Violences entre le Liban et Israël: un émissaire américain prône une «solution diplomatique»

L'envoyé spécial américain Amos Hochstein quitte le palais du gouvernement à Beyrouth, accompagné du responsable libanais du protocole, Lahoud Lahoud, après sa rencontre avec le Premier ministre par intérim du Liban (Photo, AFP).
L'envoyé spécial américain Amos Hochstein quitte le palais du gouvernement à Beyrouth, accompagné du responsable libanais du protocole, Lahoud Lahoud, après sa rencontre avec le Premier ministre par intérim du Liban (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 mars 2024

Violences entre le Liban et Israël: un émissaire américain prône une «solution diplomatique»

  • Le Liban, englué dans une profonde crise économique et politique, recevra «un soutien international» en cas d'accord
  • Des médiateurs occidentaux ont proposé de régler un litige frontalier entre le Liban et Israël dans le cadre d'une solution diplomatique

BEYROUTH: Un émissaire américain a affirmé lundi à Beyrouth qu'une solution diplomatique était "la seule issue" pour mettre fin aux accrochages transfrontaliers qui opposent le puissant Hezbollah libanais à Israël depuis le début de la guerre à Gaza.

La visite d'Amos Hochstein est intervenue alors qu'un missile tiré selon l'armée israélienne à partir du Liban a tué un ouvrier agricole étranger dans le nord du pays.

En représailles, l'armée a dit avoir mené des frappes contre deux "sites militaires" du Hezbollah pro-iranien dans le sud du Liban.

Dès le lendemain du début de la guerre le 7 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, le Hezbollah est intervenu pour soutenir son allié palestinien, ciblant le nord d'Israël qui riposte par des bombardements sur le Liban.

"Les Etats-Unis sont convaincus qu'une solution diplomatique est la seule issue pour mettre fin aux hostilités (...)", a déclaré Amos Hochstein, coordinateur spécial du président Joe Biden pour la sécurité de l'énergie, aux journalistes.

L'émissaire s'est notamment entretenu avec le président du Parlement libanais Nabih Berri, allié du Hezbollah, et le Premier ministre Najib Mikati.

Il a assuré que son pays "oeuvrait sans relâche pour un cessez-le-feu à Gaza", tout en ajoutant que cela ne signifierait pas "automatiquement" un arrêt des violences sur le front libanais.

"C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui", a-t-il dit.

Des représentants de l'Egypte, du Hamas, du Qatar et des Etats-Unis poursuivent lundi au Caire les négociations en vue d'une trêve dans le territoire palestinien.

«Arrêter l'agression»

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, avait averti récemment qu'une éventuelle trêve à Gaza n'entamerait pas "l'objectif" d'Israël de repousser le Hezbollah de sa frontière nord, par la force ou la diplomatie.

Pour sa part, le Hezbollah répète qu'il cessera ses attaques contre Israël en cas d'arrêt de la guerre contre le Hamas.

"Ceux qui se posent en médiateurs doivent arrêter l'agression sur Gaza, et non l'aide" du Hezbollah au Hamas dans sa guerre, a affirmé lundi le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem.

"Arrêtez l'agression sur Gaza, et la guerre dans la région s'arrêtera", a ajouté le responsable de la formation islamiste dans un discours.

Amos Hochstein a souligné qu'il était nécessaire de parvenir à "un arrangement de sécurité durable et juste entre le Liban et Israël", estimant qu'un "cessez-le-feu temporaire ne suffit pas".

Le Liban, englué dans une profonde crise économique et politique, recevra "un soutien international" en cas d'accord, a assuré Amos Hochstein.

Des médiateurs occidentaux ont proposé de régler un litige frontalier entre le Liban et Israël dans le cadre d'une solution diplomatique.

Amos Hochstein avait déjà mené une médiation entre Israël et le Liban qui a abouti en octobre 2022 à la signature d'un accord délimitant la frontière maritime entre les deux pays et avait assuré la répartition de gisements gaziers en Méditerranée orientale.

Au moins 296 personnes, la plupart des combattants du Hezbollah et de formations qui lui sont alliées, ainsi que 46 civils, ont été tuées au Liban depuis le 7 octobre, selon un décompte de l'AFP.

Côté israélien, dix soldats et sept civils ont péri.

Des dizaines de milliers de personnes ont été forcées de quitter leurs foyers de part et d'autre de la frontière.


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.