France: Les opposants à la loi immigration prêts à ferrailler sur tous les fronts

Plus de 400 collectifs appellent à manifester dimanche dans les grandes villes en France contre la loi immigration (Photo d'illustration, AFP).
Plus de 400 collectifs appellent à manifester dimanche dans les grandes villes en France contre la loi immigration (Photo d'illustration, AFP).
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Publié le Vendredi 12 janvier 2024

France: Les opposants à la loi immigration prêts à ferrailler sur tous les fronts

  • Au total, avec les diverses saisines des Sages, 47 des 86 articles de la loi sont contestés
  • Plus de 200 personnalités appellent à battre le pavé le 21 janvier contre la loi

PARIS: Maintenir la "pression". C'est le mot d'ordre des opposants à la loi immigration en France, qui fédère contre elle une coalition inédite d'organisations prêtes à ferrailler sur tous les fronts, de la rue jusqu'au Conseil constitutionnel, pour faire barrage à un texte inspiré "par l'extrême droite".

Après la sidération, provoquée par l'adoption le 19 décembre du compromis avec les voix du Rassemblement national (RN, extrême droite), place à la réaction.

D'abord dans la rue: plus de 400 collectifs, associations, syndicats et partis politiques, dont plusieurs organisations de sans-papiers, La France insoumise (LFI, gauche radicale) ou encore le syndicat Solidaires, appellent à manifester dimanche dans les grandes villes contre ce texte qui "reprend de nombreuses idées de l'extrême droite, comme la préférence nationale".

"Le retrait de la loi est possible mais la pression doit venir de la mobilisation", a défendu lors d'une conférence de presse Denis Godard, un responsable de la Marche des solidarités.

Autre rendez-vous: plus de 200 personnalités - acteurs, écrivains, journalistes ou encore les secrétaires générales des syndicats CFDT, Marylise Léon, et CGT, Sophie Binet, - appellent à battre le pavé le 21 janvier contre une loi "rédigée sous la dictée des marchands de haine".

«Horreurs constitutionnelles»

La mobilisation contre ce texte "dépasse le cadre habituel des associations qui se sentent concernées" par ce sujet, observe Delphine Rouilleault, directrice générale de l'ONG France terre d'asile, qui veut défendre le 21 janvier une "autre vision de la solidarité".

Un élargissement des oppositions bienvenu, d'autant que l'arrivée à Matignon de Gabriel Attal ne va "pas changer d'un iota la position du gouvernement", pense-t-elle.

Plusieurs centaines d'organisations ont toutefois écrit au nouveau Premier ministre dès sa nomination mardi, réclamant une "clarification" de sa politique migratoire. Dans l'attente, résume Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), ses associations adhérentes ont "gelé les contacts politiques" et ne participent plus à aucune réunion de travail avec les autorités.

La précédente Première ministre Elisabeth Borne s'était engagée, dans le cadre des négociations avec la droite, à mener une réforme de l'Aide médicale d'Etat réservée aux sans-papiers, pour exclure cette discussion de la loi immigration.

"Le ministre de l'Intérieur n'a pas changé" et le gouvernement "attend toujours que le Conseil constitutionnel fasse le boulot qu'il n'a pas voulu faire en laissant adopter un texte rempli d'horreurs constitutionnelles", juge Delphine Rouilleault.

C'est sur ce front que se joue également la bataille. Une coalition de juristes, d'universitaires et de responsables associatifs a adressé une salve de "contributions extérieures" au Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer le 25 janvier après avoir été saisi par le président Emmanuel Macron lui-même et par l'opposition de gauche.

Censure totale ou partielle ?

"C'est une loi extrêmement agressive sur le droit des étrangers, qui pose d'énormes problèmes de constitutionnalité", explique Serge Slama, professeur de droit public à l'université Grenoble-Alpes, qui a coordonné cette initiative.

Au total, avec les diverses saisines des Sages, 47 des 86 articles de la loi sont contestés.

"On défend la censure totale du texte, mais le plus probable, c'est que le Conseil constitutionnel censure des pans entiers qui ont été ajoutés par le Sénat (contrôlé par la droite) sans rapport avec la loi", anticipe Serge Slama.

Pour lui, il est "presque sûr" que les Sages "vont enterrer toutes les dispositions sur la nationalité, les étudiants et la protection sociale", qui font partie des ajouts les plus controversés du texte. Elles introduisent par exemple une durée de résidence de cinq ans pour les étrangers qui ne travaillent pas afin d'accéder à certaines aides sociales, ou encore la fin de l'automaticité de l'obtention de la nationalité française à la majorité pour les personnes nées en France de parents étrangers.

Reste que même constitutionnelles, d'autres mesures fidèles au canevas initial du gouvernement (réforme de l'asile, facilitation des expulsions...) "n'en sont pas moins problématiques", s'inquiète Delphine Rouilleault.

Sur ces points, a indiqué sous couvert d'anonymat un haut-fonctionnaire à l'AFP, l'administration avance déjà en "temps masqué". En langage administratif, cela signifie la mise en place des mesures, avant le feu vert officiel.


JO-2024: en cas de menace, la cérémonie d'ouverture serait «  limitée au Trocadéro », voire au Stade de France, selon Macron

"il y a des plans B et même des plans C", "et on les prépare en parallèle", "on fera une analyse en temps réel" des risques, a dit Emmanuel Macron. (AFP).
"il y a des plans B et même des plans C", "et on les prépare en parallèle", "on fera une analyse en temps réel" des risques, a dit Emmanuel Macron. (AFP).
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  • En cas de menace terroriste, la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, prévue sur la Seine le 26 juillet, pourrait être "limitée au Trocadéro", voire "rapatriée dans le Stade de France"
  • "Cette cérémonie d'ouverture" le long de la Seine, "c'est une première au monde. On peut le faire et on va le faire"

PARIS: En cas de menace terroriste, la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, prévue sur la Seine le 26 juillet, pourrait être "limitée au Trocadéro", voire "rapatriée dans le Stade de France", a déclaré lundi Emmanuel Macron sur BFMTV et RMC.

"Cette cérémonie d'ouverture" le long de la Seine, "c'est une première au monde. On peut le faire et on va le faire", a dit le président dans une interview pour marquer le compte à rebours à 100 jours des JO. Mais "il y a des plans B et même des plans C", "et on les prépare en parallèle", "on fera une analyse en temps réel" des risques, a-t-il ajouté.


Sous la verrière du Grand Palais, dernière ligne droite avant les JO et rendez-vous avec Macron

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  • Dernière ligne droite avant les JO: les travaux battent leur plein sous l'immense verrière du Grand Palais à Paris
  • Construit pour l'Exposition universelle de 1900, le Grand Palais est fermé depuis mars 2021 pour d'importants travaux de réhabilitation au coût "avoisinant 500 millions d'euros", d'après l'Elysée

PARIS: Dernière ligne droite avant les JO: les travaux battent leur plein sous l'immense verrière du Grand Palais à Paris, site des épreuves olympiques et paralympiques d'escrime et de taekwondo, où se rend lundi le président de la République.

Lors de sa visite du chantier, dans le cadre du J-100 avant l'événement, Emmanuel Macron doit rencontrer "une délégation d'ouvriers, de compagnons et d'entreprises, mobilisés sur ce qui est la plus grande restauration patrimoniale initiée ces dernières années en France après Notre-Dame de Paris", selon l'Elysée.

"Il viendra en voisin", se félicite auprès de l'AFP Didier Fusillier, président de la Réunion des musées nationaux (RMN) – Grand Palais, situé à deux pas du palais présidentiel, en plein coeur de la capitale.

Construit pour l'Exposition universelle de 1900, le Grand Palais est fermé depuis mars 2021 pour d'importants travaux de réhabilitation au coût "avoisinant 500 millions d'euros", d'après l'Elysée.

"La remise des clés au Comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo) est prévue le 19 avril (vendredi, NDLR). Ses équipes disposeront de trois mois pour réaliser un énorme travail logistique avant les JO", précise à l'AFP Daniel Sancho, directeur du projet de restauration.

Baignée de lumière à travers sa verrière de 17.500 m2 dotée de charpentes métalliques "d'un vert unique", selon lui, et d'une coupole culminant à 45 mètres de hauteur, la grande nef de 13.500 m2 est longue de 200 mètres.

Tatamis et pistes d'escrime seront disposés en son centre pour les épreuves qui doivent y débuter le 27 juillet.

La nef "pourrait abriter le château de Versailles", s'amuse M. Fusillier, en rappelant qu'avant sa rénovation, elle accueillait déjà toutes sortes d'événements artistiques et culturels, comme des foires et expositions d'art, des défilés de mode et même des épreuves équestres.

Canicule

Balcons, peintures, huisseries, escaliers, ascenseurs, mosaïques, parquets, statuaire... Depuis trois ans, le chantier a été mené "à grande vitesse", dit-il, malgré "beaucoup d'imprévus, ce qui est propre aux grands monuments comme celui-là, lui-même construit en trois ans".

Là où "Matisse, Cézanne et Marquet ont été jeunes ouvriers, le défi, pour notre architecte François Châtillon et ses équipes, était à la fois de respecter le monument en le propulsant dans notre siècle, avec la nécessité de le mettre aux normes", souligne-t-il.

Parmi les plus importants challenges, M. Sancho cite la protection des charpentes métalliques par des peintures contre le feu, la création de nombreuses issues de secours pour pouvoir doubler la jauge de visiteurs (9.000 contre 5.600) et "la dalle (sol, NDLR) de la nef", qui aujourd'hui "peut supporter deux tonnes au m2, soit plus qu'un pont".

Dans les années 2000, l'édifice s'était affaissé de 13 cm en raison de l'usure, par l'eau d'une nappe phréatique, des pieux en chêne portant les fondations. Ils avaient été remplacés à l'époque par des parois moulées en béton et la charpente avait également fait l'objet d'une consolidation importante.

En cas de canicule ou de grand froid, la dalle de la nef sera par ailleurs dotée "d'un réseau de canalisations remplies d'eau, permettant de refroidir ou réchauffer l'espace à hauteur humaine", ajoute M. Sancho.

Joyau de l'Art Nouveau

Pendant les Jeux, la grande nef pourra accueillir 8.000 personnes installées dans deux tribunes et qui entreront par une grande entrée entièrement restaurée.

Les athlètes, eux, "s'entraîneront dans quelques galeries attenantes. Il y aura différents stades d'échauffement, jusqu'au +salon d'honneur+ (un espace de plus de 200 m2), où ils seront en phase finale avant leur compétition. Ils descendront alors les grands escaliers, joyaux de l'Art Nouveau qui ont retrouvé leur couleur bronze d'origine, pour arriver sur les tatamis ou les pistes d'escrime", s'enthousiasme-t-il.

Les travaux dans nombre d'espaces attenants à la nef vont se poursuivre "pendant environ un mois et demi" avant de s'interrompre pour les JO, selon M. Sancho.

"Après les Jeux, qui occuperont environ 30.000 m2 de tout l'espace, la nef va commencer à vivre dès octobre et on se donne jusqu'au mois de mars pour terminer l'ensemble des travaux, afin d'ouvrir la totalité du Grand Palais en juin 2025", détaille-t-il.


Macron accuse l'Iran d'avoir «  décidé de frapper Israël », provoquant «  une rupture profonde  »

La représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations Unies, Nathalie Broadhurst, s'adresse au Conseil de sécurité des Nations Unies lors d'une réunion d'urgence le 14 avril 2024 au siège de l'ONU à New York.  (AFP).
La représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations Unies, Nathalie Broadhurst, s'adresse au Conseil de sécurité des Nations Unies lors d'une réunion d'urgence le 14 avril 2024 au siège de l'ONU à New York. (AFP).
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  • La France a procédé à "des interceptions" de missiles et drones iraniens visant Israël dans la nuit de samedi à dimanche à la demande de la Jordanie
  • Le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné a annoncé dimanche faire convoquer lundi l'ambassadeur d'Iran en France pour "passer un message de fermeté"

PARIS: La France a procédé à "des interceptions" de missiles et drones iraniens visant Israël dans la nuit de samedi à dimanche à la demande de la Jordanie, a confirmé lundi Emmnuel Macron qui veut "tout faire pour éviter l'embrasement" au Moyen-Orient.

"Nous avons une base aérienne en Jordanie (...) L'espace aérien jordanien était violé par ces tirs. Nous avons fait décoller nos avions et nous avons intercepté ce que nous devions intercepter", a déclaré le président français sur les chaînes BFMTV-RMC. En décidant de "frapper Israël" depuis son sol, l'Iran a provoqué "une rupture profonde", a-t-il également estimé.