Fautes d'élèves, des écoles londoniennes menacées de fermeture

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'entretient avec des élèves d'une école du nord de Londres, lors d'une visite, le 16 octobre 2023. (Photo par Jonathan Buckmaster POOL AFP)
Le Premier ministre britannique Rishi Sunak s'entretient avec des élèves d'une école du nord de Londres, lors d'une visite, le 16 octobre 2023. (Photo par Jonathan Buckmaster POOL AFP)
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Publié le Lundi 29 janvier 2024

Fautes d'élèves, des écoles londoniennes menacées de fermeture

  • Dans les quatre ans qui viennent, la capitale britannique va perdre près de 8.000 élèves, prédit le London Councils, qui rassemble les différents arrondissement de Londres
  • La principale raison de la baisse à venir des demandes de places dans les écoles est un recul de 17% du taux de natalité entre 2012 et 2021, qui représente un manque de 23.225 naissances sur la période

LONDRES, Royaume-Uni : De nombreuses écoles pourraient fermer à Londres, conséquence d'un moindre nombre d'enfants à scolariser, dû aux départs de beaucoup de familles avec la hausse du coût de la vie et le Brexit, et à des naissances en baisse, alerte un rapport lundi.

Dans les quatre ans qui viennent, la capitale britannique va perdre près de 8.000 élèves, prédit le London Councils, qui rassemble les différents arrondissement de Londres, et qui s'inquiète de la viabilité de certains établissements face à ce déclin annoncé.

«Il y a de nombreux facteurs locaux qui ont pu conduire les familles à quitter Londres, comme l'impact de la pandémie de Covid-19, l'augmentation du coût de la vie, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, ou encore le manque de logements abordables», détaille le rapport.

Mais la principale raison de la baisse à venir des demandes de places dans les écoles est un recul de 17% du taux de natalité entre 2012 et 2021, qui représente un manque de 23.225 naissances sur la période.

Dans certains endroits, cela pourrait entrainer «de potentielles fermetures d'écoles», s'inquiète-t-il, un mouvement déjà observé dans certains quartiers.

Les écoles, qui reçoivent un financement de l'Etat en fonction du nombre d'élèves qu'elles accueillent et dont «beaucoup sont déjà en déficit», devront prendre de «difficiles décisions» pour équilibrer leurs budgets, prévient le rapport, comme réduire le nombre d'enseignants, les matières enseignées ou les activités qu'elles proposent aux enfants.

«Il y a un risque imminent que la baisse des effectifs et les budgets contraints conduisent à un recul des standards, qui aura un impact sur le niveau d'éducation des enfants à long terme», insiste le rapport.

Cet «exode urbain» des jeunes familles du fait de la crise du logement et de la hausse des coûts de garde d'enfants a créé des difficultés similaires pour les écoles d'autres villes d'Angleterre, soulignait il y a quelques semaines le journal The Guardian.


Au Kenya, des girafes pour apporter la paix entre communautés

Un petit girafon se promène au coucher du soleil lors des célébrations communautaires organisées en l'honneur de l'arrivée de plusieurs girafes sauvages dans le cadre d'un exercice de transfert d'animaux sauvages dans la réserve de Ruko, le 7 juillet 2024 (Fournie)
Un petit girafon se promène au coucher du soleil lors des célébrations communautaires organisées en l'honneur de l'arrivée de plusieurs girafes sauvages dans le cadre d'un exercice de transfert d'animaux sauvages dans la réserve de Ruko, le 7 juillet 2024 (Fournie)
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  • Cette réserve a été créée au milieu des années 2000 avec un double objectif: réintroduire des girafes dans une région qu'elles avaient désertées et ramener la paix entre les deux ethnies locales
  • La réserve de Ruko, qui abrite désormais près d'une vingtaine de girafes, est un moyen de protéger ces animaux, qui ont connu un déclin ces dernières décennies au Kenya en raison de la réduction de leur espace naturel et de la chasse illégale.

BARINGO: Les pick-ups filent à vive allure à la poursuite des girafes. Arrivé à leur hauteur, un vétérinaire tire une fléchette tranquillisante sur l'une d'entre elles. Au bout de plusieurs minutes, les rangers parviennent à l'immobiliser au sol à l'aide de cordes.

Le vétérinaire de l'agence kényane de protection de la nature (Kenya Wildlife Service, KWS) descend du véhicule et vérifie ses signes vitaux. Tout va bien. Elles pourra être conduite dans un petit enclos de la ferme de Sergoit, dans la vallée du Rift, dans l'Ouest du Kenya.

Après une période d'acclimatation d'une dizaine de jours, huit girafes au total rejoindront la réserve de Ruko, située à 140 kilomètres à l'est, non loin du lac Baringo.

Cette réserve a été créée au milieu des années 2000 avec un double objectif: réintroduire des girafes dans une région qu'elles avaient désertées et ramener la paix entre les deux ethnies locales, les Pokot et les Ilchamus, qui se sont opposées durant des décennies dans de violents affrontements, parfois armés.

L'idée des anciens des deux communautés à l'origine du projet est de "garantir la paix" en attirant des touristes pour générer des revenus et développer cette région aride et déshéritée.

"Il y a 20 ans, Pokot et Ilchamus étaient en conflit à cause de vols de bétails, ça a coûté des vies. Les gens ont été forcés de quitter leurs terres. Cet endroit était devenu un désert, un terrain d'affrontement de bandits", raconte la responsable de la réserve, Rebby Sebei.

- "Une seule communauté" -

Douglas Longomo attend l'arrivée des girafes dans la réserve. Ce fermier pokot de 27 ans affirme qu'il a "fallu du temps" pour convaincre certaines personnes de la nécessité de mettre fin aux affrontements pour développer le tourisme.

Parfois chassées pour leur viande, les girafes sont aujourd'hui une source d'intérêt commun et de coopération.

Depuis l'arrivée des premières girafes dans la réserve en 2011, "nous n'avons jamais eu aucun problème de braconnage", se félicite Rebby Sebei.

"Maintenant nous vivons comme une seule communauté, nous pouvons nous déplacer librement sans aucune crainte", sourit Douglas Lomgomo, soulignant que les deux communautés sont prêtes à "prendre soin de ces girafes car nous pouvons en tirer profit".

"J'espère que ces girafes (créeront) de bons emplois", ajoute James Parkitore, mécanicien de 28 ans, membre de la communauté Ilchamus: "Je pense (que le conflit) est derrière nous maintenant car nous avons des interactions".

Rebby Sebei tempère: il subsiste quelques "petits conflits", mais rien qui "conduit à la séparation des deux communautés".

Avant l'arrivée des girafes dans la réserve, les deux communautés tiennent même une cérémonie commune, dansent et chantent ensemble, une scène inconcevable au milieu des années 2000.

- "Plus de girafes" -

La réserve de Ruko, qui abrite désormais près d'une vingtaine de girafes, est un moyen de protéger ces animaux, qui ont connu un déclin ces dernières décennies au Kenya en raison de la réduction de leur espace naturel et de la chasse illégale.

On y trouve deux espèces différentes, girafe de Rothschild et girafe massaï. Les faire cohabiter permet d'"observer comment elles se reproduisent", souligne Isaac Lekolool, l'un des responsables des Services vétérinaires et de capture au sein du KWS.

Rebby Sebei estime que ce n'est qu'un début. "La paix règne et nous devons amener plus de girafes", sourit-elle.

Les responsables de la réserve de Ruko se prennent même à rêver de se faire une place dans le paysage touristique kényan, aux côtés des célèbres parcs nationaux de Massai Mara et Amboseli.


2024, année décisive pour que le sida cesse d'être une menace de santé publique

Le président guatémaltèque Bernardo Arevalo (à droite) serrant la main du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, au Palais de la culture à Guatemala City, le 16 juillet 2024.
Le président guatémaltèque Bernardo Arevalo (à droite) serrant la main du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, au Palais de la culture à Guatemala City, le 16 juillet 2024.
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  • Si les chiffres de 2023 montrent globalement un mieux, l'agence de l'ONU rappelle que la pandémie a tué plus de 42 millions de personnes et que ces progrès restent fragiles.
  • Et si dans certains pays d’Afrique subsaharienne les nouvelles infections ont baissé de plus de moitié et les décès jusqu’à 60% depuis 2010, "nous avons également des régions comme l'Europe de l'Est, l'Asie centrale et l'Amérique latine .

GENEVE : L'année 2024 et les décisions prises par les responsables politiques détermineront si oui ou non le monde atteindra l'objectif d'éliminer le sida comme menace de santé publique d'ici 2030, a jugé Onusida lundi.

Si les chiffres de 2023 montrent globalement un mieux, l'agence de l'ONU rappelle que la pandémie a tué plus de 42 millions de personnes et que ces progrès restent fragiles.

En 2023, un peu moins de 40 millions de personnes vivaient avec le virus du sida, le VIH, révèle le rapport annuel de l'organisation. Environ 1,3 million ont été nouvellement infectées l'année dernière, soit quelque 100.000 de moins qu'un an plus tôt.

C'est 60% de moins que lors du pic de 1995, quand 3,3 millions de personnes avaient attrapé le VIH.

Mais Onusida n'est pas satisfait parce que l'objectif de seulement 330.000 infections en 2025 semble inatteignable.

Le sida tue aussi beaucoup moins : 630.000 morts en 2023, contre 670.000 décès l'année précédente. C'est aussi 69% de moins qu'en 2004 l'année noire de la pandémie.

L'accès à une thérapie antirétrovirale est l'enjeu majeur, parce que très efficace aujourd'hui.

A fin décembre 2023, 30,7 millions de personnes avaient accès à une de ces thérapies, contre seulement 7,7 millions en 2010, mais ce chiffre demeure en deçà de l'objectif 2025 fixé à 34 millions de personnes.

Et surtout presque un quart des personnes infectées par le virus n'ont pas de traitement.

L'Afrique orientale et Australe reste la région la plus touchée : 20,8 millions de personnes y vivent avec le VIH, 450.000 ont été infectées l'année dernière et 260.000 en sont mortes.

- Stigmatisation = infection -

Si elle note les progrès réalisés, Winnie Byanyima a souligné qu'il "existe un important déficit de financement qui freine la riposte au VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire".

Elle l'estime à 9,5 milliards de dollars par an. Vient s'y ajouter le poids de la dette publique qui force de nombreux pays pauvres, à choisir entre le remboursement et les dépenses de santé par exemple.

Elle a aussi appelé à accélérer la distribution d'anti-rétroviraux à longue durée, comme le lenacapavir, qui nécessite seulement deux injections par an. Elle exhorte le laboratoire américain Gilead à en partager sa licence.

Une étude montre que "les fabricants de génériques pourraient produire du lenacapavir, non pas pour 40.000 dollars ou plus par an, mais pour moins de 100 dollars par personne et par an", a souligné Mme Byanyima.

"Une personne meurt encore chaque minute de maladies liées au VIH",  rappelle-t-elle.

Enfin la stigmatisation et la discrimination, parfois la criminalisation, dont sont victimes certains groupes de personnes empêchent aussi les progrès parce qu'elles ne peuvent pas se faire aider et se soigner sans danger.

Les chiffres sont éloquents : dans le monde, la prévalence médiane du VIH chez les adultes âgés de 15 à 49 ans était de 0,8%.

La prévalence est de 2,3% chez les jeunes femmes et les filles âgées de 15 à 24 ans en Afrique orientale et australe, elle est de 7,7% chez les gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, de 3% chez les travailleurs et travailleuses du sexe, de 5% chez les consommateurs et consommatrices de drogues injectables, de 9,2% chez les personnes transgenres et de 1,3% chez les personnes en prison.

- Action coordonnée -

Dans un entretien à l'AFP, Mme Byanyima a dénoncé une "action bien coordonnée et bien financée" contre les droits LGBT+, les droits reproductifs et l'égalité des sexes menée par des pays et des groupes socialement conservateurs, comme l'Organisation de la coopération islamique ou des organismes chrétiens américains.

Et si dans certains pays d’Afrique subsaharienne les nouvelles infections ont baissé de plus de moitié et les décès jusqu’à 60% depuis 2010, "nous avons également des régions comme l'Europe de l'Est, l'Asie centrale et l'Amérique latine où les nouvelles infections évoluent dans la mauvaise direction et augmentent", insiste t-elle.

En Europe de l'est et Asie centrale, seulement la moitié des personnes infectées par le VIH sont traitées et en Afrique du nord et Moyen-Orient c'est seulement 49% contre 77% de moyenne mondiale.

"La stigmatisation tue. La solidarité sauve des vies", ont résumé Mme Byanyima et le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk dans un communiqué commun.


Kamala Harris, la pionnière face à l'ultime plafond de verre, compte «  battre Donald Trump  »

Kamala Harris, surnommée "Momala" dans sa famille recomposée, est aussi férue de cuisine. Lors d'un voyage officiel à Paris, elle s'était rapidement échappée pour acheter des casseroles en cuivre. (AFP)
Kamala Harris, surnommée "Momala" dans sa famille recomposée, est aussi férue de cuisine. Lors d'un voyage officiel à Paris, elle s'était rapidement échappée pour acheter des casseroles en cuivre. (AFP)
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  • Celle qui a brisé un après l'autre les plafonds de verre, selon les propres mots de Joe Biden, a récolté son soutien pour remporter l'investiture du Parti démocrate
  • La native d'Oakland, en Californie, avait durement attaqué un certain Joe Biden sur son opposition passée à une politique de déségrégation raciale qui consistait à transporter en bus certains enfants vers des écoles éloignées, et dont elle avait bénéficié

WASHINGTON: Brisera-t-elle l'ultime plafond de verre? La vice-présidente Kamala Harris, lancée dans la course pour remplacer Joe Biden comme candidate des démocrates à l'élection de novembre, pourrait écrire une nouvelle page de l'histoire américaine.

Elle l'a déjà fait en devenant en janvier 2021 la première femme, la première Afro-Américaine et la première personne d'origine asiatique à accéder à la vice-présidence.

Celle qui a brisé un après l'autre les plafonds de verre, selon les propres mots de Joe Biden, a récolté son soutien pour remporter l'investiture du Parti démocrate.

"Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour unifier le Parti démocrate -- et unir notre nation -- pour battre Donald Trump", a-t-elle déclaré dans un communiqué, saluant "l'acte désintéressé et patriotique" du président.

La vice-présidente, âgée de 59 ans, raconte souvent avoir manifesté enfant pour les droits civiques, en compagnie de son père jamaïcain, professeur d'économie, et de sa mère indienne, chercheuse spécialiste du cancer du sein.

La « petite fille » du bus

C'est aussi dans son enfance qu'elle a puisé le souvenir qui l'a révélée pendant un débat de la primaire démocrate en 2019.

La native d'Oakland, en Californie, avait durement attaqué un certain Joe Biden sur son opposition passée à une politique de déségrégation raciale qui consistait à transporter en bus certains enfants vers des écoles éloignées, et dont elle avait bénéficié.

"La petite fille (dans le bus), c'était moi", avait-elle lancé.

Cette sortie remarquée n'avait pas sauvé une campagne ratée, interrompue avant même le premier scrutin des primaires.

Joe Biden l'a ensuite invitée sur son "ticket", l'exposant ainsi aux attaques de son adversaire républicain Donald Trump.

En 2020, l'ancien président a qualifié la démocrate de "monstre" et de "femme colérique", des termes renvoyant à des stéréotypes racistes sur les femmes noires.

Après un débat calamiteux de Joe Biden face à Donald Trump le 27 juin 2024, le milliardaire de 78 ans, anticipant un retrait du président américain, a relancé ses attaques.

Toujours en quête de surnoms moqueurs pour ses opposants, il a commencé à l'appeler "Kamala l'hilare" ("Laffin' Kamala"), en référence à son rire tonitruant, tandis que son équipe de campagne a entrepris de la décrire comme une gauchiste invétérée.

Diplômée de l'université Howard, fondée à Washington pour accueillir les étudiants afro-américains en pleine ségrégation, Kamala Harris est fière de son parcours emblématique du rêve américain.