Yémen: frappes des Houthis contre un navire américain, pas de dommages selon Washington

Des combattants yéménites passent devant un grand portrait du dirigeant huthi Abdulmalik al-Huthi dans une rue de Sanaa, le 18 janvier 2024. Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes sur les positions des Huthis au Yémen pour punir le groupe soutenu par Téhéran d'avoir attaqué la navigation en mer Rouge, ce qui a accru les inquiétudes concernant l'approvisionnement en pétrole et autres produits d'exportation par cette voie navigable. (AFP).
Des combattants yéménites passent devant un grand portrait du dirigeant huthi Abdulmalik al-Huthi dans une rue de Sanaa, le 18 janvier 2024. Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes sur les positions des Huthis au Yémen pour punir le groupe soutenu par Téhéran d'avoir attaqué la navigation en mer Rouge, ce qui a accru les inquiétudes concernant l'approvisionnement en pétrole et autres produits d'exportation par cette voie navigable. (AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 19 janvier 2024

Yémen: frappes des Houthis contre un navire américain, pas de dommages selon Washington

  • L'équipage "a vu les missiles toucher l'eau près du navire" et "il n'a pas été fait état de blessés ou de dommages"
  • Selon le site spécialisé Marine Traffic, le Chem Ranger est un pétrolier américain battant pavillon des îles Marshall

SANAA: Les rebelles yéménites Houthis ont revendiqué tôt vendredi des frappes contre un navire marchand américain circulant dans le Golfe d'Aden, nouvelle attaque en date de ce groupe pro-Iran qui n'a toutefois pas fait de dommage selon Washington.

"Les forces navales des forces armées yéménites (nom que se donne la branche armée des Houthis, ndlr) ont mené une opération ciblée contre un navire américain, le Chem Ranger, dans le Golfe d'Aden avec plusieurs missiles antinavires dont certains ont touché leur cible", ont-ils affirmé dans un communiqué.

Le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a confirmé que les Houthis avaient bien visé, mais avec "deux missiles", le navire marchand Chem Ranger sans toutefois l'atteindre comme le prétendent les rebelles.

L'équipage "a vu les missiles toucher l'eau près du navire" et "il n'a pas été fait état de blessés ou de dommages", a ajouté le Centcom.

Selon le site spécialisé Marine Traffic, le Chem Ranger est un pétrolier américain battant pavillon des îles Marshall qui se trouvait ces derniers jours au large des côtes du Yémen.

De son côté, l'agence de sécurité maritime britannique (UKMTO) a fait état d'un incident à 115 milles nautiques au sud-est de la ville d'Aden avec une explosion à 30 mètres du navire et précisé qu'un drone avait volé à proximité.

"Une riposte aux attaques américaines et britanniques est inévitable, toute nouvelle agression sera punie", ont fait valoir les Houthis, disant cibler uniquement les navires se rendant en Israël "tant qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu et que le siège ne sera pas levé sur Gaza".

Dans un entretien au quotidien russe Izvestia, publié vendredi, un membre de la direction politique des Houthis, Mohammed al-Bukhait, a fustigé "la folie et l'idiotie des Etats-Unis et du Royaume-Uni" qui "ont joué contre eux".

"Désormais aucun de leur navire ne pourra franchir une des principales voies commerciales au monde", affirme le responsable rebelle, assurant que les "autres pays, incluant la Chine et la Russie" ne sont eux pas menacés: "nous sommes même prêts à assurer le passage sécurisé de leurs navires en mer Rouge".

Houthis: "passage sécurisé" en mer Rouge pour les navires de Russie et de Chine

Les rebelles yéménites Houthis, dont les attaques plombent le trafic maritime en mer Rouge, garantissent un "passage sécurisé" aux navires chinois et russes sur cette voie stratégique, a déclaré vendredi un de leurs ténors au quotidien russe Izvestia.

"La folie et l'idiotie des Etats-Unis et du Royaume-Uni ont joué contre eux: désormais aucun de leur navire ne pourra franchir une des principales voies commerciales au monde. Les pertes pour les pays agresseurs sont supérieures aux pertes pour le Yémen", a déclaré Mohammed al-Bukhaiti, un membre de la direction politique des Houthis.

"Pour les autres pays, incluant la Chine et la Russie, leur transport maritime dans la région n'est pas menacé. D'ailleurs, nous sommes même prêts à assurer le passage sécurisé de leurs navires en mer Rouge", a ajouté ce responsable Houthi.

"Mais les navires israéliens, ou ceux ayant un lien même ténu avec Israël, n'auront pas la moindre chance de traverser la mer Rouge", a souligné ce responsable, ajoutant: "notre but est d'augmenter le coût économique pour l'Etat hébreu afin de stopper le carnage à Gaza".

Les otages vont "bien", a assuré M. Bukhaiti, précisant que son mouvement se préparait à différents scénarios incluant même une opération terrestre américaine au Yémen, selon Izvestia.

Frappes américaines

Les Etats-Unis ont frappé jeudi pour la cinquième fois des sites des Houthis au Yémen, en réponse aux attaques de ce groupe soutenu par l'Iran contre des navires marchands en mer Rouge, zone cruciale pour le commerce international.

Plus précisément, Washington a dit avoir frappé des missiles Houthis. "Nous pensons qu'ils étaient prêts à être lancés de manière imminente en mer Rouge", a expliqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale John Kirby.

La porte-parole adjointe du ministère de la Défense, Sabrina Singh, a dit que ces bombardements, entamés en fin de semaine dernière et parfois menés avec le Royaume-Uni, ont pu "détruire une part importante des capacités" des Houthis.

A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères a toutefois appelé les Etats-Unis à cesser leur "agression" contre le Yémen. "Plus les Américains et les Anglais bombardent, moins les Houthis voudront parlementer", a dit Sergueï Lavrov.

Les bombardements américains de jeudi étaient les seconds en moins de 24 heures sur des missiles des Houthis, groupe remis mercredi par Washington sur une de ses listes d'"organisations terroristes".

Le président américain Joe Biden a déclaré d'ailleurs cette semaine que ces frappes continueraient tant que les Houthis perturberont le commerce maritime international au large du Yémen.

Le Danemark entre en scène

Ce groupe soutenu par l'Iran a attaqué des dizaines de navires marchands qu'ils estiment "liés à Israël", en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, depuis le début de la guerre entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza.

Ces attaques, qu'ils disent mener en "solidarité" avec la population de ce territoire palestinien sous contrôle de leurs alliés du Hamas et ravagé par la guerre, ont contraint de très nombreux armateurs à suspendre le passage de leur flotte en mer Rouge pour la rediriger autour de l'Afrique via le cap de Bonne-Espérance, ce qui augmente le temps et le coût du transport maritime.

Face à ces attaques, les Etats-Unis ont mis sur pied une coalition pour patrouiller au large du Yémen et protéger le trafic maritime.

Tous les pays de cette coalition ne participent pas aux frappes mais le Danemark, berceau du N.2 du transport maritime mondial Maersk, a annoncé jeudi qu'il allait s'y joindre. La France a, elle, décidé de ne pas y participer "pour éviter toute escalade" dans la région, selon son président Emmanuel Macron.


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

Short Url
  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Short Url
  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com