L'ONU réclame une enquête à Israël sur un «possible crime de guerre» à Gaza

L’offensive de représailles d’Israël à Gaza a tué au moins 20 000 personnes, pour la plupart des enfants ou des femmes. (AFP)
L’offensive de représailles d’Israël à Gaza a tué au moins 20 000 personnes, pour la plupart des enfants ou des femmes. (AFP)
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Publié le Jeudi 21 décembre 2023

L'ONU réclame une enquête à Israël sur un «possible crime de guerre» à Gaza

  • Cette agence de l'ONU dit avoir reçu des «informations inquiétantes» concernant la mort de «11 hommes palestiniens non armés» dans la ville de Gaza
  • Les soldats israéliens «auraient séparé les hommes des femmes et des enfants, puis auraient tiré et tué au moins 11 hommes (...) sous les yeux des membres de leurs familles»

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme réclame l'ouverture d'une enquête par Israël sur "la possible commission d'un crime de guerre" par ses forces armées à Gaza.

Dans un communiqué daté de mercredi, cette agence de l'ONU dit avoir reçu des "informations inquiétantes" concernant la mort de "11 hommes palestiniens non armés" dans la ville de Gaza.

Ils sont décédés mardi soir lors d'une intervention de l'armée israélienne dans un immeuble résidentiel de la ville où s'abritaient plusieurs familles.

Les soldats israéliens "auraient séparé les hommes des femmes et des enfants, puis auraient tiré et tué au moins 11 hommes (...) sous les yeux des membres de leurs familles", selon des témoignages diffusés par l'Observatoire EuroMed des droits de l'homme.

Gaza: tirs israéliens persistants contre un centre du Croissant-Rٌouge, selon l'organisation

Quelque 130 personnes s'abritant dans un bâtiment du Croissant-Rouge palestinien dans le nord de la bande de Gaza, dont des blessés, sont en péril en raison de tirs persistants de l'armée israélienne qui "assiège" les lieux, a alerté jeudi l'organisation de secours.

"Les forces de l'occupation (Israël, NDLR) continuent d'assiéger le centre des ambulances de Jabaliya", a déclaré le Croissant-Rouge dans un communiqué. "Des tirs d'artillerie nourris persistent aux alentours du centre, assortis de coups de feu de tireurs d'élite israéliens."

D'après cette source, 127 personnes dont des secouristes, des bénévoles et leurs familles sont menacées par ces tirs, y compris 22 personnes blessées qui y sont soignées.

La guerre entre Israël et le Hamas, entrée jeudi dans sa 76e journée, a rendu la plupart des hôpitaux hors service, notamment dans le nord du territoire pilonné par l'armée israélienne.

Des centaines de patients ont succombé à leurs blessures dans l'hôpital al-Chifa de la ville de Gaza, le plus grand du territoire, et dans d'autres établissements du nord également à l'arrêt, a affirmé jeudi Ashraf al-Qidreh, porte-parole du ministère de la Santé du Hamas.

"L'assaut des forces d'occupation israéliennes contre le système de santé de Gaza prend les formes les plus sadiques", a estimé sur X Francesca Albanese, la rapporteuse des Nations unies sur la situation des droits de l'homme dans les Territoires palestiniens occupés.

"Les hôpitaux et le personnel médical sont sacrés", a-t-elle ajouté, en dénonçant une "guerre insensée contre la population de Gaza".

L'agence onusienne a confirmé le décès des 11 Palestiniens, mais précise que "les circonstances des meurtres sont en cours de vérification".

"Les autorités israéliennes doivent immédiatement mener une enquête indépendante, approfondie et efficace sur ces allégations", estime-t-elle.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès des autorités israéliennes dans l'immédiat.

Après plus de deux mois de guerre à Gaza, l'action de l'armée israélienne est de plus en plus critiquée et les pressions internationales en faveur d'une trêve se multiplient.

Le week-end dernier, la mort d'une mère et sa fille, tuées par un soldat israélien sur le parvis de la seule église catholique de Gaza, et celle de trois otages israéliens tués par erreur alors qu'ils agitaient un drapeau blanc, a provoqué la polémique.

Israël se dit ouvert à l'idée d'une trêve mais exclut tout cessez-le-feu avant "l'élimination" du Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste, comme les Etats-Unis et l'Union européenne.

Quelque 20.000 personnes - majoritairement des femmes, des enfants et des adolescents - sont mortes à Gaza depuis le début de l'offensive de l'armée israélienne, selon le Hamas.

Cette offensive a été lancée en représailles à l'attaque sans précédent menée le 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien, qui a fait environ 1.140 morts sur le  sol israélien. Quelque 250 personnes avaient en outre été prises en otage, dont 129 sont toujours retenues à Gaza, selon Israël.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com