Attaque meurtrière en Jordanie: Washington promet des représailles décisives

Joe Biden répondra «d'une manière très conséquente», avait prévenu John Kirby auparavant sur CNN, se refusant à discuter des cibles envisagées, y compris si des frappes en Iran étaient à l'ordre du jour. (AFP)
Joe Biden répondra «d'une manière très conséquente», avait prévenu John Kirby auparavant sur CNN, se refusant à discuter des cibles envisagées, y compris si des frappes en Iran étaient à l'ordre du jour. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 30 janvier 2024

Attaque meurtrière en Jordanie: Washington promet des représailles décisives

  • Il s'agit des premiers décès de militaires américains dans une attaque depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre
  • Trois militaires américains ont été tués au moment où les troupes dormaient et plus de 40 personnes ont été blessées, un bilan qui s'ajoute aux 80 personnes blessées dans de précédentes violences

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi des représailles "conséquentes" après une frappe de drone en Jordanie imputée à des groupes pro-Iran qui a coûté la vie à trois militaires américains, Téhéran démentant toute implication dans l'attaque survenue dans un contexte régional explosif.

Il s'agit des premiers décès de militaires américains dans une attaque depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre. Ils font craindre l'escalade alors que les combats font rage dans la bande de Gaza pilonnée par Israël et que des accès de violence secouent d'autres régions du Moyen-Orient.

"Washington ne cherche pas la guerre avec l'Iran", a déclaré à la presse lundi John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. Mais "cette attaque représente une escalade, que ce soit bien clair, et elle appelle une réponse".

Le président américain Joe Biden a rencontré des hauts responsables pour discuter de la situation, dont Jake Sullivan, son conseiller à la Sécurité nationale,  Brett McGurk, son conseiller pour le Moyen-Orient et son ministre de la Défense Lloyd Austin.

Joe Biden répondra "d'une manière très conséquente", avait prévenu John Kirby auparavant sur CNN, se refusant à discuter des cibles envisagées, y compris si des frappes en Iran étaient à l'ordre du jour.

Téhéran a assuré n'avoir rien à voir avec l'attaque et a démenti les accusations américaines sur son soutien aux groupes qui ont ciblé dimanche la Tour 22, une base reculée située dans le nord-est de la Jordanie, près des frontières avec l'Irak et la Syrie.

Nouvelle attaque en Syrie

Trois militaires américains ont été tués au moment où les troupes dormaient et plus de 40 personnes ont été blessées, un bilan qui s'ajoute aux 80 personnes blessées dans de précédentes violences, a précisé Sabrina Singh, une porte-parole du Pentagone.

D'après les médias américains, citant des sources officielles, les forces ont peut-être échoué à déjouer l'attaque, ne parvenant pas à déterminer si le drone était ennemi ou s'il s'agissait d'un engin américain de retour dans sa base. Le Pentagone n'a pas confirmé, disant que l'enquête était toujours en cours.

Selon Mme Singh, l'attaque portait "l'empreinte des Kataëb Hezbollah", un groupe irakien soutenu par l'Iran et que le Pentagone a accusé d'être à l'origine de violences antérieures.

Les forces américaines et de la coalition internationale antijihadistes ont également été visées lundi par des tirs de missiles sur la base de Shaddadi dans le nord-est de la Syrie, sans faire ni victime ni dégât.

Depuis la mi-octobre, des groupes armés pro-Iran tirent des roquettes et utilisent des drones contre les troupes de Washington et de la coalition internationale.

Au total, celles-ci ont été visé par plus de 165 attaques -- 66 en Irak, 98 en Syrie et une en Jordanie.

Washington déploie environ 2 500 militaires en Irak et 900 en Syrie, dans le cadre d'un dispositif destiné à lutter contre une éventuelle résurgence du groupe Etat islamique (EI).

«Spirale de la violence»

En représailles aux attaques sur son personnel, Washington avait déjà mené plusieurs frappes en Irak contre des combattants de groupes armés pro-Iran.

Tout comme au Yémen où des bombardements ont pris pour cible des positions des rebelles Houthis, qui eux visent le trafic maritime international en mer Rouge et dans le golfe d'Aden.

Bagdad a condamné lundi l'attaque contre les soldats américains en Jordanie, tout en appelant à "stopper la spirale de la violence" au Moyen-Orient.

L'attaque a également été condamnée par l'Egypte, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la France et le Royaume-Uni dont le chef de la diplomatie, David Cameron, a appelé l'Iran à "la désescalade dans la région".

La situation est explosive au Moyen-Orient depuis l'attaque inédite du Hamas palestinien sur le sol israélien le 7 octobre, qui entraîné la mort d'environ 1 140 personnes en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le mouvement islamiste palestinien et les  opérations militaires israéliennes dans le territoire ont fait 26 637 morts, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.


La Turquie déterminée à porter ses relations avec l'Arabie saoudite à un niveau supérieur, déclare Erdogan au prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Short Url
  • Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une session d'entretiens au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi
  • Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile

RIYAD: Le président turc Tayyip Erdogan a rencontré mardi à Riyad le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman et lui a dit que la Turquie était déterminée à porter ses relations à un niveau plus élevé dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l'industrie de la défense, a indiqué le bureau de M. Erdogan.

M. Erdogan a également dit au prince héritier saoudien que le soutien de la Turquie à la stabilité en Syrie se poursuivrait et que la Turquie travaillerait en coopération avec l'Arabie saoudite pour reconstruire la Syrie, a déclaré la présidence turque dans un communiqué.
 

M. Erdogan et la délégation qui l'accompagne ont quitté Riyad mercredi et ont été accueillis à l'aéroport international King Khalid par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz.

Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile. Elle condamne également les violations israéliennes du territoire syrien et exige le retrait immédiat d'Israël de tous les territoires syriens occupés.

La déclaration appelle également au rétablissement de la paix et de la stabilité au Soudan, dans les territoires palestiniens et au Yémen.

Elle condamne les agressions israéliennes à Gaza et appelle à un cessez-le-feu et à la fin de l'occupation israélienne.

La Turquie a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour résoudre la crise yéménite, ainsi que l'organisation par le Royaume d'un dialogue inclusif à Riyad, réunissant toutes les factions du sud du Yémen.

Les deux pays ont insisté sur la nécessité de lutter contre tout soutien à des entités internes au Yémen qui visent à porter atteinte à sa sécurité et à sa stabilité.

L'Arabie saoudite et la Turquie ont également insisté sur la nécessité de lancer un processus politique dirigé par le Soudan à travers un gouvernement civil, selon le communiqué.

Plus tôt dans la journée de mardi, le prince héritier a reçu M. Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, où les deux dirigeants se sont entretenus.

Le dirigeant turc a été accueilli par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, et d'autres hauts responsables saoudiens à son arrivée à l'aéroport international King Khalid.

(avec Reuters)


Le premier ministre libanais dit qu'il ne laissera pas son pays être entrainé dans un nouveau conflit

Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Salam a déclaré que l’objectif du Liban était de renforcer sa souveraineté et d’attirer les investissements internationaux. (WGS)
Short Url
  • Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé que le Liban ne serait pas entraîné dans un nouveau conflit, après des déclarations du Hezbollah liées à une éventuelle attaque américaine contre l’Iran
  • Il a souligné le contrôle de l’État sur le sud du Liban et appelé au soutien arabe pour renforcer l’armée libanaise, en amont d’une conférence internationale prévue le 5 mars à Paris

DUBAI: Le premier ministre libanais a affirmé mardi qu'il "ne permettra(it)" pas que son pays soit entrainé dans un nouveau conflit, après que le Hezbollah a dit qu'il se sentirait visé par toute éventuelle attaque américaine contre l'Iran.

"Nous ne permettrons jamais à quiconque d'entrainer le pays dans une nouvelle aventure", a dit Nawaf Salam lors d'une conférence à Dubai, en réponse à une question sur les déclarations récentes du chef du Hezbollah pro-iranien.

La guerre menée par le Hezbollah contre Israël en soutien au Hamas a couté "très cher" au Liban et "personne n'est prêt à exposer le pays à des aventures de ce genre", a-t-il ajouté.

Le chef du groupe islamiste, Naïm Qassem, a dit la semaine dernière que sa formation se sentirait "visé" par une éventuelle attaque américaine contre l'Iran, et "choisira(it) en temps voulu comment agir".

Ce mouvement chiite est sorti affaibli d'un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024. Il n'est pas intervenu pendant la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël en juin 2025.

Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre ses bastions et ses militants, l'accusant de tenter de se réarmer.

M.Salam a affirmé que son gouvernement avait "aujourd'hui un contrôle opérationnel du sud du pays", où l'armée avait annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 km de la frontière avec Israël.

Il a appelé les pays arabes à le soutenir, à l'occasion de la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris et destinée à lever des fonds pour l'armée libanaise, confrontée à un manque de moyens financiers et d'équipements face au Hezbollah, qu'elle cherche à désarmer sur l'ensemble du pays.

"J'espère que tous nos frères arabes y participeront activement, car c'est la clé de la sécurité", a-t-il déclaré.


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Short Url
  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.