En France, le saumon en pleine déchéance gastronomique

Un employé prépare un sashimi de truite à la pêcherie Viot à Paris le 15 février 2024 (Photo, AFP).
Un employé prépare un sashimi de truite à la pêcherie Viot à Paris le 15 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 février 2024

En France, le saumon en pleine déchéance gastronomique

  • Le saumon, devenu «poulet de la mer», est en train de se faire rayer de la carte des grandes tables de France
  • Le poisson à la chair délicate des grandes occasions est devenu en quelques décennies en France un produit de grande consommation

PARIS: Longtemps phare de la table festive ou du dîner sophistiqué, mais aberration écologique et gustative, le saumon, devenu "poulet de la mer", est en train de se faire rayer de la carte des grandes tables de France.

Du canapé au poke-bowl, en passant par sa version "snackée", le poisson à la chair délicate des grandes occasions est devenu en quelques décennies en France un produit de grande consommation.

Il est le deuxième produit de la mer le plus consommé, derrière le thon, avec une moyenne annuelle de 2,7 kg par habitant, selon l'agence nationale des filières de l'agriculture et la pêche, France Agrimer.

"Le saumon, on n'en peut plus, ce n'est pas un produit de chez nous, c'est un produit issu d'une pratique beaucoup trop intensive et qu'on nous a servi à toutes les sauces", soupire le poissonnier du moment, Arthur Viot, dans son établissement du marché parisien Saint-Germain, dont il l'a banni.

A l'état sauvage, où il se pêche dans les latitudes nordiques, le saumon d'Atlantique est considéré depuis la dernière COP comme une espèce "quasi menacée", sa population ayant reculé de 23% en quinze ans, en raison du changement climatique.

Enfant de la Loire, qui a vu le produit "disparaitre" du bassin, dans l'ouest de la France, où les saumons d'Atlantique viennent pondre, le chef étoilé Didier Clément dit à l'AFP "ne pas être tenté de mettre un saumon norvégien ou écossais" à la carte. Il préfère aller voir du côté des poissons dignes d'intérêt en étang, "pour se consoler".

«A Noël et c'est tout»

Dans une version qualitative, le saumon ne survit pas dans les bassins français, et les élevages biologiques qui s'y mettent luttent contre le réchauffement des eaux en été, qui perturbe le cycle du poisson.

C'est le célèbre chef, Pierre Troisgros, qui l'a propulsé des tables gastronomiques aux recettes familiales, dans sa version à la sauce oseille. "Une fulgurance" qu'il a eue après avoir appris à travailler le saumon chez Maxim's, le célèbre établissement parisien.

Mais ce n'est pas un produit "à la hauteur", tranche Jocelyn Herland, le chef exécutif du restaurant étoilé de l'hôtel Plaza Athénée à Paris.

"C'est du marketing qui nous fait croire que c'est noble", ajoute-t-il, rappelant que dans son enfance, on mangeait du saumon "à Noël et puis c'est tout".

Dans la foule des labels Bio, Label Rouge, MSC, "tout le monde pense manger du bon saumon et en réalité il y en a très peu", déplore le chef.

"La connaissance du produit n'existe plus dans le public. Ils ne savent pas ce que c'est un saumon, d'où ça vient, quel goût ça doit avoir", conclut-il. Lui ne sert plus ce poisson qu'en room service, à la demande des clients VIP, ou sur des oeufs au petit déjeuner.

Sashimi de truite

Au Plaza Athénée, on le retrouve exceptionnellement à la carte deux mois par an, seulement lorsqu'il arrive frais de l'Adour, un fleuve du sud-ouest. Ce saumon français est un miraculé "ressuscité des eaux de montagne des Pyrénées par une poignée de forcenés" de sa tradition qui le vendent 120 euros le kilo.

Le gardien du temple, le chef aux deux étoiles Jean Coussau, installé dans les Landes (sud-ouest), livre le rituel à l'AFP.

"Avec ce poisson magique, il faut une sauce qui donne de la puissance, un peu d'acidité, une béarnaise classique et une cuisson à la seconde près, on reste dessus".

Chez Arthur Viot, artisan de bouche qui révolutionne la maturation et la sélection du poisson pour quelques grandes tables, y compris de maîtres sushi, le saumon n'a pas sa place "tant qu'il n'y a pas de production française aboutie".

L'artisan de 28 ans, ancien juriste, l'a remplacé dans ses étals par de la truite qu'il sert en sashimi.

"Dans l'imaginaire collectif, la truite a un vilain goût de terre, mais si on arrive à une pêche et conservation du poisson impeccable, 90% des gens ne feront pas la différence entre de la truite crue et du saumon cru", promet-il.


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.