Le chef de la diplomatie française transmet un avertissement d'Israël au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné arrive pour rencontrer le Premier ministre libanais à Beyrouth le 6 février 2024 (Photo, AFP).
Le ministre français des Affaires étrangères Stéphane Séjourné arrive pour rencontrer le Premier ministre libanais à Beyrouth le 6 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 07 février 2024

Le chef de la diplomatie française transmet un avertissement d'Israël au Liban

  • Dans l'entourage de Stéphane Séjourné, on indique que le ministre est venu au Liban «porteur d’initiatives diplomatiques pour éviter l’escalade» entre les deux pays
  • A Beyrouth, Stéphane Séjourné «a réaffirmé l’attachement de la France à la stabilité du Liban»

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné a averti Beyrouth qu'Israël pourrait déclencher une guerre contre le Liban, qui veut éviter une escalade, a déclaré mardi le ministre libanais des Affaires étrangères.

Dans l'entourage de Stéphane Séjourné, on indique que le ministre est venu au Liban "porteur d’initiatives diplomatiques pour éviter l’escalade" entre les deux pays.

Le ministre français a rencontré mardi les principaux dirigeants politiques et le commandant en chef de l'armée Joseph Aoun à Beyrouth, dernière étape d'une tournée au Proche-Orient, qui l'a notamment conduit en Israël.

"Il nous a prévenus que les Israéliens pourraient déclencher une guerre (...) pour ramener chez eux" les dizaines de milliers d'habitants évacués des zones proches de la frontière avec le Liban, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib.

"Nous lui avons dit que nous ne voulions pas d'une guerre", a ajouté le ministre à l'issue d'un entretien avec son homologue français. "Nous voulons un accord sur la frontière par le biais de l'ONU, des Français et des Américains", a-t-il ajouté.

Depuis l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre, qui a déclenché la guerre à Gaza, le Hezbollah libanais bombarde quotidiennement des positions de l'armée israélienne à la frontière, en soutien au mouvement islamiste palestinien.

Israël réplique en bombardant des cibles dans le sud du Liban.

«Signaux clairs»

En près de quatre mois, 226 personnes, en majorité des combattants du Hezbollah, ont été tuées dans le sud du Liban selon un décompte de l'AFP. Côté israélien, 15 personnes ont été tuées, selon l'armée.

Des dizaines de milliers d'habitants des deux côtés de la frontière ont dû abandonner leurs foyers.

Lundi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, avait déclaré à son homologue français que "le temps presse pour trouver une solution diplomatique" dans le sud du Liban.

"Israël agira militairement pour ramener les citoyens évacués de leurs maisons" dans le nord du pays si aucune autre issue n'est possible, avait-il ajouté.

A Beyrouth, Stéphane Séjourné "a réaffirmé l’attachement de la France à la stabilité du Liban", ajoutant que Paris était "engagé pour empêcher tout embrasement de la région", selon l'entourage du ministre.

Il a "incité chaque partie prenante à donner des signaux clairs sur leur engagement en faveur de la sécurité et la paix dans le sud du Liban et dans le nord d’Israël", a ajouté cette source.

Plusieurs pays occidentaux tentent de trouver une solution opérationnelle pour un arrêt des violences frontalières, notamment au travers d'un règlement du litige frontalier entre Israël et le Liban.

M. Bou Habib a assuré que le Liban voulait "une application intégrale de la résolution" 1701 de l'ONU.

M. Séjourné a lui aussi souligné que cette résolution "reste le cadre de référence pour préserver la paix", selon son entourage.

Cette résolution, qui a mis fin à la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, stipule que seules l'armée libanaise et les Casques bleus soient déployés dans le sud du pays.

Le Hezbollah, fortement implanté dans le sud du Liban mais qui n'a pas de positions fixes, devrait par conséquent rester à une trentaine de km au nord de la frontière commune.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.

 


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.