Blinken au Moyen-Orient, vers un cinquième mois de guerre Israël-Hamas

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a été accueilli par la deuxième secrétaire chargée du protocole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Sarah Henry (2 à gauche), et l'ambassadeur américain en Égypte, Herro Mustafa Garg (3 à gauche), à son arrivée à l'aéroport du Caire Est (Photo, AFP).
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a été accueilli par la deuxième secrétaire chargée du protocole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Sarah Henry (2 à gauche), et l'ambassadeur américain en Égypte, Herro Mustafa Garg (3 à gauche), à son arrivée à l'aéroport du Caire Est (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 février 2024

Blinken au Moyen-Orient, vers un cinquième mois de guerre Israël-Hamas

  • En marge de ces tractations diplomatiques, les raids se poursuivent à Gaza, où le ministère de la Santé du Hamas a fait état de 99 morts entre lundi soir et mardi matin
  • Cette crise est particulièrement aiguë dans le secteur de Rafah, où s'entasse désormais la moitié de la population de Gaza rejointe chaque jour par des milliers d'autres personnes

TERRITOIRES PALESTINIENS: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken poursuit mardi sa tournée au Moyen-Orient pour tenter d'imposer une trêve dans la guerre entre Israël et le Hamas qui s'apprête à entrer dans son cinquième mois.

M. Blinken, qui a commencé lundi en Arabie saoudite cette cinquième tournée depuis le début de la guerre le 7 octobre, a rencontré mardi en Egypte le président Abdel Fattah al-Sissi avant de partir pour le Qatar, puis de poursuivre son voyage en Israël et en Cisjordanie occupée.

Les bombardements et les combats font rage pendant ce temps dans le territoire palestinien, où le ministère de la Santé du Hamas a dénombré 107 morts en 24 heures. Des frappes israéliennes ont touché les villes de Khan Younès et de Rafah, dans le sud, selon un journaliste de l'AFP.

L'armée a indiqué être engagée dans des "combats rapprochés" à Khan Younès, une ville largement transformée en champ de ruines, accusée par Israël d'être une place forte du mouvement islamiste palestinien.

Des frappes visent aussi la ville de Rafah, à l'extrême sud du territoire, où s'entassent dans des conditions désespérées plus de 1,3 million de personnes ayant fui les combats, soit cinq fois sa population initiale, selon l'ONU, sur un total de 2,4 millions d'habitants dans la bande de Gaza.

Rafah menacée

La ville pourrait être le prochain objectif d'Israël qui affirme vouloir "anéantir" le mouvement islamiste, classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Lundi, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a averti que l'armée "atteindrait des lieux où elle n'a pas encore combattu (...) jusqu'au dernier bastion du Hamas, à savoir Rafah".

L'armée "ne nous laisse d'autre choix que la mort ou le déplacement. Ils ont tué des enfants, des familles, ont détruit nos maisons, les rues et les villes", témoigne Riham Sharrab, une femme de 21 ans qui a fui Khan Younès pour se réfugier à Rafah.

Le Premier ministre israélien Benjamin "Netanyahu menace d'envahir Rafah et utilise pour excuse la présence du Hamas. Mais le but est de détruire Rafah parce que c'est le seul endroit que l'occupation (Israël, ndlr) n'a pas encore détruit. Israël ne s'arrêtera que quand il aura anéanti le peuple de Gaza", affirme Raed al-Bardani, un déplacé de 32 ans.

Des milliers de civils arrivent chaque jour dans cette ville surpeuplée, adossée à la frontière fermée avec l'Egypte, où ils ne disposent plus que de 1,5 à 2 litres d'eau chacun par jour pour boire, cuisiner et se laver, selon l'ONU.

En Israël, M. Blinken doit notamment insister sur l'urgence de laisser entrer l'aide dans la bande de Gaza.

Dans le territoire plongé dans une crise humanitaire majeure, le sort de plusieurs hôpitaux, cernés par les combats et abritant des milliers de déplacés, est en particulier source d'inquiétude.

Ainsi environ 300 personnes parmi lesquelles des personnes âgées, des malades et du personnel se trouvent toujours dans l'un des grands hôpitaux de Khan Younès, al-Amal, après l'évacuation lundi de 8.000 personnes, a indiqué la Croix-Rouge à Genève.

Une trêve «durable»

Lundi à Ryad, le secrétaire d'Etat américain s'était entretenu avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, de la nécessaire "coopération régionale pour parvenir à une fin durable" de la guerre à Gaza, selon un porte-parole du département d'Etat.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent sur le sol israélien de commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a lancé une offensive qui a fait 27.585 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Fin novembre, une première trêve d'une semaine avait permis l'entrée accrue d'aide humanitaire, la libération d'une centaine d'otages, sur les quelque 250 emmenés à Gaza le 7 octobre, et de prisonniers palestiniens.

Selon Israël, 132 otages sont toujours détenus à Gaza, dont 28 seraient morts.

M. Blinken soutient à présent un projet de trêve des médiateurs qataris, américains et égyptiens élaboré à Paris fin janvier, qui doit encore être approuvé par le Hamas et Israël.

Selon une source du Hamas, la proposition prévoit une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer de 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages détenus à Gaza, et 200 à 300 camions d'aide pourront entrer chaque jour dans le territoire.

Or le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, exige un cessez-le-feu total. Israël de son côté continue d'affirmer qu'il ne mettra fin définitivement à son offensive qu'une fois le mouvement islamiste éliminé et les otages libérés.

Le conflit à Gaza s'est aussi propagé dans la région avec des tensions entre d'un côté Israël et ses alliés, et de l'autre l'Iran et des groupes alliés dont le mouvement chiite libanais Hezbollah, des milices irakiennes et les rebelles houthis du Yémen.

Les Houthis ont annoncé mardi avoir visé des navires américain et britannique lors de deux nouvelles attaques en mer Rouge.

La cheffe de la diplomatie néerlandaise, Hanke Bruins Slot, a appelé depuis l'Irak "toutes les parties" à engager une désescalade régionale, après des frappes américaines en Syrie et en Irak en riposte à la mort de trois soldats américains, tués le 28 janvier en Jordanie.

 


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
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  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.