L’armée libanaise utilise du gaz lacrymogène contre des soldats à la retraite

Un soldat à la retraite jette une grenade lacrymogène sur la police antiémeute lors d’une manifestation, à Beyrouth, au Liban, le jeudi 8 février 2024. (AP)
Un soldat à la retraite jette une grenade lacrymogène sur la police antiémeute lors d’une manifestation, à Beyrouth, au Liban, le jeudi 8 février 2024. (AP)
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Publié le Vendredi 09 février 2024

L’armée libanaise utilise du gaz lacrymogène contre des soldats à la retraite

  • Les militaires à la retraite estiment que le budget 2024, approuvé par le Parlement à la fin du mois de janvier, n’est pas équitable à leur égard
  • Ils affirment que la pension maximale équivaut à peine à 200 dollars, ce qui demeure largement insuffisant

BEYROUTH: Les manifestations, organisées jeudi par des militaires à la retraite contre la réduction du montant de leur pension, ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’armée libanaise, dont le régiment commando, près du Grand Sérail, siège du Premier ministre.

L’armée a fait usage de gaz lacrymogènes lorsque les manifestants ont tenté de franchir une barrière au siège du gouvernement, provoquant une bousculade au cours de laquelle deux soldats ont été blessés.

Quelque deux mille militaires à la retraite s’étaient rassemblés sur la place Riad al-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, pour tenter d’empêcher la tenue d’une réunion du Cabinet visant à approuver une loi budgétaire qui affecterait leurs retraites.

Le général à la retraite Georges Nader a déclaré qu’il n’y avait «aucune limite de temps» pour les manifestations et qu’elles se poursuivraient aussi longtemps qu’il le faudra pour empêcher le quorum nécessaire à la tenue de la session du Cabinet.

Certains ministres se sont rendus à la réunion avant 7 h du matin pour tenter d’éviter les manifestants. Le ministre de l’Intérieur, Bassam Maoulaoui, a demandé la protection des forces de sécurité, tandis qu’un autre ministre est arrivé sans se faire remarquer sur la moto d’un livreur. Les militaires à la retraite ont réussi à encercler le ministre de la Communication pour l’empêcher d’atteindre le Grand Sérail, mais d’autres ministres ont emprunté des itinéraires moins évidents.

Avec plus d’une heure de retard, le Cabinet a réussi à se réunir, au grand dam des manifestants. Les tensions sont montées entre les forces de sécurité et les manifestants, qui ont brandi des drapeaux libanais, des banderoles de l’armée et des pancartes détaillant leurs revendications. Certains ont mis le feu à des pneus sur la place, tandis que d’autres ont tenté de forcer les barrières en fil de fer barbelé. Certains ont même réussi à s’introduire dans l’enceinte et se sont dirigés vers le Grand Sérail.

Le général Nader déclare à propos des hommes politiques: «Ce sont des individus qui n’ont aucun sens des responsabilités. Nous n’obtiendrons nos droits que par la force et le premier à ressentir la douleur perdra. Nous ne ressentirons pas de douleur et nous ne perdrons pas.»

Un autre retraité déclare: «Ils portent atteinte à notre dignité. Ils veulent nous humilier. Ma pension de retraite n’équivaut même pas à cent dollars (1 dollar = 0,93 euro). Comment ma famille et moi pouvons survivre avec ce montant? Ils n’ont ni conscience ni honneur.»

Un manifestant ajoute: «J’ai servi mon pays pendant plus de vingt-cinq ans et quel a été le résultat? Ils font fi de notre souffrance et de l’humiliation que nous vivons. Ce sont tous des menteurs. Pourquoi toutes ces forces militaires s’opposent à nous? Envoyez-les dans le sud, où il y a un plus grand besoin.»

Les militaires à la retraite estiment que le budget 2024, approuvé par le Parlement à la fin du mois de janvier, n’est pas équitable à leur égard. Alors que le Liban est embourbé dans une crise économique de longue durée, au cours de laquelle la monnaie a perdu près de 95% de sa valeur, ils affirment que la pension maximale équivaut à peine à 200 dollars, ce qui est loin d’être suffisant pour couvrir les factures de base, sans parler de la nourriture, des médicaments et d’autres produits essentiels.

Les incitations financières accordées par l’État aux employés du secteur public pendant la crise économique perdront encore plus de leur valeur en raison de l’augmentation des impôts et des autres charges découlant du dernier budget, en plus du krach monétaire et de la forte inflation.

Les militaires à la retraite soulignent qu’ils devraient bénéficier d’un statut spécial par rapport aux autres travailleurs du secteur public et de meilleures augmentations de leurs pensions leur permettant d’accéder au minimum vital. Le service militaire ne peut être comparé au service dans le secteur civil, affirment-ils.

Le Premier ministre, Najib Mikati, se dit conscient «de la réalité actuelle et de la situation sociale des retraités».

Il poursuit: «Nous essayons d’allouer les fonds disponibles au secteur public et au personnel militaire – actif et retraité. Cependant, cela ne figurait pas initialement à l’ordre du jour du Cabinet et nous sommes limités par un plafond de dépenses que nous ne pouvons pas dépasser.»

«Dans la limite de ce plafond, certains ministres ont demandé que soit examinée la possibilité de parvenir à plus d’équité dans les répartitions requises. Une séance exceptionnelle aura donc lieu samedi prochain pour aborder ce sujet en particulier.»

Entre-temps, le Cabinet a nommé le général Hassan Aoudé au poste de chef d’état-major de l’armée, le promouvant au rang de général de division. Il remplacera le général Joseph Aoun, dont le mandat est arrivé à son terme.

M. Mikati déclare: «Il s’agit d’une question essentielle, compte tenu des circonstances actuelles que traverse le Liban.»

Des avions de chasse israéliens ont survolé, jeudi, Beyrouth et jusqu’à la ville de Hermel, dans le nord de la vallée de la Bekaa. Sur le front sud, le long de la frontière entre le Liban et Israël, l’escalade des opérations militaires israéliennes a continué de cibler les villes et les villages frontaliers.

Le Hezbollah affirme avoir attaqué la caserne israélienne de Branit avec un missile et avoir également pris pour cible «le quartier général de la 769e brigade orientale de la 91e division de Galilée dans la caserne de Kiryat Shmona». Le groupe a déclaré, plus tard, avoir mené des frappes contre un «site radar dans les fermes libanaises occupées de Chebaa».

La radio de l’armée israélienne rapporte qu’«un officier et deux soldats ont été blessés lorsque le Hezbollah a pris pour cible la caserne de Kiryat Shmona».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Pourparlers entre les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie autour de l'escalade militaire dans la région

Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
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  • L'impact de l'escalade militaire dans la région sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité régionale ont été discutés
  • Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité

DJEDDAH : Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi à Djeddah des répercussions de l'escalade militaire dans la région et des risques qu'elle fait peser sur la liberté de navigation internationale et la sécurité des approvisionnements énergétiques, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

L'impact de l'escalade sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales ont également été discutés lors de la réunion organisée par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et à laquelle ont participé l'émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le roi Abdallah II de Jordanie.

Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité de la région.

Cette réunion intervient alors que l'Iran continue de cibler le Royaume, le Qatar et la Jordanie avec des drones et des missiles.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.