La «solution diplomatique» nécessaire pour empêcher l'escalade israélo-libanaise, selon Amos Hochstein

L'envoyé américain, Amos Hochstein, rencontre le Premier ministre intérimaire libanais, Najib Mikati,  à Beyrouth, au Liban, le 11 janvier 2024 (Photo, Reuters/Mohammed Azakir).
L'envoyé américain, Amos Hochstein, rencontre le Premier ministre intérimaire libanais, Najib Mikati, à Beyrouth, au Liban, le 11 janvier 2024 (Photo, Reuters/Mohammed Azakir).
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Publié le Vendredi 12 janvier 2024

La «solution diplomatique» nécessaire pour empêcher l'escalade israélo-libanaise, selon Amos Hochstein

  • Hochstein a rencontré le premier ministre intérimaire, le ministre des Affaires étrangères, le commandant de l'armée et le Président du parlement libanais
  • Les forces israéliennes et du Hezbollah ont échangé des tirs le long de la frontière et des victimes ont été signalées de part et d'autre

BEYROUTH: L'envoyé spécial américain, Amos Hochstein, a déclaré jeudi qu'il espérait que la diplomatie puisse apaiser les tensions à la frontière contestée entre le Liban et Israël, où l'armée israélienne et le groupe armé Hezbollah échangent des tirs depuis trois mois.

«Nous devons trouver une solution diplomatique qui permette au peuple libanais de rentrer chez lui au Liban-, tout comme le peuple israélien doit pouvoir rentrer chez lui au Nord», a-t-il insisté.

Hochstein, coordinateur présidentiel spécial des États-Unis pour les infrastructures mondiales et la sécurité énergétique, s'adressait à des journalistes à Beyrouth, où il a rencontré jeudi de hauts responsables libanais après s'être rendu en Israël.

L'envoyé américain a notamment rencontré le commandant de l'armée, le général Joseph Aoun, le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, et le président du Parlement, Nabih Berri.

Hochstein a souligné la nécessité de «travailler à l'apaisement de la situation dans le sud du Liban, même s'il n'est pas possible de parvenir à une solution définitive dans l'intervalle».

Il a également appelé à «travailler sur une solution intermédiaire temporaire pour éviter que la situation ne s'aggrave».

Mikati a précisé que «la priorité devrait être un cessez-le-feu à Gaza et l'arrêt de l'agression israélienne au Liban ainsi que des violations israéliennes répétées de la souveraineté libanaise».

«Nous voulons la paix et la stabilité en adhérant aux résolutions internationales», a-t-il ajouté.

«Il est clair que nous traversons une phase difficile et une période d'urgence, et je suis reconnaissant d'avoir pu rencontrer le gouvernement libanais et le commandant des forces armées libanaises pour discuter des moyens de parvenir à une solution diplomatique à la crise qui sévit à la frontière entre Israël et le Liban», a insisté Hochstein dans la foulée de sa rencontre avec Berri. 

L'envoyé américain a indiqué que lorsqu'il était en Israël la semaine dernière, «j'ai dit que nous préférions une solution diplomatique à la crise actuelle».

«Nous avons eu des discussions et je pense fermement que le peuple libanais ne veut pas que la crise dégénère en un conflit tout autre», a-t-il ajouté.

Hochstein a qualifié ses entretiens à Beyrouth de «bonnes discussions» et a exprimé l'espoir que «nous puissions poursuivre nos efforts pour parvenir, ensemble, des deux côtés de la frontière, à une solution qui permette à tous les habitants du Liban et d'Israël de parvenir à une solution».

Escalade frontalière

Les réunions de l'envoyé américain ont coïncidé avec l'escalade israélienne contre le Hezbollah le long de la frontière, un centre de défense civile dans la ville frontalière de Hanine ayant été pris pour cible.

L'assaut israélien a entraîné la mort du docteur Ali Mahmoud al-Cheikh Ali, du village de Rachaf, et de l'auxiliaire médical Sajid Ramzi Kassem, d’Aïta ach-Chab. Plusieurs autres personnes ont été blessées.

Le Hezbollah a déclaré dans un communiqué qu'il s'agissait «d'une attaque flagrante contre un centre au service des citoyens libanais, qui fournit des secours et des soins aux blessés, conséquence de l'agression israélienne permanente contre notre pays et notre peuple, et de la poursuite d'une politique agressive fondée sur le meurtre et le terrorisme».

Le ministère libanais de la Santé a dénoncé le ciblage du centre et des ambulances «en violation des lois internationales», exigeant la sécurité des travailleurs de la santé.

Le Hezbollah a ensuite annoncé qu'il avait tiré des salves de roquettes sur la colonie de Kiryat Shmona et des missiles sur un rassemblement de soldats israéliens à proximité du site de Metula, en Galilée.

Les soldats israéliens qui se trouvaient à proximité de la colline de Tayhat et du mont Tabor «ont également été visés par des missiles, qui ont fait des victimes confirmées».

Le Hezbollah, quant à lui, a déclaré avoir pris pour cible le matériel d'espionnage israélien sur Cobra Hill avec des «armes appropriées, causant des dommages et des destructions».

Il a indiqué que le nombre d'attaques israéliennes par drones contre les membres du Hezbollah a augmenté au cours des deux dernières semaines, grâce à une technologie avancée et au piratage des données de communication libanaises.

La dernière de ces attaques contre le commandant de la force Radwan du Hezbollah, Wissam al-Tawil, a incité le parti à lancer de nouveaux avertissements aux personnes déplacées de la région frontalière et à celles qui sont restées chez elles.

Le parti a également affirmé que les forces de défense israéliennes utilisaient des numéros de téléphone libanais pour contacter des personnes et obtenir des renseignements sur certains individus.

Dans un communiqué, le Hezbollah a demandé aux habitants de la zone frontalière de ne pas répondre aux appels concernant les environs et le mouvement des personnes, de couper immédiatement toute communication et d'informer rapidement les autorités compétentes.

Le Hezbollah avait précédemment demandé aux habitants du sud de déconnecter de l'internet les caméras de surveillance sans fil placées devant leurs maisons ou de les éteindre complètement, car elles pourraient vraisemblablement être détournées par les services de renseignement israéliens.

Les bombardements israéliens ont tué au moins 25 civils libanais et 140 combattants du Hezbollah, soutenu par l'Iran, dans le sud du Liban. Au moins neuf soldats israéliens ont été tués dans le nord d'Israël.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.