Irak: attaques contre les forces kurdes, le Kurdistan accuse des «hors-la-loi» liés à Bagdad

Un membre des forces de sécurité irakiennes monte la garde au sommet d'un véhicule blindé près d'un arbre de Noël géant alors qu'il est déployé sur la place Tahrir, au centre de Bagdad, le 31 décembre 2023, à l'approche des célébrations du Nouvel An. (Photo de AHMAD AL-RUBAYE / AFP)
Un membre des forces de sécurité irakiennes monte la garde au sommet d'un véhicule blindé près d'un arbre de Noël géant alors qu'il est déployé sur la place Tahrir, au centre de Bagdad, le 31 décembre 2023, à l'approche des célébrations du Nouvel An. (Photo de AHMAD AL-RUBAYE / AFP)
Short Url
Publié le Lundi 01 janvier 2024

Irak: attaques contre les forces kurdes, le Kurdistan accuse des «hors-la-loi» liés à Bagdad

  • Ces attaques interviennent au moment où les forces américaines et celles de la coalition internationale antidjihadistes déployées en Irak sont visées par des attaques lancées par "la Résistance islamique en Irak"
  • Le «drone piégé a été abattu», ont précisé les services antiterorristes de cette région du nord de l'Irak

ERBIL: Une base des forces armées du Kurdistan irakien a été visée dans la nuit par "deux attaques de drones" non revendiquées, ont indiqué dimanche les autorités locales kurdes qui pointent du doigt des "éléments hors-la-loi financés" par Bagdad.

Ces attaques interviennent au moment où les forces américaines et celles de la coalition internationale antidjihadistes déployées en Irak sont visées par des attaques lancées par "la Résistance islamique en Irak".

Dans l'après-midi de dimanche, cette nébuleuse de combattants issus de groupes armés pro-iraniens a revendiqué une nouvelle tentative d'attaque de drone visant, elle, des troupes de la coalition internationale stationnées à l'aéroport d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan.

Le "drone piégé a été abattu", ont précisé les services antiterorristes de cette région du nord de l'Irak.

Samedi soir, les attaques ont visé "vers 23h45 (20h45 GMT) au moyen de deux drones" un quartier général des peshmergas, alliés de la coalition antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis, dans le district de Salaheddine de la province d'Erbil, causant uniquement des "dégâts matériels", a rapporté le gouvernement du Kurdistan dans un communiqué.

«Acte dangereux»

Le gouvernement local a accusé des "éléments hors-la-loi" d'avoir mené les attaques "avec l'aide et le soutien de mercenaires", fustigeant un "acte dangereux".

Ces éléments, a-t-il encore affirmé, "sont financés par le gouvernement fédéral" de Bagdad, avec lequel le Kurdistan entretient des relations tendues.

Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani "doit prendre des mesures efficaces pour dissuader ces groupes et les rendre responsables", a écrit le chef du gouvernement local du Kurdistan, Masrour Barzani, sur X (ex-Twitter), sans désigner nommément les factions auxquelles il fait allusion.

Dans la foulée, M. Soudani a "ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie sur cette attaque criminelle", en coordination avec les services de sécurité du Kurdistan irakien, a indiqué son service de presse.

Le gouvernement irakien est soutenu par des parti pro-iraniens, dont certains sont la vitrine politique de factions du Hachd al-Chaabi, d'anciens paramilitaires proches de Téhéran désormais intégrés aux troupes régulières.

Jusqu'à présent, Washington a dénombré plus d'une centaine d'attaques contre ses forces en Irak et en Syrie depuis le 17 octobre, dix jours après le déclenchement de la guerre à Gaza, selon un décompte rapporté par un responsable militaire américain.

La plupart de ces attaques ont été revendiquées par la "Résistance islamique en Irak", qui s'oppose au soutien américain à Israël dans sa guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre.

La France a condamné "avec la plus grande fermeté" les attaques de samedi, "d'une particulière gravité", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères français publié dimanche. "Ces actions violentes et déstabilisatrices doivent cesser et leurs auteurs doivent être identifiés et poursuivis", a-t-il ajouté.


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Short Url
  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
Short Url
  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.