Gaza : La situation humanitaire est «indescriptible» selon le patron de l'OMS

Un Palestinien blessé arrive pour être soigné à l'hôpital al-Aqsa après une frappe israélienne sur une maison à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 10 janvier 2024 (Photo, AFP).
Un Palestinien blessé arrive pour être soigné à l'hôpital al-Aqsa après une frappe israélienne sur une maison à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 10 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 10 janvier 2024

Gaza : La situation humanitaire est «indescriptible» selon le patron de l'OMS

  • "Les gens font la queue pendant des heures pour obtenir une petite quantité d’eau, qui n’est peut-être pas propre, ou du pain, qui à lui seul n'est pas suffisamment nutritif"
  • Il a une nouvelle fois lancé un appel à un immédiat cessez-le-feu ou à tout le moins la mise en place de routes humanitaires sécurisées, qui permettraient de distribuer plus largement l'aide sur le territoire palestinien

GENEVE: La situation humanitaire dans la bande de Gaza est "indescriptible" et la distribution de l'aide doit faire face à des obstacles "quasiment insurmontables", a dénoncé mercredi la patron de l'OMS, après des mois de bombardements incessants par l'armée israélienne.

"Les gens font la queue pendant des heures pour obtenir une petite quantité d’eau, qui n’est peut-être pas propre, ou du pain, qui à lui seul n'est pas suffisamment nutritif", s'est désolé le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse à Genève.

"Seuls 15 hôpitaux fonctionnent même partiellement. Le manque d’eau potable et d’assainissement et les conditions de vie surpeuplées créent un environnement idéal pour la propagation des maladies", a-t-il mis en garde.

Il a une nouvelle fois lancé un appel à un immédiat cessez-le-feu ou à tout le moins la mise en place de routes humanitaires sécurisées, qui permettraient de distribuer plus largement l'aide sur le territoire palestinien.

 

Quatre secouristes tués dans une frappe sur une ambulance, selon le Croissant-Rouge

Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé mercredi la mort de quatre de ses secouristes dans une frappe sur une ambulance dans le centre de la bande de Gaza qu'il a attribuée à l'armée israélienne.

"Quatre membres d'une équipe de secours d'une ambulance du Croissant-Rouge palestinien sont morts en martyrs à la suite du ciblage par l'occupation (Israël) de leur véhicule dans la rue Salaheddine à l'entrée de Deir-el-Balah", a indiqué l'organisation dans un communiqué publié sur X.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas fait de commentaire.

Plus tôt mercredi, le ministère de la Santé du Hamas avait indiqué que plusieurs personnes avaient été tuées dans une frappe israélienne près d'un hôpital dans le quartier de Deir el-Balah.

Plus de 120 ambulances ont été détruites et 326 membres du personnel soignant tués depuis le 7 octobre à Gaza, selon le ministère.

Le nord, où se sont concentrés les bombardements et les combats dans les premières semaines de la guerre entre Israël et le mouvement islamique Hamas, n'a pas été accessible pour des missions de l'OMS depuis le 26 décembre. Sept missions ont dû être annulées faute d'assurance suffisantes que les convois seraient épargnés.

Plus largement, "la fourniture de l'aide humanitaire à Gaza continue de se heurter à des défis presque insurmontables : les sévères restrictions de mouvement dues aux bombardements, la pénurie de carburant et les communications interrompues empêchent l'OMS et ses partenaires d'atteindre ceux qui en ont besoin", a affirmé le docteur Tedros.

"Nous avons les fournitures, les équipes et les plans en place. Ce que nous n'avons pas, c'est l'accès", a-t-il insisté, demandant à Israël de "donner l'autorisation de livrer de l'aide humanitaire."

La guerre a été déclenchée par une attaque inédite le 7 octobre du Hamas sur le sol israélien qui a fait environ 1.140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien.

En représailles, Israël a juré de "détruire" le Hamas au pouvoir à Gaza, et a lancé une offensive dans ce territoire palestinien qui a fait au moins 23.357 morts, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, a indiqué mercredi le ministère de la Santé du Hamas.


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.