Des milliers de Palestiniens fuient les combats à Gaza, signes en vue d'une trêve

Des Palestiniens, dont certains portent des combinaisons Hazmat laissées par la pandémie de Coronavirus pour se réchauffer, transportent certains de leurs biens alors qu'ils fuient Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, le 2 février 2024. (AFP)
Des Palestiniens, dont certains portent des combinaisons Hazmat laissées par la pandémie de Coronavirus pour se réchauffer, transportent certains de leurs biens alors qu'ils fuient Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, le 2 février 2024. (AFP)
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Publié le Samedi 03 février 2024

Des milliers de Palestiniens fuient les combats à Gaza, signes en vue d'une trêve

  • Des raids israéliens, selon des témoins, ont visé le centre et le sud de Gaza, notamment le secteur de Khan Younès, la deuxième ville du territoire transformée en champ de ruines
  • A Khan Younès, les combats font rage notamment aux abords des deux grands hôpitaux

GAZA: Des milliers de Palestiniens ont continué de fuir à pied ou entassés sur des charrettes les combats meurtriers entre l'armée israélienne et le Hamas vendredi dans la bande de Gaza, le médiateur qatari faisant état de signes en vue d'une nouvelle trêve.

Le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien Hamas a fait état de 112 morts en 24 heures à travers la bande de Gaza, assiégée par Israël et en grande partie détruite après presque quatre mois de guerre.

Des raids israéliens, selon des témoins, ont visé le centre et le sud de Gaza, surtout Khan Younès, la deuxième ville du territoire palestinien transformée en champ de ruines et désormais l'épicentre de la bataille.

Sous la pluie, des milliers d'habitants ont continué de fuir les secteurs des combats notamment Khan Younès, en voiture, à pied, à vélo ou sur des charrettes tirées par des ânes. Certains courent alors qu'éclatent des coups de feu et de la fumée s'élève non loin après une explosion, selon des images de l'AFP.

Dans cette ville, les combats font rage aux abords des deux grands hôpitaux, Nasser et al-Amal, qui manquent de tout le matériel de base selon le Croissant-Rouge palestinien.

Plus de 1,3 million des quelque 2,4 millions habitants de Gaza sont à présent réfugiés à Rafah, à quelques kilomètres au sud de Khan Younès, coincés contre la frontière fermée avec l'Egypte, menacés en plein hiver par la famine et les épidémies, selon l'ONU.

Les tentes et les bâches en plastique qui ont envahi les rues de Rafah sont inondées par des pluies diluviennes.

"La mort est plus clémente que cette vie", s'écrie une Palestinienne, son nourrisson dans les bras, dans une artère bondée par les déplacés.

«Usine à désespoir»

Après avoir qualifié la bande de Gaza d'"enfer sur terre", l'ONU a affirmé que Rafah était devenue une "usine à désespoir", tandis que l'Unicef a souligné qu'"au moins 17.000 enfants sont "non accompagnés ou séparés" de leur famille dans ce territoire surpeuplé de 362 km2.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas venant de la bande de Gaza voisine sur le sol israélien, qui a tué plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

Au total quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza le 7 octobre, selon Israël; 132 otages sont toujours retenus à Gaza, parmi eux 27 ont été déclarés morts par l'armée.

En riposte, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et a lancé une offensive militaire qui a fait 27.131 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien.

Alors que la guerre ne connaît aucun répit, la diplomatie tente d'imposer une seconde trêve, plus longue que celle d'une semaine qui avait permis fin novembre la libération d'une centaine d'otages israéliens en échange de Palestiniens emprisonnés par Israël.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, installé au Qatar, est attendu en Egypte pour discuter d'une proposition élaborée lors d'une récente réunion à Paris entre le chef de la CIA, William Burns, et des responsables égyptiens, israéliens et qataris.

Selon une source du Hamas, la proposition porte sur trois phases, dont la première prévoit une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages détenus à Gaza, et 200 à 300 camions d'aide pourront entrer chaque jour dans le territoire.

Blinken et Séjourné au Moyen-Orient

M. Haniyeh et Ziad al-Nakhala, le chef du Jihad islamique, un autre mouvement armé qui combat au côté du Hamas, ont aussi discuté de cette proposition, selon un communiqué du bureau de M. Haniyeh. Ils ont réaffirmé que "toute négociation devrait aboutir à l'arrêt de l'agression (israélienne, ndlr)" et au retrait israélien de Gaza notamment.

Même si le Premier ministre Benjamin Netanyahu est sous forte pression, Israël continue d'affirmer qu'il ne mettra fin à son offensive à Gaza qu'une fois le mouvement islamiste éliminé, les otages libérés et après avoir reçu des garanties sur la sécurité future de son territoire.

Lors de sa nouvelle tournée au Moyen-Orient qui le conduira au Qatar, en Egypte, en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken qui quittera dimanche Washington va faire pression pour la libération d'otages en échange d'une "pause humanitaire", selon le département d'Etat. Son homologue français Stéphane Séjourné se rend au Moyen-Orient de samedi à mardi.

La tournée de M. Blinken a été précédée de frappes américaines en Syrie en représailles à la mort de trois militaires américains dimanche en Jordanie dans une attaque attribuée par Washington à des groupes pro-Iran, ont annoncé des médias américains. D'après une ONG syrienne, six combattants pro-Iran ont été tués dans l'est de la Syrie dans des frappes "probablement américaines".

Au Yémen, les Houthis, soutenus par l'Iran, qui disent agir "en solidarité" avec les Palestiniens à Gaza, ont indiqué avoir tiré des missiles en direction d'Israël. L'armée israélienne a indiqué avoir intercepté un missile "qui s'approchait du territoire israélien dans la zone de la mer Rouge".


Pourparlers entre les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie autour de l'escalade militaire dans la région

Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
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  • L'impact de l'escalade militaire dans la région sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité régionale ont été discutés
  • Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité

DJEDDAH : Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi à Djeddah des répercussions de l'escalade militaire dans la région et des risques qu'elle fait peser sur la liberté de navigation internationale et la sécurité des approvisionnements énergétiques, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

L'impact de l'escalade sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales ont également été discutés lors de la réunion organisée par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et à laquelle ont participé l'émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le roi Abdallah II de Jordanie.

Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité de la région.

Cette réunion intervient alors que l'Iran continue de cibler le Royaume, le Qatar et la Jordanie avec des drones et des missiles.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.