Rares manifestations contre les djihadistes dans le dernier bastion rebelle de Syrie

Des manifestants se rassemblent dans la ville d'Idlib, dans la province syrienne du nord-ouest d'Idleb, le 1er mars 2024, pour protester contre Hayat Tahrir al-Sham (HTS), un groupe islamiste dirigé par l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda, et appelant au renversement du groupe. leader (Photo, AFP).
Des manifestants se rassemblent dans la ville d'Idlib, dans la province syrienne du nord-ouest d'Idleb, le 1er mars 2024, pour protester contre Hayat Tahrir al-Sham (HTS), un groupe islamiste dirigé par l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda, et appelant au renversement du groupe. leader (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 mars 2024

Rares manifestations contre les djihadistes dans le dernier bastion rebelle de Syrie

  • La région d'Idleb abrite environ trois millions de personnes, pour la plupart des déplacés
  • Le groupe HTS y dispose d'un gouvernement autoproclamé, une police et des tribunaux religieux

IDLEB: Des centaines de personnes ont participé vendredi à de rares manifestations contre les djihadistes dans la zone du nord-ouest de la Syrie qu'ils contrôlent, à la suite de la mort en détention d'un prisonnier.

Les manifestants ont conspué le chef du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), Abou Mohammad al-Jolani, et réclamé la libération des prisonniers détenus par sa formation, selon un correspondant de l'AFP.

Issu de l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, le groupe HTS contrôle la dernière poche d'opposition armée au pouvoir de Bachar al-Assad, avec une grande partie de la province d'Idleb et des territoires limitrophes des provinces d'Alep, de Hama et de Lattaquié.

Des dizaines de civils se sont rassemblés sur la place centrale de la ville d'Idleb, scandant des slogans contre le chef de HTS. "La liberté d'opinion et de parole n'est pas un crime", affirmait une pancarte brandie par un manifestant.

"Nous sommes descendus dans la rue pour dire non à l'injustice, non aux politiques de HTS, non à Abou Mohammad al-Jolani", a affirmé à l'AFP Abdel Rahman Taleb, 30 ans, un déplacé de la ville sous contrôle gouvernemental de Lattaquié.

"Nos demandes sont claires: le départ de Jolani, la libération des prisonniers, et la fin de la répression", a déclaré un autre protestataire Mohammed Assaf, 30 ans, un déplacé d'Alep.

Il a expliqué que les manifestations avaient éclaté "après la mort sous la torture d'un jeune homme" en prison.

Le 23 février, un membre d'une petite organisation jihadiste était mort sous la torture après huit mois de détention, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG syrienne.

Déplacés 

La région d'Idleb abrite environ trois millions de personnes, pour la plupart des déplacés d'autres parties du territoire syrien reconquises par le régime.

Le groupe HTS y dispose d'un gouvernement autoproclamé, une police et des tribunaux religieux.

Des manifestations se sont également déroulées dans d'autres localités de la province d'Idleb, dont Binnech, Mareh, Killi et Atareb.

"Jolani, nous ne voulons pas de toi", ont crié des dizaines de manifestants à Binnech.

Un protestataire brandissait une banderole sur laquelle on pouvait lire "la liberté est sacrée en islam".

Des groupes de défense des droits humains et la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie ont accusé HTS de violations des droits humains, notamment de torture, de violences sexuelles et de disparitions forcées.

La guerre civile en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus d'un demi-million de morts et morcelé le pays.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.