Année 2020 - Et surtout, la santé ! 

Quels sacrifices une société peut-elle accepter pour éviter des dizaines de milliers de morts et une hécatombe à l'hôpital? Le Covid-19 a brutalement posé cette question en 2020. (AFP).
Quels sacrifices une société peut-elle accepter pour éviter des dizaines de milliers de morts et une hécatombe à l'hôpital? Le Covid-19 a brutalement posé cette question en 2020. (AFP).
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Publié le Mercredi 30 décembre 2020

Année 2020 - Et surtout, la santé ! 

  • Pendant 55 jours, du 17 mars au 11 mai, la France, mal préparée et prise de vitesse par le virus, s'est mise à l'arrêt sur décision de l'exécutif
  • Qu'est-ce qui est acceptable, jusqu'où aller pour sauver des vies et éviter aux soignants de devoir choisir entre les malades?

PARIS: Quels sacrifices une société peut-elle accepter pour éviter des dizaines de milliers de morts et une hécatombe à l'hôpital? Le Covid-19 a brutalement posé cette question en 2020, en soumettant le pays aux impératifs sanitaires dans une urgence qui a souvent éclipsé le débat.


Pendant 55 jours, du 17 mars au 11 mai, la France, mal préparée et prise de vitesse par le virus, s'est mise à l'arrêt sur décision de l'exécutif.


Rideau sur les écoles, les cafés, les commerces, les salles de sport, les musées et cinémas, télétravail généralisé et rues désertes, avec un horizon limité au kilomètre. Comme si "le gouvernement avait fait disparaître le monde", avait commenté sur Arte l'avocat et écrivain François Sureau.


Mais à l'automne, avec le retour des restrictions, l'unité s'est fissurée. "Pourquoi nous?", a-t-on demandé, d'abord à Marseille, première métropole visée, puis chez les restaurateurs, les libraires, dans les églises, les stations de ski. Cachez ces rayons "non-essentiels", a demandé le gouvernement aux grandes surfaces pour apaiser la colère des petits commerçants. 

 "Sans perspective" 

L'état d'urgence sanitaire s'éternise, les "jours heureux" se font attendre et malgré les aides directes du gouvernement (86 milliards d'euros), le bilan économique de la crise s'annonce lourd: les associations craignent un million de pauvres supplémentaires et la récession devrait atteindre un recul historique de 9 à 10%.


De la "sidération", "on est passé à un temps sans perspective claire. Quand l'horizon s'éloigne, ça devient très angoissant", explique à l'AFP Karine Lefeuvre, vice-présidente du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et professeure à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).


L'exécutif est aussi accusé de négliger la concertation.


"Il y a eu une forme d'exemplarité" de la population durant le premier confinement, "mais elle n'a pas été associée à un retour d'expérience parce qu'il y a une défiance des politiques à l'égard des citoyens", regrette le professeur d'éthique médicale à l'université de Paris-Saclay Emmanuel Hirsch. "Le plus gênant, c'est que des décisions aléatoires sont imposées, sans même qu'on en évalue a posteriori la pertinence", déplore-t-il.


Dès le mois d'avril, le Conseil scientifique, créé par le gouvernement pour le guider dans la crise sanitaire, réclamait plus de place dans le débat pour la société civile et le monde associatif.


"Ce qui a été possible une fois parce qu'on n'avait pas le choix, dans un contexte d'angoisse, de peur, et même d'impuissance, qui a mis entre parenthèse la vie démocratique, ça l'est moins maintenant parce qu'il y a un savoir et une expérience des citoyens qui ne sont plus prêts à tout accepter", estime Emmanuel Hirsch.

"Tous vulnérables" 

Qu'est-ce qui est acceptable, jusqu'où aller pour sauver des vies et éviter aux soignants de devoir choisir entre les malades? Au printemps, les premières questions ont surgi de l'impossibilité d'assister à des funérailles, ou quand des personnes âgées, déjà isolées, se sont retrouvées encore plus seules, privées de visites familiales dans les Ehpad.


"Des décisions sanitaires, censées protéger le vivant, ont en fait généré de l'inhumanité et de l'indignité", dénonce la psychologue Marie de Hennezel dans son livre "L'Adieu interdit".


Pour le professeur de philosophie Eric Chevet, auteur de "La mort aujourd'hui", il n'est pas question de remettre en cause la lutte contre une épidémie qui a déjà causé plus de 60.000 décès en France (plus d'1,7 million dans le monde) mais de se demander "si nous n'allons pas trop loin dans une politique réduite à la volonté de préserver la vie au détriment d'autres valeurs".


"Ce n'est pas un problème de minimum, mais de maximum: à partir de quand va-t-on trop loin dans la logique vitaliste au profit d'une régression de notre +monde commun+?", interroge-t-il.


"La santé devient la seule préoccupation", avait protesté de son côté le philosophe André Comte-Sponville, craignant que "pour protéger les vieux, dont je fais partie, on finisse par sacrifier toute une génération", celle des jeunes, abandonnés à la pauvreté et à la précarité.


"Dans une démocratie, on sait que nos responsabilités sont plus fortes à l'égard des plus vulnérables", justifie Emmanuel Hirsch. "Le problème", nuance-t-il, "c'est que face à une pandémie, nous sommes tous vulnérables".

Tolérer le tragique 

En mai, le Comité d'éthique jugeait que la crise invitait à une "réflexion collective" sur les enjeux sanitaires mais aussi sur "le niveau des sacrifices économiques et sociaux que l'on peut accepter pour limiter le nombre de décès liés à cette pandémie". 


Report de soins, cancers non diagnostiqués, maladies chroniques, santé mentale, le comité d'éthique suggérait de "considérer non seulement les décès dus au Covid-19, mais l'ensemble des décès induits par le confinement et la crise économique qui en découle".


Mais ne faut-il pas, ajoutait l'instance, aussi considérer les vies sauvées? Fin avril, une étude de chercheurs de l'EHESP a chiffré à 60.000 le nombre de morts du Covid-19 évités à l'hôpital après un mois de confinement.


Pour Karine Lefeuvre, qui regrette aussi un "déficit" de concertation, les pouvoirs publics sont devant une situation "d'une extrême complexité". "Aujourd'hui, tout le monde a besoin d'une bouffée d'air, mais si jamais ça dérape à nouveau, on va se tourner vers le gouvernement à qui l'on réclamera plus de protection".


"Nous voulons toujours trouver des responsables", ajoute Eric Chevet. A mesure que les sociétés se sécurisent, cela "exacerbe l’intolérance au tragique". "Dès lors, le surgissement d’une catastrophe est toujours vécu non plus comme une fatalité mais comme un processus anormal qui exige des coupables".


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.