Borrell juge nécessaire de ne pas entraîner le Liban dans un conflit régional

Josep Borrell, haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre libanais des Affaires étrangères à l'issue de leur rencontre à Beyrouth le 6 janvier 2024 (Photo, AFP).
Josep Borrell, haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre libanais des Affaires étrangères à l'issue de leur rencontre à Beyrouth le 6 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 07 janvier 2024

Borrell juge nécessaire de ne pas entraîner le Liban dans un conflit régional

  • «Il est impératif d'éviter une escalade régionale au Moyen-Orient, il est absolument nécessaire d'éviter que le Liban ne soit entraîné dans un conflit régional», a dit Borrell
  • «Je m'adresse également à Israël: personne ne sortira gagnant d'un conflit régional», a-t-il ajouté

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a déclaré samedi que le Liban ne devrait pas être "entraîné dans un conflit régional", sur fond d'affrontements entre le Hezbollah libanais et l'armée israélienne.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, le Hezbollah libanais, un allié du mouvement islamiste palestinien, multiplie les tirs depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël ciblant généralement des objectifs militaires près de la frontière. L'armée israélienne riposte par des bombardements.

Ces affrontements font craindre un embrasement régional, surtout après l'élimination du numéro deux du Hamas Saleh al-Arouri tué mardi dans une frappe attribuée à Israël dans la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah.

Il s'agit de la première frappe depuis le 7 octobre aux abords de la capitale libanaise.

"Il est impératif d'éviter une escalade régionale au Moyen-Orient, il est absolument nécessaire d'éviter que le Liban ne soit entraîné dans un conflit régional", a dit M. Borrell lors d'une conférence de presse à Beyrouth avec le chef de la diplomatie libanaise, Abdallah Bouhabib.

"Je m'adresse également à Israël: personne ne sortira gagnant d'un conflit régional", a-t-il ajouté.

Le Hezbollah, dont le chef Hassan Nasrallah a déclaré vendredi que la frappe de mardi ne "resterait pas sans réponse", a affirmé avoir tiré samedi des dizaines de roquettes vers une base militaire dans le nord d'Israël.

"Je pense que la guerre peut être évitée, qu'elle doit être évitée et que la diplomatie peut l'emporter", a encore dit Josep Borrell.

«Dialogue diplomatique»

Plus tôt dans la journée, il a rencontré le Premier ministre libanais, Najib Mikati, le commandant de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), le général Aroldo Lazaro Saenz, et le chef du Parlement, Nabih Berri.

Il a également rencontré un représentant du Hezbollah, selon une source européenne, des médias locaux évoquant un échange avec le chef du bloc parlementaire du mouvement libanais, Mohammed Raad.

M. Borrell "s'engage dans un dialogue diplomatique avec tous les représentants politiques concernés qui ont une influence sur la situation sur le terrain ou qui ont un intérêt dans celle-ci", a déclaré la source européenne.

Sa visite s'inscrit dans le cadre d'un effort diplomatique visant à éviter un débordement du conflit entre Israël et le Hamas déclenché par une attaque  d'une ampleur sans précédent sur le sol israélien le 7 octobre, mais aussi à appeler à une solution à la guerre.

"Les voies diplomatiques doivent être ouvertes pour signaler que la guerre n'est pas la seule option, mais qu'elle est la pire", a-t-il martelé.

"(...) Israël a proclamé son objectif d'éradiquer le Hamas. Il doit y avoir un autre moyen d'éradiquer le Hamas qui ne provoquerait pas autant de morts".

Selon un dernier bilan samedi du ministère de la Santé du Hamas, les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza ont fait 22.722 morts, en majorité des civils, depuis le 7 octobre.


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.

 

 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.