La perception d’Israël face à la guerre à Gaza

L'opération militaire israélienne à Gaza a été condamnée par l'opinion publique, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ayant récemment exigé un cessez-le-feu immédiat (Photo, AP).
L'opération militaire israélienne à Gaza a été condamnée par l'opinion publique, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ayant récemment exigé un cessez-le-feu immédiat (Photo, AP).
Des soldats israéliens à côté d'un char lors d'une opération militaire dans le nord de la bande de Gaza, le 19 décembre 2023 (Photo, AFP).
Des soldats israéliens à côté d'un char lors d'une opération militaire dans le nord de la bande de Gaza, le 19 décembre 2023 (Photo, AFP).
De la fumée s'élève après un bombardement israélien dans la bande de Gaza, vue depuis le sud d'Israël, le 16 décembre 2023 (Photo, AP).
De la fumée s'élève après un bombardement israélien dans la bande de Gaza, vue depuis le sud d'Israël, le 16 décembre 2023 (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 22 décembre 2023

La perception d’Israël face à la guerre à Gaza

  • Avec des otages toujours en captivité et des commandants du Hamas en liberté, certains pensent que les forces de défense israéliennes (FDI) n'ont pas atteint leurs objectifs
  • Le soutien mondial aux actions d'Israël n'a cessé de s'amenuiser, même les États-Unis, pays allié, ont exprimé leur inquiétude quant aux dommages causés aux civils

LONDRES: Cela fait maintenant dix semaines que les forces de défense israéliennes (FDI) ont lancé leurs premiers raids contre Gaza à la suite de l'attaque du Hamas contre le sud d'Israël le 7 octobre.

«Nous frappons nos ennemis avec une puissance sans précédent», a déclaré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, lors d'une allocution télévisée le vendredi 13 octobre.

Le vent a pourtant rapidement tourné pour les FDI tant vantées et leur opération «Épées de fer».

Des Palestiniens récupèrent des biens dans le bâtiment familial Al-Gatshan détruit après une frappe israélienne dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, le 18 décembre 2023 (Photo, AP/Adel Hana).

Le monde, qui jusqu'alors n'avait éprouvé que de la sympathie pour Israël après le massacre de ses civils lors de l'attaque menée par le Hamas, a soudain été confronté à un autre récit, tout aussi inquiétant.

Les écrans de télévision étaient remplis d'images d'enfants palestiniens blessés et en pleurs, et de scènes de destruction à travers la bande de Gaza.

Depuis lors, le soutien mondial aux actions d'Israël à Gaza n'a cessé de s'amenuiser, même les États-Unis, son plus grand allié, s'inquiétant de plus en plus du coût pour les civils de l'usage disproportionné de la force.

Et, alors même que les FDI ont redoublé la férocité de leur réponse, elles ne parviennent pas à atteindre un grand nombre de leurs objectifs déclarés.

Très peu de commandants du Hamas ont été capturés ou tués, et seuls quelques-uns des otages pris par le groupe le 7 octobre ont été libérés, et ce uniquement grâce aux efforts de médiation du Qatar et de l'Égypte.

De la fumée s'élève après un bombardement israélien dans la bande de Gaza, vue depuis le sud d'Israël, le 16 décembre 2023 (Photo, AP).

Pire encore, Israël semble avoir perdu de vue le principe de justice proportionnelle et réciproque, inscrit dans la Bible hébraïque sous le nom d’«œil pour œil».

Les derniers chiffres montrent que le 7 octobre, le Hamas a tué au total 1 139 personnes, dont 695 civils israéliens, parmi lesquels 36 enfants, 373 membres des forces de sécurité et 71 étrangers.

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 20 000 Palestiniens ont été tués, dont environ 70% de femmes et d'enfants.

L'ONU signale que de nombreuses autres personnes «sont portées disparues, probablement ensevelies sous les décombres».

En effet, les critiques affirment que la guerre à Gaza a révélé que les «épées de fer» étaient moins un outil de précision qu'un instrument contondant manié sans discernement.

Cette impression a été renforcée le 15 décembre lorsque des soldats des FDI, nerveux, ont abattu trois otages israéliens qui s'étaient approchés d'eux en appelant à l'aide en hébreu et en agitant un tissu blanc.

Le 19 décembre, Asa Kasher, philosophe israélien et principal auteur du code d'éthique des FDI, s'est exprimé sur ces assassinats. «Vous n'avez même pas besoin de tuer un terroriste s'il vient vers vous les mains levées», a-t-il déclaré aux journalistes.

Le professeur Asa Kasher (au centre), la professeure Shikma Bressler (à gauche) et le général Uri Sagi assistent à une réunion à Haïfa, le 24 octobre 2023, pour parler du leadership en temps de guerre, dans le contexte de la guerre d'Israël contre Gaza (Photo, Shutterstock).

«Un combattant de Tsahal (FDI) doit savoir qu'il est un soldat d'Israël et que cela fait de lui un défenseur du caractère sacré de la vie humaine», a-t-il insisté.

Mais interrogé sur les pertes civiles à Gaza, Kasher a expliqué à Arab News: «Israël n'est pas en train de perdre sa position morale. Le monde ne comprend pas bien comment une force militaire agit sur la base de considérations de proportionnalité. Il est possible de causer des dommages collatéraux sans violer aucune loi ou coutume.»

Pourtant, ce qui semble être le mépris des FDI pour le caractère sacré de la vie humaine à Gaza s'avère gênant pour de nombreux alliés occidentaux d'Israël.

Au début, l'administration Biden a soutenu Israël sans réserve. Mais même lors d'une visite à Tel Aviv le 19 octobre, peu après l'attaque du Hamas, Biden a adressé une mise en garde au gouvernement israélien.

Le président américain, Joe Biden (à gauche), rencontre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, à Tel Aviv le 18 octobre 2023, dans le cadre des combats entre Israël et le groupe palestinien Hamas (Photo, AFP).

La «rage» d'Israël est compréhensible. «Mais je vous mets en garde: Si vous ressentez cette rage, ne vous laissez pas consumer par elle. Après le 11 septembre, nous étions enragés aux États-Unis. Et si nous avons demandé justice et que nous l’avons obtenue, nous avons aussi commis des erreurs», a-t-il averti.

Depuis, le gouvernement américain a intensifié ses critiques. Dans un discours prononcé le 18 novembre, Biden a déclaré que «nous soutenons fermement le peuple israélien», mais qu'il était «bouleversé par les images en provenance de Gaza et par la mort de plusieurs milliers de civils, notamment des enfants. Chaque vie palestinienne innocente perdue est une tragédie».

Alors que l'attention du monde se concentre sur les événements de Gaza, les États-Unis ont condamné le 5 décembre les activités des colons israéliens en Cisjordanie où, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, plus de 300 attaques contre des Palestiniens, dont au moins huit meurtres, ont été recensées depuis le 7 octobre.

«Nous avons souligné auprès du gouvernement israélien la nécessité de faire davantage pour que les colons extrémistes qui ont commis des attaques violentes contre des Palestiniens en Cisjordanie répondent de leurs actes», a prévenu Antony Blinken, secrétaire d'État américain, alors que Washington a imposé des interdictions de voyager sans précédent à l'encontre des colons extrémistes.

Cinq jours plus tard, le 12 décembre, Biden a formulé sa critique publique la plus virulente à ce jour.

Des militants juifs pro-palestiniens se rassemblent à la gare centrale de New York pour participer à une grève mondiale pour Gaza, le 18 décembre 2023 (Photo, Getty Images/AFP).

Après le 7 octobre, a-t-il dit, Israël avait le soutien des États-Unis et de la plupart des pays du monde, mais «ils commencent à (le) perdre à cause des bombardements aveugles qui ont lieu».

Le président américain a également attaqué directement le cabinet israélien. Netanyahou «doit changer ce gouvernement», a-t-il suggéré. «Ce gouvernement israélien rend les choses très difficiles.»

Il n'est même pas certain qu'Israël soit en train de gagner la guerre. Un sondage réalisé à Gaza et en Cisjordanie entre le 22 novembre et le 2 décembre a révélé que le soutien au Hamas était en hausse.

Le sondage, réalisé par le Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes, révèle également que 90% des personnes interrogées souhaitent la démission du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, soutenu par l'Occident, ce qui aurait pour effet de saper la politique de division et de conquête de Netanyahou, qui vise à empêcher la mise en place d'une solution à deux États.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas (au centre), tient la main du Premier ministre belge, Alexander De Croo (à droite), et du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, lors de leur rencontre dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 23 novembre 2023 (Photo, POOL/AFP).

Qu'il soit ou non en train de gagner la guerre, aux yeux du monde, Israël est très certainement en train de perdre sa position morale.

Le 6 décembre, l'inquiétude de la communauté internationale face à la catastrophe humanitaire qui se déroule à Gaza a conduit Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, à invoquer l'article 99 de la Charte des Nations unies pour la première fois en six ans de mandat, afin de demander au Conseil de sécurité de «contribuer à éviter une catastrophe humanitaire et d'appeler à la déclaration d'un cessez-le-feu humanitaire».

Les 15 membres du Conseil devaient voter le 18 décembre sur une résolution, rédigée par les Émirats arabes unis, appelant à une «suspension urgente des hostilités» et exprimant une «profonde inquiétude face à la situation humanitaire désastreuse qui se détériore rapidement» à Gaza, et à son «grave impact» sur les civils.

Le vote a été reporté à plusieurs reprises dans le cadre de négociations visant à tenir compte des préoccupations de Washington, ce qui constitue en soi une avancée, car auparavant, les États-Unis auraient opposé leur veto à une telle résolution.

L'ambassadeur adjoint américain à l'ONU, Robert Wood (2e à droite), lève la main lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies après le vote sur un cessez-le-feu à Gaza, au siège de l'ONU à New York, le 8 décembre 2023 (Photo, AFP).

Alors que le débat aux Nations unies se poursuit, l'ampleur de la désapprobation mondiale devient de plus en plus évidente.

Ce mardi, Vassily Nebenzia, représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, a plaidé en faveur des «victimes des actions israéliennes aveugles», soulignant qu'Israël avait largué quelque 29 000 bombes sur Gaza, soit un nombre similaire à celui des bombes larguées sur l'Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni au cours de toute l'année 2003.

Pour Mohammed Issa Abou Chahab, représentant permanent des Émirats arabes unis auprès de l'ONU, le fait que 2023 ait déjà été l'année la plus meurtrière de l'histoire du conflit israélo-palestinien «devrait être un signal d'alarme pour dire que le statu quo actuel ne peut plus durer, et cela commence par la situation actuelle à Gaza».

D'autres pays, dont la Chine, la France, le Brésil et le Royaume-Uni, ont exprimé des sentiments similaires.

Toutefois, les hauts responsables politiques et militaires israéliens continuent de rejeter vigoureusement les critiques concernant les tactiques des FDI à Gaza.

«Les FDI sont très performantes à Gaza», a déclaré à Arab News le colonel (réserviste) Gabi Siboni, de l'Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité.

Des soldats israéliens sont vus lors d'une opération terrestre dans le nord de la bande de Gaza, le 15 décembre 2023 (Photo, AFP).

Contrairement aux critiques internationales, il a affirmé que «les FDI mènent des opérations dans le strict respect des normes du droit international – je le sais de première main.

«L'armée israélienne doit combattre dans une situation où la population civile est prise en otage par le Hamas, mais elle fait de son mieux, même dans cette situation extrême, pour minimiser les dommages collatéraux à Gaza», a-t-il ajouté.

Siboni, colonel de réserve des FDI, qui a participé à toutes les guerres d'Israël depuis le milieu des années 70 et qui est aujourd'hui consultant auprès des FDI, a également qualifié de propagande les affirmations relatives au nombre de victimes palestiniennes.

«Ces chiffres n'ont rien à voir avec la réalité», a-t-il déclaré. «Ce sont des chiffres du Hamas. Le ministère de la Santé de Gaza est une entité du Hamas, je ne sais donc pas pourquoi les gens prennent la peine de les citer.»

Il fait cependant une sombre prédiction.

«Personne ne doit s'imaginer qu'il y aura une situation où nous mettrons un drapeau au sommet d'une colline et dirons: “D'accord, nous avons gagné, et maintenant Gaza sera en paix et en sécurité.” Cela n'arrivera certainement pas.

«La réalité est que nous allons nous battre à Gaza pendant des années, jusqu'à ce que nous éliminions la présence du Hamas et que nous nous assurions que ce qui s'est passé le 7 octobre ne se reproduira pas», a-t-il prévenu.

Cette prédiction s'inscrit dans le droit fil de l'avertissement lancé par Netanyahou le 13 octobre, à savoir que «ce n'est que le début».

Mais la réponse disproportionnée d'Israël à l'attaque du Hamas du 7 octobre pourrait bien s'avérer être le début de la fin pour le gouvernement du dirigeant israélien qui jouissait autrefois d'une réputation de «Monsieur Sécurité».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.


Le chef de l'ONU appelle à lever les dernières sanctions contre la Syrie

 Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre. (AFP)
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  • "Je salue les mesures qui ont allégé les sanctions et ouvert de nouvelles possibilités pour une reprise de l'économie, mais toutes ces sanctions doivent être immédiatement levées"
  • Des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont levé la plupart des sanctions économiques contre le pays, mais des investisseurs hésitent encore à se lancer

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé dimanche à lever "immédiatement" les sanctions encore en vigueur contre la Syrie, à l'issue d'une visite de deux jours dans le pays dévasté par des années de guerre.

"Je salue les mesures qui ont allégé les sanctions et ouvert de nouvelles possibilités pour une reprise de l'économie, mais toutes ces sanctions doivent être immédiatement levées", a affirmé M. Guterres lors d'une conférence de presse à Damas.

Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, renversé par une coalition de rebelles islamistes, les nouvelles autorités syriennes, sous la houlette d'Ahmad al-Chareh, se sont attelées à la reconstruction et à la relance de l'économie du pays, théâtre de plus de 13 ans de guerre civile meurtrière et dévastatrice.

Des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont levé la plupart des sanctions économiques contre le pays, mais des investisseurs hésitent encore à se lancer, alors que la Banque mondiale a estimé le coût de la reconstruction à quelque 216 milliards de dollars.

L'ONU "solidaire" 

Le 8 juillet, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Et en décembre dernier, un mois après une visite de M. Chareh à Washington, le Congrès américain avait approuvé la levée définitive des sanctions imposées contre la Syrie du temps de Bachar al-Assad, devant permettre le retour d'investissements dans ce pays.

Ces sanctions prévoyaient notamment l'interdiction d'accès au système bancaire international et des transactions financières en dollars.

"Les Nations unies sont solidaires des Syriens à ce moment crucial", a ajouté M. Guterres, qui effectuait la première visite d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis 2009.

Il a appelé la communauté internationale à "n'épargner aucun effort pour soutenir les Syriens".

"La Syrie a besoin d'investissements dans sa population, son économie et ses institutions. La Syrie doit rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures, recréer les moyens de subsistance", a-t-il énuméré, en mentionnant aussi l'objectif d'un "retour volontaire, digne et en toute sécurité, des réfugiés et des déplacés".

Depuis la chute de Bachar al-Assad, quelque 1,7 million de réfugiés sont revenus en Syrie selon l'ONU, mais six millions restent à l'étranger tandis que 5,5 millions de personnes restent déplacées dans le pays.

Lors de sa visite, M. Guterres a rencontré de hauts responsables dont le président et le chef du Parlement de transition qui a tenu sa session inaugurale ce mois-ci.

Mais le processus de désignation des élus a été vivement critiqué par la société civile qui a dénoncé une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du nouveau pouvoir.

M. Chareh avait proclamé en mars 2025 une Déclaration constitutionnelle fixant une période de transition de cinq ans, à l'issue de laquelle doivent être organisées des élections.

"Dans la bonne direction" 

Le secrétaire général de l'ONU a aussi retrouvé à Damas des Casques bleus déployés dans une zone tampon sur le plateau du Golan syrien, dont une grande partie est occupée et a été annexée par Israël en 1981, ainsi que des membres de la société civile, des femmes et des jeunes.

M. Guterres, arrivé samedi, a visité la tristement célèbre prison de Saydnaya, symbole des atrocités commises contre les opposants sous le pouvoir de Bachar al-Assad, ainsi que la vieille ville de Damas, dont la mosquée emblématique des Omeyyades.

Depuis que M. Chareh a pris le pouvoir, la communauté internationale l'a exhorté à mettre en place un système de gouvernance prenant en compte toutes les composantes ethniques et religieuses de la Syrie.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que cette transition aille dans la bonne direction", a assuré le chef de l'ONU.

Il a par ailleurs répété que "les violations de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie sont inacceptables", quelques heures après que des médias d'Etat syriens eurent annoncé une nouvelle incursion israélienne accompagnée de tirs dans le sud du pays.