Syrie: Huit combattants affiliés à l'EI tués dans le sud

La situation dans cette province, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, reste instable malgré le retour des forces du régime (Photo, AFP).
La situation dans cette province, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, reste instable malgré le retour des forces du régime (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 29 janvier 2024

Syrie: Huit combattants affiliés à l'EI tués dans le sud

  • Le dirigeant local tué, originaire de la même province, était en charge de «renforcer les liens entre les cellules» du groupe ultraradical dans le sud du pays
  • Des attentats, des affrontements armés et des assassinats de loyalistes, d'anciens opposants ou même de civils travaillant pour le gouvernement s'y produisent régulièrement

BEYROUTH: Huit combattants affiliés au groupe djihadiste Etat islamique (EI), dont un dirigeant local, ont été tués dimanche dans la province de Deraa dans le sud de la Syrie lors d'affrontements avec des factions locales, a indiqué une ONG.

La situation dans cette province, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, reste instable malgré le retour des forces du régime en juillet 2018 à la faveur d'un accord de réconciliation.

L'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état de huit combattants affiliés à l'EI tués dimanche parmi lesquels "un haut dirigeant, dans des affrontement violents opposant les factions locales à un groupe accusé d'être subordonné à l'EI à Nawa".

Le dirigeant local tué, originaire de la même province, était en charge de "renforcer les liens entre les cellules" du groupe ultraradical dans le sud du pays, ajoute l'ONG basée au Royaume-Uni et qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie.

"Huit terroristes de Daech (acronyme de l'EI en arabe, ndlr), ont été éliminés dans la ville de Nawa, dans la province de Deraa, dont le dirigeant présumé du Hauran", a indiqué de son côté l'agence officielle syrienne Sana.

Les anciens rebelles dans la province de Deraa qui ont accepté un accord parrainé par la Russie, principal allié de Damas, ont pu garder leurs armes légères.

Des attentats, des affrontements armés et des assassinats de loyalistes, d'anciens opposants ou même de civils travaillant pour le gouvernement s'y produisent régulièrement. L'EI y revendique des attaques.

Le 30 novembre 2022, l'EI avait confirmé la mort de son chef, tué en octobre dans la province de Deraa lors d'affrontements avec des combattants locaux.


Beyrouth défend son aéroport après des allégations de stockage d'armes du Hezbollah

Le directeur de l'aéroport de Beyrouth, Fadi el-Hassan, a déclaré à l'AFP que tous les avions arrivant à l'aéroport "sont soumis aux mêmes procédures douanières", y compris les avions iraniens. (AFP)
Le directeur de l'aéroport de Beyrouth, Fadi el-Hassan, a déclaré à l'AFP que tous les avions arrivant à l'aéroport "sont soumis aux mêmes procédures douanières", y compris les avions iraniens. (AFP)
Short Url
  • De hauts responsables libanais ont défendu l'aéroport de Beyrouth lors d'une visite organisée pour la presse et des diplomates lundi pour démentir les informations d'un quotidien britannique selon lequel le Hezbollah y stocke des armes
  • Il avançait en outre que des employés de l'aéroport auraient constaté l'arrivée de "caisses mystérieuses" à l'aéroport de Beyrouth au début des affrontements entre Israël et le Hezbollah

BEYROUTH: De hauts responsables libanais ont défendu l'aéroport de Beyrouth lors d'une visite organisée pour la presse et des diplomates lundi pour démentir les informations d'un quotidien britannique selon lequel le Hezbollah y stocke des armes.

Le mouvement armé et financé par l'Iran a ouvert le front contre Israël le 8 octobre 2023 en soutien à son allié du Hamas palestinien à Gaza.

Dans un article publié en ligne dimanche, The Telegraph a affirmé que le Hezbollah stockait missiles et explosifs iraniens à l'aéroport, situé au sud de la capitale, dans une zone où le Hezbollah est prépondérant.

Il avançait en outre que des employés de l'aéroport auraient constaté l'arrivée de "caisses mystérieuses" à l'aéroport de Beyrouth au début des affrontements entre Israël et le Hezbollah.

Les responsables libanais ont immédiatement démenti ces allégations.

Des diplomates représentant l'Egypte, l'Allemagne ou l'Union européenne entre autres, ainsi que des journalistes, ont participé à la visite chaotique du seul aéroport international du Liban.

Ils ont notamment pénétré dans un entrepôt où des cartons de marchandises étaient empilés sur des palettes, dans lequel sont placées les marchandises en provenance d'Iran et d'autres destinations.

Les visiteurs sont ensuite entrés dans un immense entrepôt adjacent au tarmac, où davantage de marchandises étaient stockées.

"L'aéroport respecte les normes internationales", a assuré le ministre des Transports Ali Hamié, qui a dirigé la visite.

Il a ajouté que l'article du Telegraph s'inscrivait dans le cadre d'une "guerre psychologique" contre le Liban et constituait une "atteinte à la réputation" de l'aéroport.

"Notre présence est un message de soutien" au Liban et "un message à toutes les parties pour dire que le calme est nécessaire", a déclaré l'ambassadeur égyptien Alaa Moussa, même si selon lui, inspecter l'aéroport n'est pas du ressort des diplomates.

« Eté prometteur »

Le directeur de l'aéroport de Beyrouth, Fadi el-Hassan, a déclaré à l'AFP que tous les avions arrivant à l'aéroport "sont soumis aux mêmes procédures douanières", y compris les avions iraniens.

Il a indiqué que les arrivées à Beyrouth étaient en augmentation et que "les passagers arrivés au Liban depuis début juin ont dépassé les 300.000 -- c'est un très bon chiffre".

"Si Dieu le veut, on s'attend à un été prometteur", a-t-il déclaré, les expatriés ayant pour habitude de revenir en grand nombre pour passer l'été au Liban.

Dans le hall des arrivées, des familles attendaient leurs proches, certaines portant des bouquets de fleurs, tandis que les détails des vols en provenance notamment de Chypre, de Turquie, d'Égypte et du Qatar apparaissaient sur les écrans d'affichage.

Rola Qassem, une femme au foyer d'une cinquantaine d'années qui venait d'arriver de Côte d'Ivoire pour passer l'été dans le sud du Liban avec sa famille, a affirmé ne pas croire aux informations faisant état d'armes stockées à l'aéroport.

"Ce sont des mensonges pour que les gens aient peur d'aller au Liban, pour arrêter le tourisme", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Le Hezbollah n'a pas commenté les informations du quotidien britannique.

Israël accuse depuis plusieurs années le Hezbollah, de convertir des roquettes en missiles de précision, notamment sur un site près de l'aéroport international de Beyrouth, ce que le mouvement chiite avait démenti en 2020.

La rhétorique belliqueuse et l'intensification des échanges de tirs transfrontaliers entre le Hezbollah et Israël ces derniers jours font craindre une extension du conflit.

Israël a bombardé l'aéroport de Beyrouth lors de ses conflits par le Liban par le passé, dont la dernière guerre contre le Hezbollah en 2006.


La Jordanie interdit à dix personnes de voyager et accuse vingt-huit autres de traite d’êtres humains et de fraude dans l’affaire des pèlerins

Des pèlerins musulmans accomplissent le rituel de la circumambulation d’adieu, ou «tawaf», qui consiste à faire sept fois le tour de la Kaaba, le site le plus sacré de l’islam, à la Grande mosquée de la Ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des pèlerins musulmans accomplissent le rituel de la circumambulation d’adieu, ou «tawaf», qui consiste à faire sept fois le tour de la Kaaba, le site le plus sacré de l’islam, à la Grande mosquée de la Ville sainte de La Mecque. (AFP)
Short Url
  • Le ministère public demandera à l’Unité de lutte contre la cybercriminalité de contrôler et de surveiller les témoignages des victimes et les vidéos relatives à la promotion du Hajj illégal sur les réseaux sociaux
  • Des agences de voyages du monde entier ont trompé des visiteurs étrangers se rendant en Arabie saoudite en leur délivrant des visas qui n’étaient pas destinés au Hajj

LE CAIRE: La Jordanie a déclaré qu’elle avait interdit à dix personnes de voyager et qu’elle avait accusé vingt-huit autres de traite d’êtres humains et de fraude pour avoir envoyé au pèlerinage du Hajj un nombre de Jordaniens dépassant le quota officiel du pays, rapporte l’agence de presse Petra.

Le ministère public a annoncé les résultats de ce qu’il a appelé des «enquêtes préliminaires» sur l’affaire des Jordaniens qui se sont rendus pour accomplir les rituels du Hajj «en dehors du cadre de la mission officielle de l’année 2024, ce qui a entraîné la mort de quatre-vingt-dix-neuf personnes», citant les derniers chiffres publiés par le ministère jordanien des Affaires étrangères et des Affaires des expatriés.

L’agence de presse indique aujourd’hui qu’à la suite de l’enquête, le ministère public avait accusé vingt-huit personnes de traite d’êtres humains et de fraude.

Elle ajoute que le ministère public a décidé d’arrêter dix-neuf personnes, dont une femme, et d’interdire à dix personnes de voyager dans l’attente de l’issue de l’enquête.

Le ministère public demandera également à l’Unité de lutte contre la cybercriminalité de contrôler et de surveiller les témoignages des victimes et les vidéos relatives à la promotion du Hajj illégal sur les réseaux sociaux.

Des agences de voyages du monde entier ont trompé des visiteurs étrangers se rendant en Arabie saoudite en leur délivrant des visas qui n’étaient pas destinés au Hajj et en les encourageant à enfreindre le règlement en passant deux mois à La Mecque avant le pèlerinage, a précisé lundi un porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Le porte-parole chargé de la sécurité du ministère saoudien de l’Intérieur, le colonel Talal ben Abdel Mohsen ben Chalhoub, a mentionné que mille trois cent une personnes étaient mortes pendant le Hajj, dont mille soixante-dix-neuf pèlerins qui n’avaient pas de permis pour le Hajj. Les personnes décédées qui n’étaient pas autorisées à effectuer le Hajj représentent 83% du total des décès.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un cinquième de la population de Gaza passe des jours sans manger, selon un rapport de l’ONU

641 mots La famille palestinienne Al-Naji partage le repas de l’iftar, la rupture du jeûne, au milieu des ruines de leur maison familiale.
641 mots La famille palestinienne Al-Naji partage le repas de l’iftar, la rupture du jeûne, au milieu des ruines de leur maison familiale.
Short Url
  • Plus de 495 000 habitants de Gaza sont actuellement confrontés à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë
  • Bien que le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire n’ait pas officiellement déclaré l’état de famine, qui nécessite un ensemble de conditions strictes, la situation à Gaza est désastreuse

LONDRES: Plus de 495 000 habitants de Gaza, représentant un cinquième de la population de l’enclave, sont actuellement confrontés à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë, caractérisés par un manque extrême de nourriture, la famine et l’épuisement, selon un rapport de l’ONU qui sera bientôt publié.

Le dernier «Aperçu spécial» sur la bande de Gaza, réalisé par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), sera publié aujourd’hui, selon le quotidien The Guardian.

Le rapport de l’ONU révélera également que plus de la moitié des ménages de Gaza ont dû vendre ou échanger des vêtements pour acheter de la nourriture, alors que le risque de famine reste élevé dans le territoire à la suite des récentes violences.

Les autorités israéliennes contrôlent étroitement l’entrée à Gaza, et tout déplacement doit être autorisé par l’armée. De plus, les décombres abîment les routes, le carburant se fait rare et les réseaux d’électricité et de communication fonctionnent à peine.

Au début de la guerre, Israël a imposé un siège complet de la bande de Gaza, qui n’a été que progressivement allégé sous la pression des États-Unis. La guerre a considérablement réduit la capacité de Gaza à produire sa propre nourriture.

D’après l’IPC, les livraisons de nourriture et les services nutritionnels dans le nord de Gaza se sont considérablement accrus en mars et en avril, permettant d’éviter la famine et d’améliorer les conditions dans le sud du territoire. Cependant, la situation s’est à nouveau détériorée en raison de la recrudescence des hostilités, et la bande de Gaza reste exposée au risque de famine tant que le conflit se poursuit et que l’accès à l’aide humanitaire est limité, indique une ébauche du rapport obtenue par The Guardian.

Plus de la moitié des ménages ont rapporté qu’ils manquaient souvent de nourriture à la maison, et plus de 20% passent des jours et des nuits entiers sans manger, précise The Guardian. La tendance la plus récente est négative et très instable. Si elle se poursuit, l’amélioration observée en avril pourrait rapidement s’inverser.

Les agences de l’ONU et les organisations humanitaires affirment qu’il est difficile de se rendre au poste-frontière de Kerem Shalom en raison des combats en cours, des restrictions israéliennes, des problèmes de coordination avec l’armée et de l’effondrement de l’ordre public.

Bien que l’IPC n’ait pas officiellement déclaré l’état de famine, qui nécessite un ensemble de conditions strictes, la situation à Gaza est désastreuse. Le stade 5 de l’IPC, le stade extrême de la faim qui touche 22% de la population de Gaza, se rapproche d’une situation de famine.

Pour qu’une famine soit officiellement déclarée, il faut que 20% des ménages souffrent d’un manque extrême de nourriture, que 30% des enfants souffrent de malnutrition aiguë et qu’au moins 2 adultes ou 4 enfants sur 10 000 personnes meurent chaque jour.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé que le fait qu’Israël affame délibérément la population par les restrictions qu’il impose à l’acheminement de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza pouvait constituer un crime de guerre. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont prévenu que d’ici à la mi-juillet, plus d’un million de personnes pourraient être mortes ou affamées.

Un communiqué conjoint du haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, et du commissaire européen à l’Aide humanitaire et à la Réaction aux crises, Janez Lenarcic, indique que «la crise à Gaza a atteint un nouveau point de non-retour. L’acheminement d’une aide humanitaire importante à l’intérieur de Gaza est devenu quasiment impossible et le tissu même de la société civile est en train de se défaire.»

Avant la publication du rapport de l’IPC sur Gaza, Kate Phillips-Barrasso, vice-présidente de la politique mondiale et du plaidoyer pour Mercy Corps, a souligné que «les habitants de Gaza sont confrontés à des conditions inhumaines et recourent à des mesures désespérées comme faire bouillir des herbes, manger de la nourriture pour animaux et échanger des vêtements contre de l’argent pour lutter contre la faim et garder leurs enfants en vie».

«La situation humanitaire se détériore rapidement et le spectre de la famine continue de planer sur Gaza. L’aide humanitaire est limitée. La communauté internationale doit impérativement exercer une pression sans relâche pour obtenir un cessez-le-feu et assurer un accès humanitaire durable. La population ne peut plus supporter cette situation.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com