Quartier pauvre, quartier riche: à six mois des JO-2024, l'engouement au point mort

Plusieurs épreuves se dérouleront sur le Champ-de-Mars: beach-volley dans un stade monté pour l'occasion au pied de la Tour Eiffel, judo et lutte dans le Grand Palais Ephémère. Plus à l'est, l'esplanade des Invalides accueillera le tir à l'arc. (AFP)
Plusieurs épreuves se dérouleront sur le Champ-de-Mars: beach-volley dans un stade monté pour l'occasion au pied de la Tour Eiffel, judo et lutte dans le Grand Palais Ephémère. Plus à l'est, l'esplanade des Invalides accueillera le tir à l'arc. (AFP)
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Publié le Mercredi 24 janvier 2024

Quartier pauvre, quartier riche: à six mois des JO-2024, l'engouement au point mort

  • Un natif de Saint-Denis redoute une accélération de la gentrification autour de la capitale: Les nouveaux logements construits à Saint-Ouen, ça ne sera pas pour les gens du coin
  • Au coeur de la capitale, un quartier autrement plus huppé, le VIIe arrondissement de Paris, s'apprête aussi à devenir le centre du monde pendant quinze jours

PARIS: Des grands ensembles de Seine-Saint-Denis aux beaux quartiers parisiens, ceux qui vivent aux premières loges des épreuves des Jeux olympiques 2024 ne montrent qu'un faible enthousiasme à six mois de l'évènement, davantage signe pour eux de contraintes quotidiennes.

A l'entrée nord de Paris, le seul canal Saint-Denis sépare le Stade de France du quartier pauvre du Franc-Moisin mais ses grandes tours, en voie de réhabilitation, vivent pour l'heure aux antipodes du rêve olympique.

Samia Achoui, qui essaie d'économiser pour voyager tous les étés, avait tout bonnement oublié que l'évènement attendu depuis son attribution à Paris, en 2017, allait enfin survenir du 26 juillet au 11 août. "J'ai complètement occulté le fait qu'il y avait les Jeux", raconte la secrétaire en comptabilité de 61 ans dans un sourire.

Elle n'aurait rien contre le fait d'aller voir des épreuves mais "vu le prix des billets, trop chers", elle se contentera d'entendre "le bruit des applaudissements," ajoute-t-elle sans rancœur.

«Pas les moyens» de partir...

Les acclamations lors des épreuves d'athlétisme, Jean-Pierre Bagassien ne pourra pas les rater : il habite dans un immeuble coincé entre le stade et l'autoroute.

Fuir la foule qu'il ne supporte plus à son âge ? "Je voudrais bien partir mais je n'en ai pas les moyens," souffle l'homme de 64 ans.

Bonnet enfoncé jusqu'à la moitié des yeux, Achraf, 24 ans, traîne dans la cité du Franc-Moisin, gangrenée par le trafic de stupéfiants. "Avec les Jeux à côté, je pourrais peut-être trouver à travailler," espère-t-il, levant le bras en direction du stade.

En centre-ville de Saint-Denis, le restaurateur Antoine Bento, 70 ans, espère le même dynamisme que lors de la Coupe du monde de rugby, à l'automne 2023: les animations et écrans géants avaient fait gonfler son chiffre d'affaires. "Embaucher des extras, payés à la semaine", tel est déjà son plan.

A un ami attablé qui râle d'avance contre une trop grande affluence dans les transports, il rétorque que l'évènement "va faire briller la France et le quartier".

Les Jeux, Nordine ne veut déjà plus en entendre parler. "Qu’on s'en débarrasse le plus vite possible!", assène ce natif de Saint-Denis, qui n'a pas voulu donner son nom de famille.

Ce sexagénaire redoute une accélération de la gentrification autour de la capitale. "Les nouveaux logements construits à Saint-Ouen (village des athlètes, ndlr), ça ne sera pas pour les gens du coin", tacle Nordine, pestant contre "les bobos (...) qui ont fait monter les prix de tout au quotidien".

...«Tout le monde va partir»

Au coeur de la capitale, un quartier autrement plus huppé, le VIIe arrondissement de Paris, s'apprête aussi à devenir le centre du monde pendant quinze jours.

Plusieurs épreuves se dérouleront sur le Champ-de-Mars: beach-volley dans un stade monté pour l'occasion au pied de la Tour Eiffel, judo et lutte dans le Grand Palais Ephémère. Plus à l'est, l'esplanade des Invalides accueillera le tir à l'arc.

Mais autour de la Dame de Fer, l'enthousiasme a du plomb dans l'aile.

"Je ne serai pas là, c'est en plein été", dit Zoe Ben Amar, responsable commerciale dans l'événementiel pour qui les JO ne changent "pas grand-chose" à ses vacances habituelles.

Comme beaucoup, elle déplore le coût des billets. "Les Parisiens sont là pour payer des impôts, mais pas pour être associés à cet événement", critique la femme de 48 ans, convaincue que "tout le monde va partir".

Bonnet et manteau bleus, Catharina Wulf annonce avec un délicieux accent allemand qu'elle louera son logement à des personnes qu'elle connaît... Les JO? "Ça m'est égal", lâche cette Parisienne élégante, habitant le quartier depuis 25 ans.

Le scepticisme contamine même les plus jeunes. "Déjà, en prenant les transports tous les jours, c'est un peu galère, alors là...", dit Guillaume, 19 ans, étudiant en école de commerce.

Dans cet arrondissement de droite dirigé par Rachida Dati, opposante à la maire PS Anne Hidalgo, l'AFP n'a recueilli, sans surprise, quasiment que des avis hostiles.

Antoine Heslot, 32 ans, gérant de fonds d'investissement immobiliers, fait presque figure d'exception quand il dit qu'il passera "peut-être un week-end ici" pendant la quinzaine olympique.

Circulation «rouge écarlate»

Dans le VIIe aussi, logiquement, la tonalité est un peu meilleure chez les commerçants. "On s'attend à avoir plus de monde" qu'un été normal, quand Paris est une "zone de commerce morte", dit Benjamin Perronnet, caviste de 37 ans.

Mais la principale crainte reste la même: les restrictions de circulation.

Si les restaurants de renom "sont contents" car ils affichent complet, "on va livrer mais ce sera galère", résume Jean-Marie Boëdec, patron d'une boucherie-charcuterie qui redoute les zones "rouge écarlate" où le passage des voitures sera interdit, sauf dérogation.

Le périmètre de protection où la circulation des véhicules motorisés devra être motivée - la zone bleue - englobe la moitié de l'arrondissement, tandis que la zone rouge concerne les environs immédiats de la Tour Eiffel.

La présentation de justificatifs pour entrer dans ces dernières hérisse le poil des commerçants comme des habitants: "le QR code fait très peur, car ça rappelle un peu le confinement" du Covid-19, souligne Zoe Ben Amar.


France: jugement pour Lafarge, accusé de financement du terrorisme en Syrie

Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
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  • L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés
  • Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières

PARIS: La justice française rend lundi son jugement à l'encontre du cimentier Lafarge et huit anciens responsables du groupe accusés de financement du terrorisme pour avoir payé des groupes jihadistes afin qu'ils laissent tourner une usine au milieu de la guerre en Syrie

Dans ce dossier à la croisée du monde international des affaires, de la géopolitique et des eaux troubles du renseignement, l'affaire Lafarge raconte la retentissante compromission d'une grande entreprise pour préserver ses intérêts économiques dans une Syrie à feu et à sang, que les autres multinationales avaient quittée.

"C'est l'histoire d'un dérapage, d'un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l'industrie française, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile", avait fustigé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans ses réquisitions en décembre dernier.

L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.

"On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l'usine si nous étions partis?", a soutenu en interrogatoire Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge. "On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire."

Décortiquant échanges de mails, comptes-rendus de réunions et relevés bancaires, le tribunal correctionnel de Paris s'est plongé de longues semaines durant dans l'engrenage des paiements de Lafarge, via son intermédiaire syrien Firas Tlass, aux groupes Etat islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.

Pour le Pnat, les versements aux entités classées comme "terroristes" ont atteint un montant minimal de près de 4,7 millions d'euros.

"Ahurissant de cynisme" 

Ce système prévoyait le versement d'argent pour, d'une part, financer l'acquisition d'intrants destinés à la production de ciment, tels que les hydrocarbures ou la pouzzolane, et, d'autre part, assurer des "paiements de sécurité" et permettre aux employés de la cimenterie et aux marchandises de passer les barrages dans la région.

Si les prévenus ont soutenu avoir été victimes de "racket", le terme a fait tiquer la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez, plusieurs messages internes à Lafarge faisant plutôt état de "négociations" ou d'"accords".

"Il y avait cette conviction que (la guerre) n'allait pas durer. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas certaines décisions qui ont été prises", a expliqué Bruno Pescheux, l'un des protagonistes du dossier en tant que directeur de la filiale syrienne de Lafarge de 2008 à l'été 2014.

"Cette crise était un tunnel. Tout le monde nous disait que cette crise serait courte, qu'on allait voir la lumière. Mais en fait, la lumière n'est jamais venue", a-t-il dit.

A l'audience, les deux procureures du Pnat ont souligné "l'absence totale d'adhésion à l'idéologie jihadiste" des prévenus, mais noté leur "absence de reconnaissance" et de "regrets" sur les faits.

Elles ont requis à l'encontre de la société Lafarge l'amende maximale de 1,125 million d'euros ainsi qu'une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d'euros.

Contre l'ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui nie mordicus avoir été au courant des versements illicites, le parquet a demandé six ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt différé mais sans exécution provisoire.

Le Pnat estime que Bruno Lafont était bien informé et qu'il a "donné des directives claires" pour maintenir l'activité de l'usine, "un choix purement économique, ahurissant de cynisme".

Malgré les millions versés, la cimenterie de Jalabiya est finalement évacuée par Lafarge dans l'urgence et l'impréparation la plus totale le 18 septembre 2014 face à l'avancée de l'EI. Le lendemain, elle tombe aux mains des jihadistes.

Particularité de ce dossier, des victimes des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et ses environs se sont constituées parties civiles, voyant dans cette affaire l'un des "rouages" des attaques qui ont ensanglanté la France les années suivantes.

 


Macron: Paris et Londres organiseront une «conférence» en vue d'une «mission multinationale pacifique» à Ormuz

La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
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  • "Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X
  • Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations

PARIS: La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron.

"Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X. Autrement dit, cette mission n'a pas vocation à être intégrée directement dans les efforts des Etats-Unis dans le détroit.

Aucun effort ne doit être ménagé pour parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie.

Un règlement qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 13, 2026

Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et censé entrer en vigueur lundi.

Keir Starmer a lui dit ne pas soutenir ce blocus.

Dans son message sur X, le président français a appelé à ne ménager "aucun effort" pour "parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie", "qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité".

"Pour y parvenir, toutes les questions de fond doivent être traitées en leur apportant une réponse durable, aussi bien s’agissant des activités nucléaires et balistiques de l’Iran que de ses actions déstabilisatrices dans la région, mais aussi pour permettre la reprise, le plus rapidement possible, d’une navigation libre et sans entrave dans le détroit d’Ormuz et faire en sorte que le Liban retrouve le chemin de la paix dans le plein respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale", a-t-il insisté.

 


Grenoble: un homme tué par balles, le troisième en une semaine

Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
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  • La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville

LYON: Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police.

Les coups de feu ont été tirés vers 01H15 place André Malraux, dans le quartier Hoche, près d'un point de deal connu de la ville, a précisé cette source.

La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté.

Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville. Une femme de 26 ans qui se trouvait à ses côtés a été légèrement touchée à un bras, "victime collatérale" des tirs, selon le parquet.

Le 8 avril, un homme de 27 ans avait été tué par balles sur un point de deal dans le quartier Villeneuve-Village-Olympique. Il avait été condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et des violences.

Grenoble et certaines de ses banlieues sont régulièrement marquées par des épisodes de violence par arme à feu liées au trafic de drogue.