Gaza: Face à un «massacre», l'ONG MSF déplore être limitée dans son action

Des civils regardent les employés du ministère palestinien de la Santé basés à Gaza enterrer les corps de Palestiniens non identifiés dont la date de décès n'est pas connue à l'est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2024 (Photo de Mohammed ABED / AFP).
Des civils regardent les employés du ministère palestinien de la Santé basés à Gaza enterrer les corps de Palestiniens non identifiés dont la date de décès n'est pas connue à l'est de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2024 (Photo de Mohammed ABED / AFP).
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Publié le Mercredi 31 janvier 2024

Gaza: Face à un «massacre», l'ONG MSF déplore être limitée dans son action

  • Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, des hôpitaux et ambulances ont été touchés par des frappes israéliennes dans le territoire palestinien assiégé et pilonné
  • Trois employés de MSF ont été tués dans la bande de Gaza par des frappes aériennes, ainsi que la fille d'un employé

JERUSALEM: De retour de Gaza, le chef de mission de Médecins sans frontières pour les Territoires palestiniens, Léo Cans, déplore auprès de l'AFP que face au  "massacre" qui s'y déroule, les organisations humanitaires se heurtent à des problèmes de "sécurité, accès et approvisionnement".

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, des hôpitaux et ambulances ont été touchés par des frappes israéliennes dans le territoire palestinien assiégé et pilonné, l'armée israélienne accusant régulièrement le mouvement islamiste palestinien de se servir d'infrastructures civiles pour cacher ses combattants.

Trois employés de MSF ont été tués dans la bande de Gaza par des frappes aériennes, ainsi que la fille d'un employé après qu'un bâtiment de l'ONG a été touché par un obus. L'organisation internationale y compte environ 300 employés.

QUESTION: Qu'avez-vous vu lors de votre dernière mission?

REPONSE: J'ai vu une majorité de femmes et d'enfants parmi les patients des hôpitaux. C'est la première fois que nous voyons ça, alors même que nous avons travaillé avec mes collègues dans d'autres situations de guerre, en Afghanistan, en Syrie, au Soudan du Sud... Pour nous, c'est clairement une preuve que les bombardements sont indiscriminés. Il y a beaucoup de douleur dans les hôpitaux, les gens crient, disent qu'ils ont mal, et il y a très peu de moyen pour prendre cela en charge.

Q: Quelles sont vos demandes?

R: La première, c'est un cessez-le-feu immédiat, parce qu'en ce moment, c'est un massacre. Il y a environ 150 femmes et enfants qui sont tués chaque jour, selon une estimation basse. C'est un chiffre qui devrait horrifier et alerter toute la communauté internationale. Il y a beaucoup de morts "invisibles", car on ne les attribue pas forcément aux bombardements, mais ce sont des gens qui meurent parce qu'ils sont en manque de soins essentiels, c'est une tragédie.

Ensuite, on a énormément de difficultés liées à la sécurité. Aujourd'hui, on ne peut pas évacuer des patients d'un hôpital à un autre à cause de la sécurité. Il y a aussi un problème d'accès, l'armée israélienne bloque presque systématiquement le déploiement de l'aide humanitaire vers le nord de la bande de Gaza.

Je dirais qu'aujourd'hui on fait peut-être 1% de ce qu'on pourrait faire si on n'avait pas ces limitations en termes de sécurité, d'accès, et d'approvisionnement.

Q: Les Nations unies évoquent un effondrement du système de santé à Gaza. Comment cela se manifeste-t-il ?

R: Depuis le début de la guerre, on assiste à des attaques systématiques des structures de santé, c'est du jamais-vu pour MSF. Dans les guerres, ces lieux sont toujours des zones un peu sensibles et il y a toujours des incidents, mais là, c'est systématique.

Les structures de santé ne s'occupent plus que des urgences vitales et parfois même, elles n'arrivent pas à y répondre. On a vu il y a cinq jours à l'hôpital Nasser (dans la ville de Khan Younès, sud de la bande de Gaza, ndlr) un patient blessé qui est arrivé pour une chirurgie orthopédique, et comme il n'y avait pas de chirurgien présent, il est mort.

Il n'y a plus de traitement pour les malades du cancer à Gaza, ce sont des gens qui sont donc en train de mourir à vitesse accélérée.


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.