Jugé pour fraudes, Trump fait de son procès une tribune politique contre Biden

Donald Trump a une nouvelle fois transformé jeudi son procès civil pour fraudes financières en tribune politique. (AFP)
Donald Trump a une nouvelle fois transformé jeudi son procès civil pour fraudes financières en tribune politique. (AFP)
Donald Trump a une nouvelle fois transformé jeudi son procès civil pour fraudes financières en tribune politique. (AFP)
Donald Trump a une nouvelle fois transformé jeudi son procès civil pour fraudes financières en tribune politique. (AFP)
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Publié le Vendredi 12 janvier 2024

Jugé pour fraudes, Trump fait de son procès une tribune politique contre Biden

  • Donald Trump, 77 ans, a une nouvelle fois tonné devant la presse contre une «ingérence politique», une «chasse aux sorcières» et un «procès très injuste»
  • Ses avocats plaident un dossier selon eux juridiquement vide

NEW YORK: Donald Trump a une nouvelle fois transformé jeudi son procès civil pour fraudes financières en tribune politique, dénonçant une "ingérence électorale" qui serait "orchestrée" par "l'escroc Joe Biden", à quatre jours du début des primaires républicaines dont il est le grand favori.

L'ancien locataire de la Maison Blanche (2017-2021) qui rêve d'y retourner est accusé avec ses fils Eric et Donald Jr d'avoir gonflé de manière colossale durant les années 2010 la valeur des gratte-ciel, hôtels de luxe ou golfs au coeur de leur empire, la Trump Organization, pour obtenir des prêts plus favorables des banques et de meilleures conditions d'assurance.

La procureure générale de l'Etat de New York Letitia James, qui a porté plainte au civil à l'automne 2022 pour fraudes financières, leur réclame 370 millions de dollars de dédommagements, mais le procès menace aussi de retirer à la famille Trump le contrôle de ses actifs immobiliers.

En retournant jeudi au tribunal pour les plaidoiries finales, Donald Trump, 77 ans, a une nouvelle fois tonné devant la presse contre une "ingérence politique", une "chasse aux sorcières" et un "procès très injuste".

"Mes affaires judiciaires, qu'elles soient civiles ou pénales, ont toutes été montées par Joe Biden, l'escroc Joe Biden", a lancé le milliardaire après l'audience, dans une déclaration à la presse à son "Trump Building" un gratte-ciel historique de Wall Street à Manhattan.

"Ils le font pour interférer avec les élections", a-t-il encore accusé.

A l'audience, le favori des primaires du Parti républicain, qui commencent lundi dans l'Iowa (Midwest), voulait assurer lui-même sa plaidoirie.

Une demande refusée par le juge Arthur Engoron qui redoutait "un discours de campagne" dans le prétoire. Finalement, le magistrat a autorisé Donald Trump à développer quelques arguments et il en a profité pour attaquer la procureure Letitia James, une magistrate afro-américaine élue du Parti démocrate.

Erreurs ou fraude

"Ils veulent s'assurer que je ne gagne plus jamais (les élections). Elle (la procureure générale) déteste Trump... et si je ne peux pas en parler, cela me cause du tort", a-t-il lancé.

Le juge a tenté de l'interrompre, mais M. Trump lui a rétorqué: "Vous poursuivez votre propre objectif, vous ne pouvez pas écouter plus d'une minute".

Depuis que le procès a commencé le 2 octobre, le milliardaire et tribun a tempêté contre la justice à chacune de ses venues au palais de justice de Manhattan, dénonçant un "procès digne d'une république bananière".

Ses avocats plaident un dossier selon eux juridiquement vide.

L'un d'eux, Chris Kise, a bien reconnu de possibles erreurs "non intentionnelles" dans les déclarations financières de son client mais sans qu'il faille "conclure à une fraude".

Or, pour l'accusation, "la myriade de stratagèmes trompeurs utilisés pour gonfler la valeur des actifs et dissimuler des faits était si scandaleuse qu'elle ne peut s'expliquer de manière innocente", selon une note avant l'audience.

«Pas de dictateur»

Signe du climat ultra tendu, la police du comté de Nassau, sur la péninsule de Long Island à l'est de New York, a confirmé que le domicile du juge Engoron avait fait l'objet jeudi à l'aube d'une menace infondée d'alerte à la bombe.

Devant le palais de justice, sous la surveillance d'un hélicoptère, quelques manifestants ont chanté "pas de dictateur aux Etats-Unis".

Lors du procès, Donald Trump s'en était pris violemment à l'équipe du juge, à la procureure générale, et le magistrat lui a imposé deux amendes d'un total de 15 000 dollars.

Contrairement aux procès pénaux qui l'attendent cette année, dont celui pour ses manoeuvres présumées visant à inverser le résultat de la présidentielle de 2020, Donald Trump ne risque pas la prison dans cette affaire civile.

Mais il joue gros.

Avant même le procès, le juge Engoron avait déjà estimé fin septembre que l'accusation présentait "des preuves concluantes qu'entre 2014 et 2021, les prévenus ont surévalué les actifs" du groupe de "812 millions (à) 2,2 milliards de dollars" selon les années, dans les documents financiers de Donald Trump.

En conséquence de "fraudes répétées", il avait ordonné la liquidation des sociétés gérant ses actifs, comme la "Trump Tower" sur la 5e Avenue ou le "Trump Building".

Des mesures suspendues toutefois en appel.

Le procès porte sur d'autres délits, comme des fraudes aux assurances, et sur les pénalités financières réclamées par le parquet général de New York, qui demande dorénavant 370 millions de dollars, loin des 250 millions de la plainte de 2022.

Il reste au juge Engoron à clore les débats et à déterminer le montant du préjudice et des réparations. Sa décision sera rendue d'ici au 31 janvier.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.