Tunisie: 2024, l’année budgétaire de tous les dangers

La Tunisie sera en moins bonne posture pour relever ce deuxième défi, en raison de la décision du président, Kaïs Saïed, de se passer des bailleurs de fonds traditionnels de la Tunisie, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et ses principaux membres. (AFP)
La Tunisie sera en moins bonne posture pour relever ce deuxième défi, en raison de la décision du président, Kaïs Saïed, de se passer des bailleurs de fonds traditionnels de la Tunisie, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et ses principaux membres. (AFP)
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

Tunisie: 2024, l’année budgétaire de tous les dangers

  • Le pire des scénarios serait que les autorités ne parviennent pas à mobiliser les financements dont le pays a besoin en 2024
  • En raison du refus du président Saïed de solliciter les grands bailleurs de fonds internationaux, un analyste financier se demande d’où vont provenir les 4,8 milliards d’euros à lever à l’étranger

TUNIS: En plus d’autres défis, en 2024, l’État tunisien va être confronté, plus qu’au cours des dernières années, à un double défi: rembourser une grande partie de sa dette, qui avoisine au total les 40 milliards d’euros, et financer son budget.

Le pire des scénarios serait que les autorités ne parviennent pas à mobiliser les financements dont le pays a besoin en 2024. Cela réduirait encore plus sa capacité à importer les produits de base en quantité suffisante et entraînerait une aggravation des pénuries. Une situation que les Tunisiens pourraient ne plus accepter.

La dette, d’abord. Les remboursements programmés s’élèvent à 5,2 milliards d’euros, dont 1,7 milliard d’euros en janvier et février (d’après l’expert financier Ezzeddine Saïdane).

La Tunisie va devoir emprunter près de 8,3 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros proviendront d’emprunts obligataires – comme l’État a pris l’habitude d’en programmer régulièrement depuis trois ans – et de prêts auprès des banques locales; cette dernière option présente le double inconvénient d’accroître les risques pour ces établissements et d’aggraver les difficultés d’accès des entreprises aux financements.

En 2023, la Tunisie a pu respecter l’échéancier des remboursements grâce aux transferts des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE) et aux recettes du tourisme et des exportations de phosphate. Pour qu’il en soit de même en 2024, il faudrait que ces trois secteurs fassent au moins aussi bien qu’en 2023.

À la fin du mois d’octobre de l’année écoulée, les transferts s’élevaient à 2 milliards d’euros. Les recettes du tourisme devraient elles aussi se situer à ce niveau. Cependant, l'incertitude réside dans les recettes du phosphate. En 2010, la Tunisie a engrangé 2,4 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro) en exportant 8 millions de tonnes de phosphate. Or, au mois de novembre 2023, les exportations n’atteignaient que 2,3 millions de tonnes.

Le financement du budget, ensuite. La Tunisie sera en moins bonne posture pour relever ce deuxième défi, en raison de la décision du président, Kaïs Saïed, de se passer des bailleurs de fonds traditionnels de la Tunisie, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et ses principaux membres, plus particulièrement les États-Unis et les pays de l’Union européenne. 

Motif de cette rupture: le refus du chef de l’État tunisien de mettre en œuvre des réformes structurelles douloureuses – dont la révision du système de subvention des produits de base et la restructuration des entreprises – en échange d’un prêt de 1,9 milliard de dollars, de crainte qu’elles ne mettent en péril la paix sociale.

La Tunisie va devoir emprunter près de 8,3 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros proviendront d’emprunts obligataires – comme l’État a pris l’habitude d’en programmer régulièrement depuis trois ans – et de prêts auprès des banques locales. Cette dernière option présente le double inconvénient d’accroître les risques pour ces établissements et d’aggraver les difficultés d’accès des entreprises aux financements.

En raison du refus du président Saïed de solliciter les grands bailleurs de fonds internationaux, un analyste financier (qui demande à rester anonyme) se demande d’où vont provenir les 4,8 milliards d’euros à lever à l’étranger.

Les dirigeants ont cru pouvoir compter sur des pays comme la Chine et la Russie – que la Tunisie courtise depuis que ses relations avec les pays occidentaux se sont détériorées en raison de leurs critiques de la politique du président Saïed. Mais Li Wan, l’ambassadeur de Chine à Tunis, a déclaré, en mai 2023, qu’«il sera difficile pour la Tunisie de trouver une alternative au FMI et que le recours à cette institution mondiale est indispensable».

À moins que la Tunisie ne parvienne à un accord avec le FMI, son seul recours serait d’emprunter auprès de pays amis, comme l’Algérie. Une solution dont l’inconvénient est d’être parfois politiquement coûteuse.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.