Cent ans après sa mort, le second souffle de Gustave Eiffel, au nom du climat

Cette photographie prise à Paris, le 5 janvier 2024, montre la soufflerie Eiffel du Laboratoire d'Aérodynamique Eiffel. (AFP)
Cette photographie prise à Paris, le 5 janvier 2024, montre la soufflerie Eiffel du Laboratoire d'Aérodynamique Eiffel. (AFP)
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Publié le Vendredi 12 janvier 2024

Cent ans après sa mort, le second souffle de Gustave Eiffel, au nom du climat

  • Économies d'énergie, adaptation au réchauffement climatique, mais aussi étude de la force du vent à l'échelle d'un quartier par temps froid ou chaud: toutes ces thématiques constituent le nouveau terrain d'expérience
  • Le «laboratoire aérodynamique Eiffel», classé monument historique en 1996, est encore en activité cent ans après la mort de son fondateur, le constructeur de la tour du même nom, Gustave Eiffel

PARIS: Pour tester la force du vent, rien de mieux que la fumée. En injectant un filet de fumée blanche à l'intérieur de la maquette en plexiglas d'un bâtiment d'école, l'ingénieur Valentin Delplanque visualise immédiatement les courants d'air qui circulent autour du bâtiment et à l'intérieur des pièces.

Son travail de test en soufflerie et les données qu'il permet de recueillir sont destinés à aider l'agence d'architecture S&AA à Strasbourg à mettre en œuvre une ventilation naturelle dans un bâtiment scolaire à Mayotte. Son but: essayer de se passer de climatisation sur cette île au climat tropical, grâce notamment à une façade de briques ajourées laissant passer l'air.

Économies d'énergie, adaptation au réchauffement climatique, mais aussi étude de la force du vent à l'échelle d'un quartier par temps froid ou chaud: toutes ces thématiques constituent le nouveau terrain d'expérience de la vénérable soufflerie Eiffel à Paris, où sont pratiqués ces tests sur des bâtiments à échelle réduite.

Dans une rue calme de l'ouest parisien, le "laboratoire aérodynamique Eiffel", classé monument historique en 1996, est encore en activité cent ans après la mort de son fondateur, le constructeur de la tour du même nom, Gustave Eiffel.

Elle-même très peu chauffée car sans isolation thermique, la soufflerie est restée dans son jus. Le moteur a été changé, mais une grande partie des instruments d'époque comme les sondes atmosphériques sont là. L'ouvrage de 1907 sur les "recherches expérimentales sur la résistance de l'air exécutées à la tour Eiffel" par Gustave Eiffel est exposé en vitrine.

Aujourd'hui l'ensemble retrouve une seconde jeunesse avec des contrats d'études liés à l'impact du réchauffement climatique, auprès de professionnels du bâtiment.

Car après avoir testé des avions mono ou biplans jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis des voitures, la soufflerie s'oriente vers l'étude de la conception bioclimatique des bâtiments et la lutte contre les îlots de chaleur urbains, explique Jean-Marie Franco, directeur opérationnel de la soufflerie, qui appartient au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) depuis 2005.

Gustave Eiffel lui-même "a eu deux carrières". Celle que tout le monde connaît de constructeur d'ouvrages métalliques. La tour Eiffel a marqué son apogée d'industriel. Après, "il a consacré sa vie à l'étude aérodynamique" et à la science en construisant à l'âge de 80 ans cet atelier de mesure et d'étude du vent, essentiellement pour l'aéronautique dans un premier temps.

"Le vent a toujours été une préoccupation pour lui, il disait que c'était son ennemi", relève M. Franco qui coordonne la petite équipe chargée des essais (deux ingénieurs et un technicien).

Open source

La soufflerie est constituée comme un aspirateur géant. Un collecteur d'air ou de vent, sorte de grand entonnoir de 4 mètres est relié à une chambre d'essai où sont posées les maquettes des bâtiments à étudier, traversées par des flux d'air de différentes vitesses.

"On peut aller jusqu'à 100 km/heure et on mesure deux choses, les débits entrant et sortant, mais aussi le confort thermique dans chaque pièce, grâce à la mesure de l'évapotranspiration", explique l'ingénieur Valentin Delplanque.

La soufflerie travaille surtout pour l'outremer, en particulier Mayotte et la Réunion. Le prochain projet à étudier est le Kartié Mascareignes dans la ville du Port à La Réunion, avec les écoulements d'air, les champs de pression en façade des bâtiments. Le but est d'éviter les îlots de chaleur, parfois générés par l'utilisation massive de... climatiseurs, qui rejettent de l'air chaud à l'extérieur.

"On commence à taper à la porte chez nous pour nous confier des études de cas d'écoles du sud de la France", dit M. Delplanque.

La SARL qui gère la soufflerie réalise un chiffre d'affaires modeste, de quelque 300.000 euros par an. "Il y a eu des hauts et des bas, mais ça a toujours fonctionné, et encore aujourd'hui, ce n'est pas un musée, on travaille ici", relève M. Franco.

Même si la plupart des tests de ce type sont réalisés en numérique actuellement, il estime que la soufflerie Eiffel a un rôle unique: "nous fournissons des relevés pour les données numériques".

Eiffel lui même était très attaché à ce que l'on nommerait aujourd'hui l'open source: selon M. Franco, "lors des tests réalisés en soufflerie pour le compte d'industriels, il accordait la gratuité s'il pouvait publier les résultats dans le public".


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.