats. Mais seulement une vingtaine d'étudiants sont venus, prenant sagement des notes sur leur ordinateur. Là aussi les questions ont fusé, souvent réfléchies et élaborées, très loin des tensions précédentes.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.