L'agroalimentaire, un fleuron fragile du commerce extérieur français

Un troupeau de vaches marche et broute dans un alpage au-dessus de La Clusaz le 22 août 2022. (Photo de JEFF PACHOUD / AFP)
Un troupeau de vaches marche et broute dans un alpage au-dessus de La Clusaz le 22 août 2022. (Photo de JEFF PACHOUD / AFP)
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Publié le Vendredi 23 février 2024

L'agroalimentaire, un fleuron fragile du commerce extérieur français

  • Après avoir bondi de 36% en valeur en 2022 sous l'effet de la flambée des prix du blé provoquée par la guerre en Ukraine, les exportations de produits agricoles ont reculé de 15% en 2023
  • Le pays est le premier producteur agricole européen et profite de la réputation de ses produits

PARIS: Avec leurs vins, leurs céréales et leurs fromages, l'agriculture et l'industrie alimentaire françaises restent un fleuron du commerce extérieur du pays, mais cette puissance s'érode.

Après avoir bondi de 36% en valeur en 2022 sous l'effet de la flambée des prix du blé provoquée par la guerre en Ukraine, les exportations de produits agricoles ont reculé de 15% en 2023, selon les chiffres des Douanes diffusés début février.

Les importations ont parallèlement progressé de 1%.

Résultat: "le solde agricole reste excédentaire mais à un niveau près de quatre fois moindre qu'en 2022 (1,2 milliard d'euros contre 4,8 milliards en 2022)", notent les Douanes.

Les exportations de produits agroalimentaires ont, elles, progressé, mais à un rythme ralenti (+2%).

Au total, l'agroalimentaire a continué en 2023 à dégager un excédent commercial, de 6,7 milliards d'euros, mais inférieur à celui de l'année précédente (10 milliards).

Un repli à relativiser, estime Thierry Pouch, chargé des études économiques aux chambres d'agriculture.

"La France n'a plus connu de déficit (des échanges agroalimentaires) depuis 1977", rappelle-t-il. On observe certes un "tassement" ces dernières années, mais "la tendance reste entre 5 et 10 milliards d'euros par an d'excédent", ajoute-t-il.

Du 2e au 6e rang

L'agroalimentaire est le troisième poste d'excédent commercial pour la France, après l'aéronautique/spatial et le secteur chimie/parfums/cosmétique.

Le pays est le premier producteur agricole européen et profite de la réputation de ses produits.

En 2022, selon l'organisme public FranceAgriMer, la France était le 1er pays exportateur mondial de vins et spiritueux, de semences et plants, d'animaux vivants et génétique animale, ainsi que le 4e exportateur de lait et produits laitiers, et de sucre.

"Toutefois, ce qui inquiète, ce n'est pas tant que la France ne soit plus une puissance agricole; c'est qu'elle le soit de moins en moins", d'après un rapport du Sénat sur la "compétitivité de la ferme France" paru en septembre 2022.

La France était cette année-là le 6e exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, avec 4,5% de part de marché, derrière les Etats-Unis, le Brésil, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Chine, selon FranceAgriMer. Elle était 2e en 2000 avec près de 8% de part de marché.

Parmi les facteurs avancés dans le rapport sénatorial pour expliquer le repli de la compétitivité figurent le coût du travail, le degré d'exigence des politiques environnementales, la taille des exploitations en moyenne plus petites que celle des concurrents, une productivité en berne. Et la stratégie de montée en gamme pour atteindre des marchés de niche plus rémunérateurs s'est avérée "être un mauvais calcul", ont conclu les sénateurs.

Les accords de libre-échange, particulièrement décriés lors de la récente fronde des agriculteurs, ne sont pas forcément en cause. Entre l'entrée en vigueur du Ceta en 2017 et l'année 2022, les exportations agroalimentaires vers le Canada ont progressé de 47%, contre 35% au total vers le monde hors UE.

«Exigence très élevée»

C'est surtout auprès des pays européens que la compétitivité de la France s'érode, notamment sous l'impulsion de l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est, souligne Thierry Pouch.

Mais les exportations, affirme le Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA), ouvrent de nouveaux débouchés et renforcent la compétitivité des productions. Si elles sont en hausse, alors la production l'est aussi, tout comme les investissements, permettant des économies d'échelle qui, in fine, bénéficient aux consommateurs français.

Les exportations permettent aussi d'écouler les pièces boudées par les consommateurs français, comme les pieds et têtes de cochons en Asie, explique Philippe Dumas, représentant de la fédération professionnelle de la viande Interbev au sein du CNPA.

Quant à de possibles représailles si la France exige des "mesures miroirs" imposant pour les produits importés les mêmes standards de production qu'en Europe, Philippe Dumas balaie les inquiétudes. "Quand on fait de l'export, il faut des agréments" et certains pays comme la Chine "ont déjà des niveaux d'exigence très élevés", affirme-t-il.


Indemnité carburant pour "grands rouleurs": la date limite de dépôt reportée à fin août

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
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  • La demande pour l’indemnité carburant de 100 euros est prolongée jusqu’au 31 août 2026 pour les travailleurs modestes grands rouleurs
  • L’aide concerne notamment les actifs avec un revenu fiscal par part inférieur ou égal à 16 880 euros, sous conditions de distance parcourue

PARIS: La date limite de dépôt d'un dossier pour demander l'indemnité carburant de 100 euros destinée aux travailleurs modestes grands rouleurs est reportée au 31 août, selon un arrêté publié samedi au Journal officiel.

Le dispositif, réservé aux ménages modestes, avait été annoncé le 22 avril par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, en réponse aux conséquences sur les prix à la pompe de la guerre au Moyen-Orient. Puis, le gouvernement avait précisé le 21 mai que cette indemnité, prévue au départ de 50 euros, serait finalement de 100 euros.

Cette aide est destinée aux actifs dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16.880 euros et qui effectuent chaque jour au moins 15 kilomètres pour aller travailler (30 kilomètres aller-retour) ou plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle (en incluant les trajets domicile-travail).

Selon le décret du ministère de l'Action et des comptes publics publié samedi, les travailleurs concernés peuvent en faire la demande jusqu'au 31 août 2026, contre le 30 juillet annoncé précédemment, via l'ouverture d'un formulaire en ligne sur le site des impôts (impots.gouv.fr).

Ce soutien public au secteur représente en moyenne 20 centimes d'euros par litre de carburant.


En plein été, Gabriel Attal omniprésent sur le terrain et à portée des critiques

Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
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  • Gabriel Attal mène une campagne estivale active pour rattraper Édouard Philippe et présenter ses priorités pour 2027
  • Ses propositions sur les institutions et l’immigration provoquent de fortes critiques de ses opposants

PARIS: Gabriel Attal multiplie les interviews et les déplacements au cœur de l'été pour tenter de rattraper son retard sur son rival Édouard Philippe dans la campagne présidentielle et se retrouve sous le feu des critiques nourries de ses adversaires.

Le Finistère, la Loire-Atlantique, la Haute-Savoie, Le Morbihan, les Yvelines, la Vendée...

Ce jeudi, il s'est rendu sur un marché à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône pour parler salaires, sécheresse, conditions de travail avec des agriculteurs.

L'ancien Premier ministre occupe le terrain politique, quasiment déserté par les autres candidats en ce début août.

"Oui, moi effectivement j'ai décidé de passer mon été auprès des Français. Parce que je considère que, quand on sollicite le suffrage des Français, quand on est candidat à l'élection présidentielle, il ne peut pas y avoir de vacances. On doit être en permanence au contact des Français pour les écouter", a lancé jeudi le patron de Renaissance sur RTL, dans une pique à ses adversaires. Et en premier lieu au candidat d'Horizons, Édouard Philippe, qui le devance dans les sondages, et a pris trois semaines de vacances.

Le patron de Renaissance, qui déplore qu'il n'y ait pas "eu de campagne en 2022", avec la guerre en Ukraine et un Emmanuel Macron sortant qui s'est représenté très tard, dit vouloir "que la France ait la campagne présidentielle qu'elle mérite et un vrai débat en vue de 2027".

Celui qui a pris ses distances avec le président de la République égrène ses mesures et ses priorités au fil des déplacements et des interviews: valeur travail, salaires, gestion de l'eau, frontières, gens du voyage... et se retrouve par ricochet dans le viseur de ses concurrents.

Une interview notamment a fait tiquer: celle parue dans le Journal du dimanche, média dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Gabriel Attal y dévoile une partie de son projet, promettant "la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958", avec "une nouvelle organisation territoriale" pour faire du maire "l'élu le plus puissant", une révision du système de nomination des postes stratégiques de l'administration, une baisse du nombre de députés de 577 à 350, la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires, la suppression des remises automatiques de peine ou encore "des quotas limitatifs" pour l'immigration.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en campagne mais pas officiellement déclaré, y a vu "un autoritarisme subversif et surexcité" et le "vestige d'un sarkozo-macronisme historique", comparant même Gabriel Attal à un "étudiant en droit constitutionnel qui se rêve Premier consul".

- "Ébahissement" -

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avoue avoir eu "le même ébahissement en lisant Gabriel Attal qui a choisi le JDD de Bolloré pour se lancer dans un concours de démagogie".

"Il faut parler à tout le monde et décider de ne plus apparaître dans des médias Bolloré n'est pas une bonne stratégie. Un candidat à l’Élysée doit parler à tous les Français", rétorque à l'AFP l'entourage de Gabriel Attal.

Les plus vives critiques sont venues du leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l'accusant de vouloir "achever" l’État "au profit d'un système de nomination-copinage généralisé".

Et le tribun a remué le couteau dans la plaie quand Gabriel Attal s'est déplacé sur un campement illicite de gens du voyage en Vendée pour évoquer le sujet hautement inflammable de ces installations illégale.

Le patron de Renaissance a notamment proposé qu'"un délit de maintien illicite" soit créé et que les pouvoirs des préfets soient "renforcés" pour accélérer les évacuations en cas d'occupations illégales.

"Il n'est pas venu régler un problème, mais l'envenimer. À quoi bon ce show?", a pourfendu Jean-Luc Mélenchon.

L'entourage de l'ancien Premier ministre souligne que ce déplacement résulte "de nombreuses alertes d'élus locaux" sur ces installations illicites, qui touchent "l'intégralité du territoire français". "Il était légitime et pertinent pour un candidat à la présidentielle de s'en saisir", ajoute la même source.

Au risque pour cet ancien militant du PS de paraître vouloir concurrencer Édouard Philippe par sa droite ?

"Quand vous regardez les sondages, je suis le seul candidat en dehors des extrêmes à avoir aujourd'hui une dynamique", assure Gabriel Attal sur RTL.

Et son entourage de noter que "la stratégie de se déployer tout l'été fonctionne, sinon pourquoi nos opposants perdraient leur temps à réagir?"


France: le taux de chômage monte à 8,3% au deuxième trimestre, au plus haut depuis l'automne 2020

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (AFP)
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  • Le taux de chômage en France a augmenté à 8,3% au deuxième trimestre (+0,2 point), son plus haut niveau depuis 2019 hors période Covid, avec 2,7 millions de chômeurs (+62.000)
  • La hausse concerne toutes les tranches d’âge, notamment les 15-24 ans (21,6%), tandis que l’objectif d’un taux de chômage de 5% d’ici 2027 s’éloigne

PARIS: Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre, pour atteindre 8,3%, son plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019, a rapporté l'Insee vendredi.

Au sens du Bureau international du travail (BIT), le nombre de personnes sans emploi et qui en recherchent un activement augmente de 62.000 par rapport au trimestre précédent, s'établissant à 2,7 millions de personnes, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Si le taux de chômage est "à son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020 qui était affecté par la crise sanitaire, et depuis le troisième trimestre 2019 auparavant", l'Insee note qu'il "demeure toutefois nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,2 points)".

Désormais, les données intègrent aussi Mayotte. Toutes les séries statistiques ont été recalculées sur ce champ étendu pour permettre la comparaison entre toutes les périodes, précise l'institut. Mais "l’intégration de Mayotte modifie à la marge les niveaux des principaux indicateurs conjoncturels du marché du travail et leurs évolutions", souligne l'Insee.

Le taux de chômage augmente pour toutes les tranches d’âge.

Au deuxième trimestre, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans rebondit, en hausse de 0,4 point, à 21,6%, tandis que celui des 25-49 ans continue de progresser, de 0,2 point, à 7,5%, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021.

Celui des seniors de 50 ans et plus poursuit également sa hausse, à 5,5% (+0,3 point), son plus haut depuis le premier trimestre 2022.

L'Insee précise que depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi en janvier 2025, "les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage".

Mais même sans la prise en compte de cette réforme, qui prévoit l'inscription automatique de toutes ces personnes sur les listes des demandeurs d'emploi, l'objectif d'Emmanuel Macron de ramener le taux de chômage à 5% à la fin de son second mandat en 2027 semble une nouvelle fois s'éloigner.

Aux 2,7 millions de personnes considérées comme étant au chômage au sens du BIT s'ajoutent 1,9 million de personnes qui souhaitent un emploi sans être considérées comme chômeurs parce qu'elles ne recherchent pas d'emploi ou ne sont pas immédiatement disponibles sur le marché du travail. C'est ce que l'on appelle "le halo autour du chômage".

"Ce nombre est quasi stable sur le trimestre" (+6.000), indique l'Institut.

"Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste. Notre responsabilité est de poursuivre cette dynamique en relevant les trois grands défis de l'emploi", a commenté le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou dans un communiqué.

Il a insisté sur trois priorités: faciliter l'insertion des jeunes, favoriser le maintien en emploi des travailleurs expérimentés et continuer à mieux adapter les compétences aux besoins des entreprises, notamment "dans le nucléaire, la transition écologique ou l'industrie de défense".