Comment les guerres par procuration entre Washington et Téhéran maintiennent le Moyen-Orient sur le fil du rasoir

Les forces américaines sont de plus en plus menacées en Syrie, alors que la guerre de l'ombre entre Israël et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) fait des ravages chez les guerriers par procuration (Photo, AFP).
Les forces américaines sont de plus en plus menacées en Syrie, alors que la guerre de l'ombre entre Israël et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) fait des ravages chez les guerriers par procuration (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 23 février 2024

Comment les guerres par procuration entre Washington et Téhéran maintiennent le Moyen-Orient sur le fil du rasoir

  • Les experts considèrent que les milices soutenues par l'Iran ne sont rien d'autre que des «pions sacrifiables» dans un jeu d'échecs
  • Téhéran nie catégoriquement tout lien avec les milices principalement chiites

DUBAI: L'Iran et les États-Unis sont engagés dans une guerre par procuration de plus en plus intense, qui se déroule dans plusieurs États du Moyen-Orient. Bien qu'aucune des deux parties ne semble rechercher une confrontation directe, ce sont les pays arabes vulnérables, aux loyautés divisées, qui en paient le prix le plus élevé.

C'est ce que semblent penser les experts du Moyen-Orient, alors que des guerres de faible intensité font rage dans plusieurs parties de la région, en plus du conflit qui sévit à Gaza.

Depuis le 7 octobre de l'année dernière, les milices soutenues par l'Iran ont organisé plus de 170 attaques contre des bases militaires et des actifs américains en Syrie, en Irak et en Jordanie, en réponse au soutien des États-Unis à Israël dans la guerre entre Israël et le Hamas, ce qui a entraîné des représailles américaines.

Entre-temps, les alliés houthis de l'Iran au Yémen ont lancé des attaques répétées contre des navires commerciaux et militaires dans la mer Rouge et le golfe d'Aden, provoquant également des frappes de représailles de la part des États-Unis et du Royaume-Uni contre des cibles de ces milices.

Si les analystes estiment qu'il est peu probable que les États-Unis et l'Iran s'engagent dans une confrontation directe d'État à État, on s'attend à ce que des attaques soient menées par des mandataires iraniens tant que la campagne militaire d'Israël à Gaza se poursuivra.

Certains experts pensent que l'Iran est parfaitement conscient de la crainte de l'administration Biden d'une escalade régionale et qu'il a cherché à exploiter cette menace pour influencer le cours de la guerre à Gaza.

Ali Alfoneh, chercheur principal à l'Institut des États arabes du Golfe à Washington, estime que l'Iran tente «d'instrumentaliser cette peur en ordonnant directement, en encourageant indirectement ou en consentant à des attaques par procuration contre Israël, les États-Unis et le transport maritime international».

Cette photo publiée par le centre de media des Houthis montre les forces houthies soutenues par l'Iran en train de monter à bord du cargo Galaxy Leader, le 19 novembre 2023, dans la mer Rouge, au large des côtes yéménites (Photo via l’AP).

De cette manière, l'Iran «espère qu'une administration Biden terrifiée augmentera la pression sur Israël pour mettre fin à la guerre avant la destruction totale du Hamas», a-t-il précisé à Arab News.

Toutefois, cette guerre par procuration se déroule sur les territoires souverains de la Syrie, de l'Irak, de la Jordanie et du Yémen, autant de nations qui ne peuvent se permettre d'être entraînées dans un conflit régional. Certains commentateurs affirment que les vies arabes dans ces pays sont traitées comme des biens de consommation courante.

«Je pense que ces attaques sont le signe d'un marchandage sanglant entre l'Amérique et Israël d'une part, et l'Iran d'autre part», a déclaré à Arab News,  Ayad Abou Chakra, journaliste à Asharq al-Awsat.

Des soldats américains patrouillent dans la ville d'al-Qahtaniyah, dans la province de d’Al-Hasakeh, au nord-est de la Syrie, près de la frontière turque (Photo, AFP).

«Je ne pense pas qu'il y ait une "guerre de survie" ou une "guerre d'élimination" entre les deux camps, le camp israélo-américain et le camp iranien. Ils négocient, comme dans un bazar, mais avec du sang. Les Iraniens combattent les Américains avec des corps arabes et vice-versa.

Ce marchandage, pour ainsi dire, peut toutefois devenir incontrôlable.

Le 28 janvier, les forces américaines stationnées à la Tour 22, une installation isolée en Jordanie, près des frontières syrienne et irakienne, ont été attaquées par des drones, faisant trois morts et 34 blessés parmi les soldats américains.

Le président américain, Joe Biden, a déclaré que l'attaque de drone avait été lancée depuis l'Irak par une milice soutenue par l'Iran. Il a promis de riposter au moment et de la manière que l'Amérique choisira.

Le 3 février, l'armée américaine a lancé un assaut aérien contre 85 cibles sur sept sites en Irak et en Syrie, dont des quartiers généraux de commandement et de contrôle et des sites de stockage d'armes utilisés par les milices soutenues par l'Iran et le Corps des gardiens de la révolution islamique.

Cela a été suivi le 7 février par une attaque de drone sur l’est de Bagdad qui a tué Abu Baqir al-Saadi, commandant des Kataeb Hezbollah, la milice irakienne que Washington avait jugée responsable de l’attaque contre les troupes américaines en Jordanie.

L'Iran nie évidemment tout lien avec les milices du Moyen-Orient. Par exemple, dans une lettre adressée le 29 janvier au Conseil de sécurité des Nations unies, Amir Saeid Iravani, ambassadeur de l'Iran auprès des Nations unies, a déclaré: «Il n'existe aucun groupe affilié à la République islamique ou aux forces armées iraniennes, que ce soit en Irak, en Syrie ou ailleurs, qui opère directement ou indirectement sous le contrôle de la République islamique d'Iran ou qui agit en son nom.

«Par conséquent, la République islamique d'Iran n'est pas responsable des actions d’aucun individu ou d'aucun groupe dans la région», a-t-il souligné.

L'Iran nie avoir des liens avec des milices au Moyen-Orient. Mais pour les combattants et les partisans du Hezbollah libanais, il est impossible de cacher ce qui est évident (Photo, AFP).

Certains législateurs républicains avaient exhorté l'administration Biden à autoriser une frappe directe contre l'Iran, même si cela risquait de déclencher une escalade plus large. D'autres ont accusé Biden de réagir trop lentement et de donner à l'ennemi un préavis trop long.

Soucieux de ne pas se laisser entraîner dans une nouvelle guerre potentiellement illimitée au Moyen-Orient, en particulier au cours d'une année électorale, Joe Biden a semblé vouloir limiter la portée des représailles américaines.

«L'administration Biden a partiellement trompé la République islamique en réagissant durement à l'assassinat de trois militaires américains en Jordanie, mais elle a publiquement indiqué qu'elle ne prendrait pas le territoire iranien pour cible», a indiqué Alfoneh.

«Les représailles pour la perte de vies américaines étaient une réponse correcte, mais les États-Unis feraient peut-être mieux d’empêcher la République islamique de deviner les représailles américaines, qui pourraient inclure le territoire iranien à l’avenir», a-t-il signalé.

Le président américain, Joe Biden, a averti l'Iran qu'il devait contrôler ses milices supplétives sous peine de représailles américaines (Photo, AFP).

L'Iran est également conscient des répercussions potentielles de ses activités. Mais en opérant par l'intermédiaire de son réseau de mandataires dans toute la région, Téhéran estime qu'il peut nier toute implication dans des attaques contre Israël ou des cibles américaines tout en en récoltant les bénéfices.

«Après 1979, lorsque l'ayatollah Ruhollah Khomeini a déclaré l'exportation de la révolution islamique, les Iraniens ont formé le Corps des gardiens de la révolution islamique», a déclaré Abou Chakra.

«C'était presque un secret de polichinelle qu'ils préféraient mener leurs guerres de négociations avec les Américains et les Israéliens dans les villes arabes plutôt que de les mener dans les villes iraniennes», a-t-il éclairci.

«Les iraniens ont fini par prendre le contrôle de Beyrouth, Bagdad, Damas et Sanaa, et maintenant ils négocient avec les Américains et les Israéliens par le biais de massacres dont les Arabes paient le prix, et non les Iraniens», a-t-il ajouté.

Hossein Salami, chef du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (Photo, AFP).

Néanmoins, selon les analystes, l'Iran a parfois trop tiré sur la corde, entraînant une réponse plus agressive des États-Unis, comme ce fut le cas lorsque l'administration de l'ancien président Donald Trump a ordonné l'assassinat du commandant de la Force Al-Qods, Qassem Soleimani, en janvier 2020, prétendument pour empêcher une attaque planifiée contre les forces américaines en Irak.

 «On leur rappelle les limites de négociation acceptées», a déclaré Abou Chakra. «L’assassinat de Qassem Soleimani, par exemple, a été un tel rappel et un grand succès. L’Amérique et l’Iran respectent toujours les "règles d'engagement".»

Les dernières représailles américaines semblent avoir eu un impact. Le 12 février, le Pentagone a annoncé qu'il y avait eu 186 victimes américaines en Irak, en Syrie et en Jordanie depuis le 18 octobre. Un jour plus tard, le 13 février, il a déclaré qu'il n'y avait pas eu d'autres attaques contre les forces américaines.

L'assassinat du général de division Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods iranienne, par les forces américaines au début de l'année 2020 a fait comprendre aux autorités iraniennes qu'il n'était pas payant de jouer les gros bras (Photo, Tasnim News via l’AFP).

Washington n'est probablement pas pressé d'attaquer l'Iran directement, car la survie de la République islamique a d'autres utilités. «Il est important de noter que l'Iran est un acteur important que l'Occident peut "utiliser" dans n'importe quel rôle», a expliqué Abou Chakra.

«Que Washington l’admette ou non, l’Iran est un rempart très important contre la montée de l’islam militant sunnite. L’Iran est aussi un contrepoids potentiel contre un Pakistan nucléaire. L’Iran est un rempart important contre l’expansion chinoise dans le Golfe.

«Personne n'a d'intérêt stratégique à détruire l'Iran. Ni l'Amérique, ni la Russie, ni l'Inde ne peuvent ignorer le rôle ou l'influence de l'Iran», a-t-il insisté. Les détracteurs de l'administration Biden estiment que son hésitation à s'engager dans une confrontation directe avec l'Iran a été démontrée par sa réaction à l'attaque menée par le Hamas contre le sud d'Israël le 7 octobre, et notamment par les efforts déployés, par le biais de fuites dans les médias, pour minimiser l'existence d'un lien avec l'Iran et éviter une escalade dans la région.

EN CHIFFRES

- 269 personnes tuées au Liban depuis le début des violences en octobre 2023.

- 40 civils figureraient parmi les morts au Liban.

- 16 ressortissants israéliens ont été tués dans le nord, dont 6 civils.

Lorsqu'Israël a commencé sa campagne de représailles à Gaza, les États-Unis ont déclaré qu'il n'y avait aucune preuve que l'Iran était à l'origine de l'attaque du 7 octobre, a indiqué Abou Chakra. Puis, en l'espace d'une semaine ou deux, les États-Unis ont affirmé qu'ils ne voulaient pas que le conflit s'étende.

«Washington voulait que le conflit soit limité», a-t-il précisé. «Les Américains ne voulaient aucune implication avec les milices iraniennes au Liban et en Irak. Je pense que si les Iraniens ne dépassent pas leurs cartes et ne deviennent pas trop arrogants, les combats actuels resteront limités aux appendices arabes de l’Iran.

«Je pense que ni les États-Unis, ni Israël, ni le régime irakien pro-Téhéran, ni l'Iran lui-même n'ont vraiment intérêt à une confrontation directe, qui serait apocalyptique si elle devait se produire», a estimé Abou Chakra.

L'Iran n'a pas grand-chose à gagner d'un conflit direct avec les États-Unis et confie donc ses activités à des mandataires pour faire pencher les affaires régionales en sa faveur... (Photo, AFP)

De même, Alfoneh pense que l'Iran a peu à gagner d'un conflit direct avec les États-Unis. En revanche, il peut confier ses activités à des mandataires pour faire pencher les affaires régionales en sa faveur.

«La République islamique a atteint tous ses objectifs le 7 octobre», a déclaré Alfoneh. «L'incursion terroriste du Hamas en Israël a brisé le mythe de l'invulnérabilité d'Israël.»

«L'Iran s'est vengé d'Israël qui, pendant des années, a bombardé des positions iraniennes et alliées en Syrie, et a même mené des opérations sur le sol iranien, et l'attaque du 7 octobre a saboté la normalisation diplomatique entre l'Arabie saoudite et Israël.»

Le sort du Hamas et des civils palestiniens n'intéresse pas l'Iran, qui les considère comme des pions sacrifiables, affirme Ali Alfoneh, chercheur principal à l'Institut des États arabes du Golfe, à Washington (Photo, AFP).

Les intérêts des Palestiniens, et en fait les populations de l’ensemble de la région arabe prises entre deux feux, sont donc secondaires par rapport à ces objectifs géopolitiques.

«Le sort du Hamas et des civils palestiniens n'intéresse pas la République islamique, qui les considère comme des pions sacrifiables dans un jeu d'échecs plus vaste dans la région», a signalé Alfoneh.

«Par conséquent, la République islamique ne s’intéresse pas à la propagation de la guerre à Gaza, qui pourrait directement entraîner l’Iran dans une guerre avec Israël et, peut-être, avec les États-Unis», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.