Gaza continue de compter ses morts, Biden parle avec Netanyahu

Le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main après avoir fait des déclarations communes dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main après avoir fait des déclarations communes dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 24 décembre 2023

Gaza continue de compter ses morts, Biden parle avec Netanyahu

  • Au cours de leur conversation téléphonique, le président américain «a souligné le besoin crucial de protéger la population civile»
  • Face à la presse, M. Biden a précisé qu'il n'avait «pas demandé de cessez-le-feu»

JÉRUSALEM: La situation reste désastreuse dimanche à Gaza où les Palestiniens sont menacés par la famine, après plus de deux mois d'une guerre que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répét, élors d'un entretien avec Joe Biden, vouloir mener jusqu'à l'élimination du Hamas.

Au cours de leur conversation téléphonique, le président américain "a souligné le besoin crucial de protéger la population civile", et les deux hommes ont évoqué les "objectifs" et le "phasage" de l'offensive israélienne, selon la Maison Blanche.

Face à la presse, M. Biden a précisé qu'il n'avait "pas demandé de cessez-le-feu".

Les Etats-Unis, allié historique et principal fournisseur d'armes d'Israël, continuent de lui apporter un soutien sans faille, depuis l'attaque d'une ampleur et d'une violence sans précédent menée par le Hamas le 7 octobre, à l'origine de cette guerre.

Ce jour-là, les commandos du mouvement islamiste palestinien ont fait environ 1.140 morts, en majorité civils, selon les derniers chiffres officiels israéliens. Ils ont aussi enlevé environ 250 personnes dont 129 restent détenues à Gaza, selon Israël.

Mais face à l'hécatombe en cours à Gaza, Washington évoque également de plus en plus son souhait de voir l'armée israélienne passer à une phase moins intense de son offensive, pour privilégier des actions plus ciblées contre les responsables du Hamas.

Le conflit a fait 20.258 morts dans la bande de Gaza, majoritairement des femmes, adolescents et enfants, et plus de 53.000 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Au cours de l'entretien, M. Netanyahu "a clairement indiqué qu'Israël poursuivrait la guerre jusqu'à ce que tous ses objectifs soient atteints", selon ses services. A savoir, la libération des otages et l'élimination du Hamas, qu'il considère comme un mouvement terroriste, à l'instar des Etats-Unis et de l'Union européenne.

«Accordez-nous la paix»

Les deux dirigeants se sont parlés au lendemain de l'adoption d'une résolution par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui réclame l'acheminement "immédiat" et "à grande échelle" de l'aide humanitaire à Gaza, où la faim tenaille les Palestiniens.

Dans les six prochaines semaines, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants de ce petit territoire de 362 km2 risque de subir un niveau élevé d'insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu'à la famine, selon les Nations unies.

La portée réelle de ce texte, qui a réussi à éviter un veto américain en appelant à "créer les conditions d'une cessation durable des hostilités" plutôt qu'à un "cessez-le-feu", reste encore incertaine. ONG et agences de l'ONU expliquent que l'intensité des frappes rend quasiment impossible la distribution de l'aide alimentaire.

Les Gazaouis rencontrés par l'AFP fustigent eux une communauté internationale qu'ils estiment hypocrite ou impuissante.

Cette résolution "renforce la décision d'Israël de tuer davantage de civils et prolonge la guerre contre ce peuple en échange d'un peu de nourriture", a dénoncé Rami al-Khalut, un habitant du nord qui a fui à Rafah (sud). "Plutôt que de me fournir de la nourriture et d'augmenter les livraisons d'aide, arrêtez de soutenir Israël et de lui fournir des armes, (...) arrêtez la guerre en cours et accordez-nous la paix."

La bande de Gaza s'enfonce dans une catastrophe humanitaire: la plupart des hôpitaux y sont hors service et 1,9 millions de personnes ont dû fuir leur domicile, soit 85% de la population, selon l'ONU.

Dans les six prochaines semaines, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants de ce petit territoire de 362 km2 risque de subir un niveau élevé d'insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu'à la famine, selon les Nations unies.

A Rafah, où des centaines de milliers de réfugiés s'abritent dans des camps de fortune, la population se rue sur les rations alimentaires, insuffisantes pour satisfaire tout le monde, a constaté l'AFP.

"Mes enfants ont perdu beaucoup de poids, la faim les réveille la nuit. Je pleure quand ils me demandent à manger le soir", a confié Nour Barbakh, une déplacée de Khan Younès faisant la queue pour attendre sa part.

«Plus de 200 terroristes» arrêtés

Les bombardements et tirs d'artillerie se poursuivent dans plusieurs zones de Gaza. A Deir el-Balah (centre), une frappe a fait samedi des morts et de nombreux blessés, parmi lesquels plusieurs femmes et enfants, a constaté l'AFP.

"Je prenais une douche et lorsque je suis sorti de la salle de bain, la maison a été touchée par un missile de drone", a raconté Abed al-Khawalda, qui a perdu sa sœur dans le bombardement. "La maison s'est effondrée sur les personnes qui s'y trouvaient."

Samedi, l'armée israélienne a affirmé avoir capturé "plus de 200 terroristes" au cours de la semaine, et "plus de 700" depuis le début du conflit. Elle a aussi assuré qu'une frappe effectuée sur Rafah vendredi, qui a tué quatre membres d'une même famille dont une fillette selon le Hamas, visait un responsable du mouvement palestinien chargé de l'approvisionnement en armes.

De son côté, le ministère de la Santé du Hamas a accusé les forces israéliennes d'avoir cette semaine "commis plusieurs massacres atroces" dans la région de Jabaliya et dans celle de Tal Al-Zaatar", et d'avoir notamment "exécuté des dizaines de citoyens dans les rues."

Sollicitée par l'AFP, l'armée n'a pas spécifiquement répondu aux accusations d'exécutions mais a assuré que ses frappes "contre des cibles militaires sont conformes au droit international".

Depuis le début de son offensive terrestre, lancée le 27 octobre en complément des bombardements aériens, 144 militaires israéliens ont été tués.

Le Hamas réclame une enquête sur des «exécutions sommaires» imputées à Israël

Le gouvernement du Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien depuis 2007, a affirmé dans un communiqué avoir recueilli des témoignages selon lesquels "l'armée d'occupation israélienne a procédé à l'exécution sommaire de 137 civils palestiniens dans la ville de Gaza et dans les gouvernorats du nord".

Le gouvernement du Hamas a notamment accusé l'armée d'avoir "creusé une grande fosse à l'est de la ville de Gaza et d'y avoir placé des dizaines de citoyens qu'elle avait détenus avant de les exécuter par balles et de remblayer la fosse à l'aide de bulldozers". Il ne précise pas à quel moment se sont produits les faits.

Le Hamas a appelé à la "mise en place d'équipes internationales pour enquêter sur les crimes de l'occupation et ses exécutions sommaires".

Incertitudes pour cinq otages

Les médiateurs égyptien et qatari tentent toujours de parvenir à un compromis sur une nouvelle trêve qui permettrait des aides plus importantes et des libérations d'otages et de prisonniers palestiniens incarcérés par Israël.

Fin novembre, une trêve d'une semaine avait permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens ainsi que plus d'aide.

Néanmoins, les belligérants restent intransigeants.

Le Hamas exige un arrêt des combats avant toute négociation sur les otages.

Israël est ouvert à l'idée d'une trêve mais exclut tout cessez-le-feu avant "l'élimination" du mouvement islamiste.

Samedi, la branche militaire du Hamas a affirmé avoir "perdu le contact" avec ses combattants en charge de cinq otages israéliens. Ceux-ci ont probablement "été tués lors d'une frappe israélienne", a-t-elle estimé.

Aucune confirmation n'a pu être obtenue auprès d'Israël.

Tensions régionales

Au-delà de Gaza, le risque d'un embrasement régional persiste. Les rebelles Houthis du Yémen menacent notamment de ralentir le commerce mondial en attaquant le trafic maritime en mer Rouge depuis plusieurs semaines.

Ils affirment mener ces attaques en solidarité avec le Hamas, mais les Etats-Unis soupçonnent désormais publiquement l'Iran de les téléguider.

Samedi soir, un navire de guerre américain situé en mer Rouge a abattu quatre drones qui le visaient, lancées depuis des "zones contrôlées par les Houthis", selon le Pentagone. Un peu plus tôt, il avait fait état d'un chimiquier japonais touché au large de l'Inde par un "drone d'attaque tiré depuis l'Iran".

Le Pentagone explique que l'Iran, allié des rebelles yéménites et du Hamas, donne des informations aux Houthis pour la planification de leurs attaques. Des accusations rejetées par Téhéran, qui a assuré samedi que les rebelles agissent "en fonction de (leurs) propres décisions et capacités".


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Short Url
  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
Short Url
  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.