«Sans l'Unrwa, je meurs»: la détresse des réfugiés palestiniens du Liban

Le camp Mar Elias pour les réfugiés palestiniens à Beyrouth le 6 février 2024. (AFP)
Le camp Mar Elias pour les réfugiés palestiniens à Beyrouth le 6 février 2024. (AFP)
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Publié le Jeudi 08 février 2024

«Sans l'Unrwa, je meurs»: la détresse des réfugiés palestiniens du Liban

  • Près de 80% des réfugiés palestiniens au Liban bénéficient des aides et services de l'Unrwaet ce chiffre augmente avec la crise économique
  • Quelque 5,9 millions de Palestiniens sont enregistrés auprès de l'agence onusienne, dont environ 500 000 au Liban

BEYROUTH: Pour Fakhria el-Ali, une réfugiée palestinienne au Liban, la suspension par 13 pays de leur aide à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) qui finance son traitement pour le cancer est un arrêt de mort.

"Ma vie est un cauchemar. Sans l'Unrwa, je meurs", lâche à l'AFP cette femme de 50 ans, célibataire et sans emploi, depuis le camp de réfugiés de Beddaoui, dans le nord du Liban. "C'est un peuple entier qu'on met à mort, les malades du cancer comme moi, en premier lieu".

D'importants donateurs comme les Etats-Unis, l'Allemagne ou le Royaume-Uni ont suspendu leur financement à l'Unrwa, au centre d'une controverse après des accusations d'Israël à l'encontre de 12 de ses 30 000 employés régionaux soupçonnés d'être impliqués dans l'attaque du Hamas le 7 octobre.

"Si cette décision n'est pas annulée avant que l'agence soit à court de financement fin mars, les conséquences pour les Palestiniens dépendant de nos services (...) seront graves", a déclaré la directrice des affaires de l'Unrwa au Liban, Dorothee Klaus.

"Près de 80% des réfugiés palestiniens au Liban bénéficient de nos aides et services et ce chiffre augmente avec la crise économique", a-t-elle ajouté.

Quelque 5,9 millions de Palestiniens sont enregistrés auprès de l'agence onusienne, dont environ 500 000 au Liban, descendants de réfugiés ayant été poussés à l'exode en 1948 à la création de l'Etat d'Israël.

Mais seuls 250 000 d'entre eux y vivent encore, notamment dans des camps surpeuplés, en raison d'une émigration massive due à des conditions de vie déplorables.

L'agence leur fournit une aide vitale, pour l'éducation, les soins de santé, les services sociaux, l'infrastructure des camps, la microfinance et l'aide d'urgence, plus de 80% d'entre eux vivant sous le seuil de pauvreté.

"Nous avons 50 000 patients hospitalisés, dont environ 600 sont atteints du cancer et qui, sans l'Unrwa, ne pourraient probablement pas se permettre un traitement très coûteux", a averti Mme Klaus.

«Punition collective»

Et pour les 23 000 réfugiés palestiniens venus de Syrie au cours des dix dernières années pour fuir la guerre, la situation est encore plus catastrophique.

"On nous tue à petit feu, comme à Gaza", regrette Najah el-Daher, une mère au foyer dont le mari enchaîne les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille.

La perspective d'une fermeture définitive des classes, dans le cas où l'agence mettrait la clé sous la porte, ferait voler en éclats le semblant de stabilité de la famille, venue de Syrie en 2019.

Ses enfants comptent parmi les quelque 40 000 élèves palestiniens scolarisés gratuitement dans les 62 écoles de l'Unrwa au Liban, où ils apprennent l'arabe, l'anglais et parfois même le français.

L'éducation est un sésame pour ces réfugiés, qui leur permet plus tard de faire carrière dans des pays arabes du Golfe ou ailleurs.

"Si l'aide est coupée, comment vais-je vivre, éduquer mes enfants?", s'inquiète la réfugiée. "Mon fils risque de devenir ignorant, analphabète. Faire les poubelles, c'est ça son avenir? Cette décision, vise simplement à effacer notre existence en tant que peuple".

«Resserrer l'étau»

L'Unrwa fournit une aide mensuelle d'environ 300 dollars (environ 280 euros) à la famille de Najah et à celle de sa soeur, Majida el-Daher, qui n'est pas mieux lotie.

Elle vit avec ses deux enfants et son mari, qui croule sous les dettes, dans une chambre qu'ils louent 60 dollars (55 euros) par mois dans le camp insalubre de réfugiés palestiniens de Bourj al-Brajneh, près de Beyrouth.

"Le loyer risque d'augmenter, alors si en plus on nous coupe l'aide de l'Unrwa, on va finir à la rue", s'inquiète Majida el-Daher, dénonçant une "punition collective".

L'effondrement économique au Liban depuis 2019 s'est gravement répercuté sur les Palestiniens à qui, de plus, les autorités interdisent d'exercer des dizaines de professions.

"Pour nous, les opportunités sont limitées, et depuis la crise, c'est encore pire", affirme Haïtham al-Jachi, employé d'une supérette dans le camp, qui peine à joindre les deux bouts.

Selon lui, la décision des pays donateurs est une "tentative de resserrer l'étau sur les Palestiniens".

"C'est comme si notre vie prenait fin", estime de son côté Youssef Dahouk, 40 ans et père de quatre enfants, dont l'Unrwa couvre l'ensemble des charges.

"Je veux bien qu'on nous coupe les aides, mais qu'on nous rende notre terre dans ce cas".


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.