L'agence de l'ONU à Gaza va se défendre devant l'Assemblée générale

Une jeune Palestinienne déplacée est assise à côté des sacs d'aide humanitaire au centre de distribution de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza (Photo, AFP).
Une jeune Palestinienne déplacée est assise à côté des sacs d'aide humanitaire au centre de distribution de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 mars 2024

L'agence de l'ONU à Gaza va se défendre devant l'Assemblée générale

  • L'ONU s'est immédiatement séparée des employés accusés encore vivants et une enquête interne a été lancée
  • Antonio Guterres a confié à un groupe indépendant une mission d'évaluation de l'UNRWA et de sa «neutralité»

NATIONS UNIES: Le patron de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) vient plaider sa cause lundi devant l'Assemblée générale de l'ONU, alors que la survie de la "colonne vertébrale" de l'aide humanitaire à Gaza est menacée après des accusations israéliennes visant plusieurs de ses employés.

Dans une lettre adressée fin février au président de l'Assemblée générale, Philippe Lazzarini a appelé au secours: "l'Agence a atteint un point de rupture, avec les appels répétés d'Israël à son démantèlement et le gel des financements de donateurs face à des besoins humanitaires à Gaza sans précédent".

Sa capacité à remplir son mandat, issu d'une résolution de l'Assemblée générale de 1949, "est désormais gravement menacée", a-t-il insisté, réclamant le "soutien politique" des Etats membres.

L'UNRWA est au centre d'une controverse depuis qu'Israël a accusé fin janvier 12 de ses employés d'implication dans l'attaque du 7 octobre menée par le groupe islamiste palestinien Hamas qui a entraîné la mort de 1.160 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP.

L'ONU s'est immédiatement séparée des employés accusés encore vivants et une enquête interne a été lancée. En parallèle, le secrétaire général Antonio Guterres a confié à un groupe indépendant une mission d'évaluation de l'UNRWA et de sa "neutralité".

«Rôle central»

Saluant ces initiatives, la Commission européenne a annoncé vendredi débloquer 50 millions d'euros pour l'UNRWA.

Mais une quinzaine de pays ont eux suspendu leur financement, pour un total de 450 millions de dollars -- l'équivalent de plus de la moitié des fonds reçus en 2023.

Premier à avoir annoncé cette décision, les Etats-Unis, principal contributeur à cette agence chroniquement sous-financée qui emploie quelque 30.000 personnes dans les territoires palestiniens occupés par Israël (dont 13.000 dans la bande de Gaza), au Liban, en Jordanie et en Syrie.

Washington a reporté en partie son aide vers des ONG et d'autres agences de l'ONU.

Mais Antonio Guterres ne cesse de répéter qu'aucune autre organisation n'a les capacités de remplacer l'UNRWA, qui au-delà de l'aide humanitaire gère directement écoles et hôpitaux.

"Les autres agences humanitaires ne peuvent pas répliquer le rôle central de l'UNRWA dans la réponse humanitaire à Gaza", ont insisté dans un communiqué commun plusieurs ONG comme Save the Children ou Action contre la faim.

Elles ont mis en garde contre le risque "d'effondrement total de la réponse humanitaire" à Gaza où les bombardements et les opérations militaires israéliennes ont fait plus de 30.500 morts, principalement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

«Echec collectif»

Côté investigation, le secrétaire général de l'ONU a reçu un premier compte-rendu des services de l'ONU menant l'enquête interne sur les employés accusés.

"L'enquête se poursuit", a indiqué jeudi son porte-parole, précisant que les enquêteurs espéraient recevoir "sous peu" les documents en possession des autorités israéliennes.

L'UNRWA a elle aussi insisté sur le fait qu'Israël n'avait partagé "aucune preuve" concernant les accusations contre les 12 employés.

Ce n'est pas la première fois que l'UNRWA est la cible de critiques. Ainsi, Israël l'a accusée de "perpétuer le conflit" au Proche-Orient, et en 2018, les Etats-Unis de Donald Trump, la jugeant notamment trop pro-palestinienne, avaient arrêté leur financement.

Mais l'Agence se défend, soulignant que son mandat, centré sur l'aide aux réfugiés palestiniens, était censé être temporaire, et que sa persistance 75 ans plus tard est "le résultat d'un échec collectif" à résoudre le problème politique israélo-palestinien.

Dans ce contexte, Philippe Lazzarini a d'ailleurs appelé l'Assemblée générale à "créer les bases pour engager la transition de l'UNRWA vers une solution politique attendue depuis longtemps".


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com