Netanyahu propose son premier plan «d'après-guerre» à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo, AFP).
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 24 février 2024

Netanyahu propose son premier plan «d'après-guerre» à Gaza

  • L'armée israélienne «exercera un contrôle sécuritaire sur toute la zone à l'ouest de la Jordanie, y compris la bande de Gaza»
  • L'annonce de ce plan intervient alors que les pourparlers s’intensifient pour une trêve de plusieurs semaines dans les affrontements à Gaza

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a proposé son premier plan pour "l'après-guerre" avec le Hamas prévoyant notamment le maintien du "contrôle sécuritaire" d'Israël en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, une éventualité rejetée par l'Autorité palestinienne et le Hamas.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a aussi réagi en affirmant l'opposition des Etats-Unis à toute "réoccupation" de Gaza.

«Après-guerre»: Blinken réaffirme que les Etats-Unis s'opposent à toute "réoccupation" de Gaza

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a réaffirmé vendredi l'opposition des Etats-Unis à toute "réoccupation" de Gaza, une fois la guerre terminée, en réaction à l'annonce du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'un plan pour "l'après-guerre" avec le Hamas prévoyant le maintien du "contrôle sécuritaire" d'Israël en Cisjordanie occupée et à Gaza.

"Je n'ai pas vu le plan donc je réserve mon jugement", a déclaré M. Blinken, interrogé en conférence de presse à Buenos Aires, lors d'une visite éclair en Argentine.

Mais "il y a des principes de base que nous avons posés il y des mois, et que nous considérons comme très importants" pour l'avenir de Gaza, a rappelé le secrétaire d'Etat.

Gaza "ne doit pas être une plate-forme pour le terrorisme" , il "ne doit pas y avoir de réoccupation israélienne de Gaza" et le "territoire de Gaza ne doit pas être réduit", a ajouté M. Blinken.

M. Blinken a rappelé vendredi que "nombre de pays dans la région sont en train de travailler ensemble à un plan pour l'après-guerre à Gaza", et qu'il s'en entretenu récemment avec des "partenaires arabes" en marge d'une réunion du G20 à Rio et de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Interrogé par ailleurs sur l'attaque jeudi près d'une colonie juive en Cisjordanie, où trois Palestiniens ont tiré sur des véhicules, faisant un mort et huit blessés avant d'être abattus, M. Blinken a réaffirmé le soutien de Washington au droit d'Israël "à la sécurité, l'autodéfense, et la lutte contre le terrorisme".

Mais il a aussi réaffirmé "la position de longue date des administratrions américaines, républicaines et démocrates:  les nouvelles colonies sont contre-productives pour parvenir à une paix durable" et aussi "incompatibles avec le droit international".

"Notre administration maintient une ferme opposition à l'extension des colonies. De notre point de vue, cela ne fait qu’affaiblir – cela ne renforce pas - la sécurité d’Israël", a-t-il insisté.

Le document en plusieurs points, que M. Netanyahu a soumis jeudi soir au cabinet de sécurité du gouvernement et que l'AFP a pu consulter vendredi, rappelle en préambule les objectifs de l'armée à Gaza: démantèlement du Hamas et du Djihad islamique et libération de tous les otages encore retenus.

L'armée israélienne "exercera un contrôle sécuritaire sur toute la zone à l'ouest de la Jordanie, y compris la bande de Gaza" et ce "pour empêcher le renforcement sur place des éléments terroristes" et endiguer "les menaces contre Israël", souligne le document. Israël conservera "sa liberté d'action opérationnelle dans toute la bande de Gaza, sans limite de temps", poursuit le document.

«Perpétuer l'occupation»

A la frontière stratégique entre l'Egypte et le sud de la bande de Gaza, où le Hamas avait creusé depuis plus d'une décennie des tunnels pour la contrebande d'armes, Israël "maintiendra un bouclage" en "coopération avec l'Egypte et avec l'aide des Etats-Unis" afin d'éviter un ré-armement des factions palestiniennes sur place, précise le document.

Parmi les autres dispositions, la "démilitarisation complète de Gaza (...) au-delà de ce qui est nécessaire pour les besoins du maintien de l'ordre", ainsi que "la déradicalisation dans toutes les institutions religieuses, éducatives et sociales de Gaza".

A l'instar du projet présenté début janvier par son ministre de la Défense Yoav Gallant, le plan Netanyahu prévoit que l'administration de bande de Gaza soit confiée à des "fonctionnaires locaux ayant une expérience administrative" et qui ne sont "pas liés à des pays ou à des entités qui soutiennent le terrorisme".

Le projet ne mentionne pas l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui siège en Cisjordanie occupée, sans toutefois explicitement exclure sa participation à la gestion de Gaza. Surtout, le plan ne prévoit pas la création d'un Etat de Palestine indépendant, une perspective prônée par Washington, Londres et Paris.

"Les plans proposés par M. Netanyahu visent à perpétuer l'occupation israélienne des territoires palestiniens et à empêcher la création d'un Etat palestinien", a réagi vendredi Nabil Abou Roudeina, porte-parole de Mahmoud Abbas.

Seul un plan reconnaissant Gaza comme une partie intégrante d'"un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale sera acceptable. Tout projet contraire est voué à l'échec. Israël ne réussira pas à modifier la réalité géographique et démographique de la bande de Gaza", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Un responsable du Hamas à Beyrouth, Oussama Hamdane, a pour sa part affirmé que le plan israélien ne réussirait "jamais".

L'annonce de ce plan intervient alors que les pourparlers s’intensifient pour une trêve de plusieurs semaines dans les affrontements à Gaza et la libération des quelque 130 otages toujours entre les mains du Hamas.

Une délégation israélienne menée par le chef du Mossad, les services de renseignement extérieurs, est d'ailleurs arrivée vendredi à Paris, théâtre récent de pourparlers à ce propos, afin de favoriser un accord.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Short Url
  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

Short Url
  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Short Url
  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".